CHAPITRE lit. — I CONOM ET R I E ET METROPIIOTOGRAI'IIIE
même point que la chambre obscure, en visant successivement sur les points du terrain dont a, b, c, d sont les images. Quant à la hauteur angulaire apparente de l’un quelconque de ces points, celle du sommet a d’un arbre, par exemple, on l’obtiendrait graphiquement en élevant en a' et sur Oa' la perpendiculaire a' a" égale à aa! et en joignant le point a" au point O. Il est clair, en effet, que l’angle a' O a" est égal à l’angle cherché aOa' de l’espace. Mais on évite cette construction en
se servant, au lieu de l’angle lui-même, du rapport qui
en est la tangente trigonomélrique et que l’on fait entrer directement, comme nous l’avons expliqué au Chapitre des Méthodes, dans les calculs du nivellement.
Arrivons à la description de la première chambre noire topographique expressément construite pour assurer l’exactitude des opérations et celle des résultats que nous voulions obtenir. Nous conserverons la figure de cet appareil et le texte de la description que l’on trouve dans le n° 17 du Mémorial de l'Officier du Génie, année 1864, pages 262 et suivantes. Nous indiquerons, dans le Chapitre suivant, les autres formes ou dispositions d’appareils adoptés par les opérateurs qui nous ont succédé dans la même voie, mais nous donnerons auparavant, à la fin de celui-ci, la description de ceux dont nous conseillons l’emploi aux ingénieurs, aux voyageurs scientifiques, enfin aux touristes qui veulent contribuer à faciliter les études du terrain dans les pays qu’ils parcourent.
De la chambre noire topographique. — La chambre noire {PL XI, fig. 2 et 3) se compose spécialement d’une boîle portant à l’avant l’objectif, et, à l’arrière, dans une coulisse, le châssis qui contient la plaque ou la feuille de papier destinée à recevoir l’image.
De l'objectif. — Les photographes emploient deux sortes d objectifs, les uns formés d’une seule lentille achromatique, les autres composés de deux ou trois lentilles convenablement disposées à la suite l’une de l’autre. Les premiers, désignés sous le nom d objectifs simples, sont d’un prix moins élevé
i3o L.KS INSTRUMENTS, LES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
que les seconds ei suffisent pour les vues de paysage (').
Nous réservons d’ailleurs la question du choix de l’objectif; ce qu’il importe de savoir, quant à présent, c’est que, dans tous les cas, il existe un centre optique (2)sur l’axe de figure du système des verres, quel qu’il soit. L’objectif simple O {fig • 1 et 2) est placé dans une monture formée de deux tuyaux, dont 1 un se visse au centre de la face antérieure de la boîte et dont l’autre, qui porte l’objectif, peut ordinairement glisser dans le premier. Ce mouvement de lorgnette sert à mettre au foyer, c’est-à-dire à faire coïncider le plan focal de la lentille avec la surface sensible. Enfin, les diaphragmes, qui servent à augmenter la nelleté des images, se logent, en général, dans un tuyau plus étroit adapté à celui qui porte l’objectif. Quand on veut empêcher la lumière de pénétrer dans la chambre, on ferme l’ouverture de ce tuyau avec un couvercle (un chapeau) qui doit s’ajuster aisément, pour qu’en le plaçant ou en le retirant, on ne soit pas exposé à déranger l’appareil (3).
De la glace dépolie et des châssis. — Pour mettre au foyer, on se sert d’une glace dépolie sur laquelle on peut voir distinctement l’image aérienne formée par l’objectif. Cette image acquiert plus de vivacité quand l’opérateur l’isole de la lumière extérieure, en se couvrant la tète d’une étolTe noire qui enveloppe en même temps la boîte. En retirant ou en enfonçant l’objectif, on saisit sans peine l’instant où l’image acquiert sa plus grande netteté.
Quand la chambre obscure est destinée à reproduire tantôt les images d'objets éloignés, tantôt celles d’objets rapprochés, il est nécessaire de recommencer chaque fois la mise au foyer ;
(’) Ceci a été écrit en 1859; les progrès de l'Optique photographique, depuis cette époque, ont produit de tels changements dans les habitudes que les objectifs simples ont à peu près disparu.
(a) On sait le sens que nous attribuons à cette expression.
(3) II est évidenL que ces détails et plusieurs de ceux qui suivent sont surannés; je ne les ai reproduits que pour ne pas interrompre la description de mon premier appareil, que j'ai cru nécessaire de donner pour éviter toute contestation sur la question de priorité, en ce qui concerne la construction des théodolites photographiques.