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CHAPITRE III. — ICONOMÉTIUE ET MÉTROPHOTOGRAPIIIE

encore d’nne vue de paysage, la station de l’opérateur n’est pas toujours située sur un sol horizontal ou plutôt cela n’arrive que rarement, mais il n’est pas moins permis de concevoir un plan horizontal mené par cette station et sur lequel on projette le monument ou les accidents du terrain. La ligne de terre dont on ne continue pas moins à se servir pour les constructions géométriques devient alors tout à fait conventionnelle, car, en réalité, le bord inférieur du tableau peut s’élever au-dessus, ou descendre au-dessous d’elle. Il suffit de jeter les yeux sur des photographies prises en pays de montagnes ou simplement dans une ville dont le terrain est accidenté, pour se rendre compte, de l’importance qu’il y a à ne pas confondre le bord inférieur du tableau avec la ligne de terre théorique.

XIV. — Restitution des édifices en général ( plans et élévations ) d’après leurs perspectives.

Pour effectuer ces restitutions, il n’est pas nécessaire, comme on pourrait être tenté de le croire, d’après ce qui vient d’être dit pour celles des plans et des élévations des galeries intérieures, d’avoir résolu les problèmes si variés et souvent si délicats de la mise en perspective des édifices d’architecture (*), pour employer des méthodes de construction inverses.

(' ) La perspective a fait naturellement l’objet des méditations des artistes de tous les temps et particulièrement des architectes. On en trouve la preuve jusque dans les dessins des plans d’édifices égyptiens mêlés de perspectives, dont nous donnerons un spécimen dans l’une des notes placées à la fin de ce Volume.

Le nom de Scénographie déjà cité, donné aux dessins de perspective, viendrait, d'après les érudits du xvi" siècle, de ce que les architectes grecs étaient très habiles dans l’art de produire les illusions de la scène, au théâtre, en un mot, dans l’art de la perspective théâtrale.

11 est certain, d’ailleurs, que si les peintres et les sculpteurs en basreliefs avaient besoin de connaître les lois de la perspective et que plusieurs d’entre eux, Pietro délia Francesca, Léonard de Vinci, Albert Durer, Cousin, ont contribué à les découvrir, le plus grand nombre des traditions et des Ouvrages sur la perspective est dû à des architectes; ainsi l’on peut citer, dès la fin du xiv et le commencement du xv° siècle, Brunelleschi et Ghi-

Les exemples que nous allons donner suffiront à démontrer que rien n'est plus facile, en général, que de restituer les

berti, puis Vignole commenté par Egnalio Danti (a), Sebastiano Serlio (peintre de perspective, architecte et graveur), Palladio, notre Androuet du Cerceau, contemporain de Frederigo Commandino, de Guido Ubaldo del MonLe et du célèbre Desargues, le Monge du xvi° siècle, qui ont été les premiersà établir les règles géométriques de la perspective, c’est-à-dire le trait dont nous nous servons après l’avoir perfectionné, et beaucoup d’autres encore en France, en Allemagne, en Angleterre, en ILalie, dont il serait à peu près impossible de donner une liste complèle. Nous signalerons seulement à part, comme l'œuvre de perspective architecturale la plus considérable que nous connaissions, le magnifique Ouvrage du P. Andréas Puteus (Pozzo). intitulé: Perspectiva piclorum et architectorum Andreæ Putei e Societate Jesu, in qud proponitur tnodus excellentissimus delineandi opticè omnia quœ pertinent ad architecturam. 2 vol. grand in-4°; Romæ, mdccxxiii et mdcclviii.

Depuis cette époque du milieu du xvm“ siècle, il a été publié un grand nombre de Traités de perspective, mais nous n’avons voulu rappeler ici que les noms des artistes célèbres et ceux des principaux géomètres qui ont créé la théorie de la perspective, et les perfectionnements plus récents, quels que soient leur importance et leur mérile, 11e sonL que le développement (les principes généraux dont nous avons indiqué les plus essentiels.

On sait cependant que Monge et son école avaient fait entrer cet art, comme celui des ombres, comme tous ceux de la Stéréotomie, dans la méthode générale de la Géométrie descriptive où l’on emploie simultanément deux plans de projection. (Voyez, à ce sujet, la Géométrie descriptive par G. Monge, augmentée d’une théorie des Ombres et de la perspective extraite des papiers de l’auteur, par M. Brisson, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. 4° édition; 1820 (Paris, V° Courcier).

Mais la tradilion du trait de perspective n'en a pas moins persévéré chez les artistes, et des auteurs, qui étaient en même temps d’excellents professeurs, l’ont entretenue et en ont tiré le plus grand parti. On peut citer, en France, les Ouvrages de Vallée, de Thibault, de J. Adhémar et de Jules de la Gournerie. Ce dernier a donné, en particulier, l’explication et la justification des dérogations aux règles de la perspective géométrique que se sont permises les plus grands peintres et les sculpteurs en bas-reliefs et en ronde-bosse; il a également étudié, avec une grande sagacité, la question si délicate des décorations théâtrales et indiqué une méthode exacle pour la construction des perspectives sur châssis obliques.

(«) L’admiration du commenlaleur pour l'auteur des deux règles de la perspective, M Joanno Harozzi di Vignola, se traduit sous toutes les formes; ainsi il cite les peintures de cet excellentissime architecte et perspecteur « comesono le quallro colonne Corinte ne' canloni d'una sala, talemente faite cite ingagnano la vista de chiunche le mira ». Et il termine sa biographie par cet éioge : u Onde restera sempre nella memoria degi huomini il nome silo, havendo anco lasciato scvitlo à posteri le due opéré non mai a bastan: a laudale, quella dell' architettura nella quale fu mai da veruno de' suoi lempi avan:alo, e quella délia prospelliv a, con laquale lia traspassato di gran lunga tulli gli allri, elle alla memoria de nostri lempi siano peroenuti. »

Cil VI’ITRE III. — ICONOMÉTRIE ET M ÉT R O P 1 1 OT O G R A 1* I U E . 49

pli, ns ei les élévations des parties apparentes d’un ensemble d’édifices ou d’un édifice isolé, quelle que soit leur importance, avec une seule vue sur laquelle se trouvent tracée la ligne d’horizon et marqué le point principal, à la condition que l’on connaisse ou que l’on puisse déterminer la distance du point de vue au tableau.

Restitution du plan de la cour du quartier de Pantiiemont, d’après une vue dessinée a la chambre claire. — Cette vue a été prise, cela est manifeste sur la figure, à un étage d’une maison voisine qui est sensiblement au même niveau que celui de l’aile de la caserne située à gauche {Jig. 17).

La ligne d’horizon et le point principal étant tracés, et la distance du point de vue au tableau déterminée, comme on l’expliquera au paragraphe des Instruments, on a tous les éléments nécessaires pour construire les angles réduits à l'horizon des rayons visuels dirigés sur les points remarquables des édifices et au besoin les angles de hauteur de ces mêmes rayons visuels ou, après la restitution du plan, pour calculer les différences de niveau des points considérés et de la station.

Pour obtenir les angles réduits à l’horizon, il suffit, en effet, de rabattre le point de vue O autour de la ligne d’horizon dans le plan du tableau en O,-, puis, après avoir abaissé des perpendiculaires aa\ bb' , cc' , ... des points considérés sur la ligne de terre, de joindre O/- aux pieds a' , b' ,c' , ... de ces perpendiculaires. L’angle de hauteur d’un point quelconque, par exemple du sommet e du dôme du temple, s’obtiendrait aussi facilement par le rabattement du triangle rectangle O ëe autour de O ë qui donne sur la figure l’angle ë Ore cherché. Mais on a rarement besoin de considérer ces angles de hauteur et l’on se sert plutôt des hauteurs apparentes linéaires mesurées sur le tableau dans les calculs du nivellement.

Revenons à la figure sur laquelle, après avoir déterminé le point de fuite F des appuis des fenêtres, des bandeaux, de toutes les lignes horizontales apparentes sur la façade de l’aile gauche de la caserne et le point de fuite F' de la corniche de la base du dôme du temple, on a marqué les points de disl., 11. 4

5o LES INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.

lance Del D'. En prenant le bord de gauche du tableau pour échelle des hauteurs et en menant la ligne de terre LT à

Fis.

£üizi!o

Panthemont

Restitution du plan de la cour du quarlier de Réduction à de l'original.

une distance de la ligne d’horizon LII égale à la hauteur du point de vue au-dessus du sol de la cour inférieure dont l’aile

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