X. — Propriétés et avantages des images sur tableau plan
Conditions essentielles imposées aux objectifs. — Les appareils photographiques ordinaires, beaucoup plus simples que tous ceux dont il vient d’être question, ont le très grand avantage de produire des vues en tout semblables à celles qu’ont exécutées de tout temps les peintres et les dessinateurs. Le centre optique de l’objectif, qui est le point de vue de la perspective, étant supposé projeté perpendiculairement sur le plan du tableau et sa distance à ce tableau (distance focale principale de l’objectif) invariable et exactement déterminée, si celui-ci est bien vertical, et que l’appareil soit muni des organes d’observation et de rectification habituels des instruments de Topographie pour le régler et pour prendre quelques mesures destinées à rattacher les vues entre elles,
l ien n’est plus facile que de se servir de celles-ci pour construire des plans par la méthode des intersections. 11 y a toutefois une condition esseniielle à imposer aux objectifs, c’est qu'ils soient construits de façon à ne produire aucune déformation sensible dans toute l’étendue utilisée de l’image photographique.
Cette condition remplie, il est aisé de voir que l’on se trouve en présence de perspectives, dont les propriétés sont bien connues, et l’on peut s’attendre, par conséquent en les employant, à obtenir des résultats plus exacts et plus complets que ceux que l’on pouvait relever sur des dessins exécutés à vue avec quelques angles mesurés et inscrits entre les points les plus remarquables ( fig . i), dont Beautemps-Beaupré avait cependant su tirer un si grand parti.
Les vues de Beautemps-Beaupré se trouvaient, en effet, dans les mêmes conditions que les panoramas cylindriques dont nous venons de nous occuper; il fallait lire et rapporter les angles, et les vues servaient seulement à rectifier, à prévenir les erreurs de lecture, les positions relatives des points observés y étant conservées et guidant l’opérateur.
Premiers progrès de la méthode dus a l’emploi de la chambre claire. — Un progrès sensible, décisif, pourrions-nous dire, a donc été fait quand, nous avisant, en 1849, de recourir à la chambre claire, nous avons substitué, pour les opérations faites à terre, aux dessins, à vue toujours plus ou moins incorrects, des images rigoureusement géométriques tracées sur un tableau plan vertical, et dans une position parfaitement déterminée par rapport au point de vue, rappelant la glace ou la gaze des premiers peintres qui ont étudié la perspective.
Nous supprimions, en effet, ainsi les lectures d’angles, par conséquent les erreurs qui peuvent en résulter, et jusqu’à la préoccupation de ces erreurs.
Ajournement temporaire de l’emploi de la Photographie. — Nous avions bien aussitôt pensé à la Photographie; mais, d’une part, les aberrations de l’objectif limitaient alors le champ de l’épreuve à 3o° au plus, — et c’est ce qui avait fait