III. — Des cas où l'on peut recourir à des vues isolées
Quoique nous venions de voir qu’il est à peu près indispensable, pour construire le plan d’un terrain plus ou moins mouvementé, de changer de point de vue et de combiner plusieurs perspectives de ce terrain, il peut se présenter des cas où des vues isolées ou même une vue unique deviennent très avantageusement utilisables.
CIIAI'IÏHK III. — ICONO.MÉTIIIE ET MÊTROPIIOTOGIIAPUIE. (>7
Ainsi, pour vérifier ou compléter des reconnaissances anciennes faites par les procédés ordinaires, des cartes ou des plans gravés plus ou moins exacts du commerce, des vues isolées prises de points favorablement situés, quoique indépendants les uns des autres, sont toujours d’un grand secours; nous avons eu bien des occasions d’en faire l’expérience.
Dans d’autres circonstances, une perspective unique peut même suffire pour aidera construire immédiatement quelques parties d’un plan qui serviraient au besoin de canevas et sur lesquelles on rapporterait d’autres mesures faites au pas ou à l’estime. En se plaçant, par exemple, au sommet d’un escarpement, d’une hauteur où d’un édifice d’où l’on découvre le rivage de la mer (les phares sont ainsi des stations très favorables), les bords d’un lac, d’un canal ou même ceux d’un fleuve, d’un cours d’eau dont la pente est faible, un observateur qui prend la perspective exacte de ces bords peut en exécuter le plan au moyen d’une construction géométrique.
Nous connaissons déjà le procédé de la craticulation indiqué aux Notions préliminaires, page 3q, § XII, mais il y en a un autre, également applicable au cas d’une perspective dessinée sur tableau plan vertical et à celui d’une perspective tracée sur un tableau incliné à l'horizon, qui est fondé sur le principe très simple formulé de la manière suivante dans la Géométrie descriptive, de Monge :
« Lorsqu’on a un tableau offrant la perspective d’un objet déterminé, on peut en déduire la perspective du même objet prise du même point de vue et sur un tableau différent. En effet, l’œil et le premier tableau étant déterminés de position, la direction des rayons visuels menés de l’œil à chacun des points de l objet se trouve fixée et l’on peut en déduire, par conséquent, leur rencontre avec la surface d’un autre tableau dont la position est donnée. »
Dans le cas dont il s’agit, l’objet ou les objets considérés sont supposés contenus dans un même plan horizontal; en traçant donc les rayons visuels au moyen de la perspective verticale dessinée (ou photographiée) et en cherchant leurs traces sur un tableau horizontal, on obtiendra une figure
semblable au contour naturel, c’est-à-dire un plan dont l’échelle* sera généralement facile à déterminer par une mesure prise sur le terrain.
Cherchons à effectuer, le plus simplement possible, celle transformation d’une perspective verticale en une perspective horizontale.
II est évident d’abord, par la nature même de la question, que la ligne d’horizon laissera tous les points considérés de la
Fig. 20.
perspective au-dessous d’elle. Soit donc 0 20) le point
de vue, LH la ligne d’horizon et P le point principal; à une distance 00'= h qui, selon l’échelle adoptée, peut être plus grande ou plus petite que OP, menons le plan horizontal qui doit actuellement être pris pour plan du tableau, joignons le point de vue 0 à un point quelconque a de la perspective