CHAPITRE III. — I CONOM ÉTRIE ET M ÉTROPIIOTOGIIAPIIIE
l’une des tâches les plus délicates a accompli), si bien que, dans certains pays, mais seulement pour le second cas, on a jugé avantageux de séparer le rôle du triangulateur de celui du photographe, qui ne doit pas moins avoir lui-même l’œil très exercé et être un excellent topographe, car il a non seulement à choisir, de son côté, des stations isolées, disons plutôt supplémentaires, mais à se rendre compte incessamment de la valeur des documents de toute nature qu'il recueille, chemin faisant, avec la préoccupation de ne rien omettre d'essentiel pour n’avoir pas à revenir sur les lieux, ce qui bien souvent occasionnerait de grands frais et de grandes pertes de temps.
Les stations supplémentaires, on le devine, ont pour objet de permettre de fouiller les parties plus ou moins masquées du terrain qui ne sont pas aperçues des sommets de la triangulation. Dans les pays de collines et à plus forte raison dans les montagnes, ces sommets sont habituellement situés sur des points élevés, dômes, plateaux, crêtes ou arêtes, d’où l’on découvre mieux les surfaces un peu éloignées que les fonds des vallées, vallons ou ravins les plus rapprochés.
On ne peut donc pas généralement se contenter des vues prises de ces seules stations iriangulées, et l’opérateur, après avoir reconnu, estimé les lacunes qu’elles pourraient laisser subsister [appréciation délicate entre toutes, car, en allant d’une station à une autre, il n’emporte que des souvenirs et des épreuves non révélées (')], change de place et, tout en faisant souvent plusieurs stations supplémentaires qu’il doit rattacher à la station triangulée la plus voisine, ne parvient pas toujours à combler toutes ces lacunes.
Il peut donc devenir nécessaire, dans certains cas, d’exécuter quelques levers partiels par les méthodes ordinaires pour ne laisser échapper aucun détail important.
II est clair d’ailleurs que les instruments à employer dans les deux cas dont il s’agit ne doivent différer, tout au plus, que par le degré de précision de leurs organes, mais selon la con-
(') On ne désespère pas aujourd’hui de pouvoir révéler les épreuves en quelque sorte au furet à mesure qu’on les obtiendra sur le terrain.
l()| LES INSTRUMENTS, UES MÉTHODES ET LE DESSIN TOPOGRAPHIQUES.
venance des opérateurs, les triangulations pourront être effectuées et les épreuves obtenues successivement avec un photothéodolite complet et unique, ou bien les premières le seront avec un instrument altazimutal indépendant et les autres avec un photogrammètre.
Élude topographique détaillée pour V établissement du projet d'une voie de communication. — Les études à entreprendre pour établir le projet ou l’avanl-projet d’une voie de communication comportent également une triangulation avec d’assez grands côtés, qui s’étend surtout dans un sens, c’està-dire sous la forme d’une chaîne plus ou moins large suivant la direction générale de la voie projetée. Nous estimons que, dans ce cas, le photothéodolite muni, comme nous l’expliquerons ci-après, d’un déclinatoire et d’une lunette micrométrique, est tout à fait indiqué.
L’opérateur, indépendamment des sommets des triangles, aura, en effet, un assez grand nombre de stations supplémentaires à déterminer et à rectifier; il pourra ou plutôt il devra souvent exécuter, dans ce but, des cheminements composés de plusieurs côtés, s’étendant à droite et à gauche de la chaîne, mais partant toujours d’un sommet triangulé pour se fermer sur un autre; d’où l’utilité indispensable du déclinatoire et de la lunette stadimétrique avec sa sladia.
11 est sans doute inutile d’ajouter qu’en exécutant ces cheminements et toutes les fois que l’une des stations s’y prête, on doit prendre des photographies, ce qui justifie le conseil que nous donnons de faire usage d’un pholothéodolile.
XXV. — Circonstances diverses dans lesquelles on peut avoir à opérer {suite).
Reconnaissances militaires . — M. le commandant Javary, qui a exécuté lui-même plusieurs levers d’itinéraires par la méthode photographique et qui a eu à exercer des brigades d’officiers à des opérations analogues, estime que pour bien réussir il est avantageux d’y faire concourir trois opé-