CHAPITRE III. — IGONOMÉTRIE ET MÉTROPHOTOGRAPH IE
râleurs. Nous citerons textuellement, à ce propos, le passage suivant de son Mémoire (') :
« Trois opérateurs sont alors nécessaires, un géomètre et deux photographes. Le premier chemine sur une route et ne s’occupe que des opérations géométriques; un photographe marche parallèlement à lui, sur sa droite, muni d’un appareil léger et de petite dimension, et fait les vues nécessaires à la construction du terrain de droite; il porte avec lui une boussole et une stadia. A chaque station, il tourne la stadia vers le géomètre qui vise sa direction et prend la distance. Lui-même observe à la boussole les angles nécessaires à l’orientation de ses épreuves. Le second photographe fait la même opération à gauche. Quelques signaux très simples ont été convenus par avance, afin que toutes les observations nécessaires soient faites. Un lever de ce genre ne comportant pas une grande précision, on doit faire un petit nombre d’épreuves et le travail marche très vite. Le géomètre a soin de viser luimême sur quelques points bien reconnaissables pour assurer de temps en temps l’orientement des épreuves et rectifier les petites erreurs.
» Nous avons fait deux reconnaissances de ce genre: la première dans la vallée d’Orsay, entre Palaiseau et Orsay; le développement était de 8km seulement, mais nous devions aller successivement faire toutes les opérations, puisqu’il n’y avait qu’un opérateur. La seconde fut faite dans la vallée de l’Arly, entre Faverges et Albertville (Savoie); nous avons obtenu une bonne reconnaissance, effectuée en une journée de travail sur 23km de développement. Le terrain représenté (l’auteur dit construit ) s’étendait en quelques points jusqu’à 2kul à droite et à gauche du développement central. C’est la méthode qu’il convient de suivre dans les reconnaissances des pays pour lesquels on n’a pas de cartes et elle peut donner des résultats considérables si l’on a soin de faire le cheminement central avec quelque précision. »
(’) Mémoire, sur les applications clc la Photographie aux arts militaires, dans le Mémorial de l’Officier du Génie, n° 22. n. 3m cl
suivantes.
Reconnaissance d' une place forte en vue d’un siège. — Nous rapprocherons ce genre de reconnaissance du précédent et nous emprunterons encore au capitaine Javary les détails qu’il donne dans son Mémoire sur des expériences laites par lui en 1866 :
« Voici, dit-il, comment il convient d’opérer : on fait un polygone loin de tout danger; ce polygone peut être l’enveloppe que l’on construit toujours dans un siège pour appuyer les levers; et des divers sommets de ce polygone on vise les points choisis pour servir de stations photographiques. Il suffit que ces stations soient hors de la portée des armes portatives pour qu’on puisse prendre le temps d’y mettre en station une chambre noire qu’on pourra souvent dissimuler, soit derrière des arbres ou arbustes, soit derrière des décombres, soit derrière un bout de tranchée. Il 11’y aura jamais qu’une épreuve à faire et l’on fera une courte pose. D’ailleurs, lorsqu’on trouvera, à des distances de 2000"’, oi5oom, des points favorables, on prendra un objectif à foyer plus long et l’on opérera tout à son aise.
» Ces épreuves prises dans un temps très court permettront de construire tous les détails de la place.
» Nous avons fait, à Belfort, en 1866, une école de ce genre avec une brigade d’officiers du ia régiment (du Génie) sous la direction du commandant Servel. Nous nous sommes servi, pour rattacher nos stations, de l’enveloppe tracée par les officiers de la brigade; notre travail extérieur a duré six heures; la rédaction a demandé huit heures, après lesquelles nous avons remis au commandant Servel un lever exact, complet, nivelé de toute la partie visible de la fortification intéressant les attaques et le terrain en avant jusqu’à 1200“ environ. Le temps était si mauvais que nous avions des poses de trente minutes, sous la pluie, ce qui a retardé notre travail (').
(’) Nous n'avons rien voulu changer à cette citation qui, en raison de la date de l'expérience dont il s’agit, présente le plus grand intérêt. L’expérience faite en 1861 devant le Mont-Valérien par les officiers de la division du Génie de la garde n'avait pas été moins concluante, mais elle avait duré davantage, quoique le temps eût été des plus favorables. Nous