CHAPITRE IV
Action de l’isocyanate de menthyle sur quelques acides aminés.
L'action d’un isocyanate aromatique sur les acides aminés a été essayée d’abord par B. Kühn (1), qui s’est servi de l’isocyanate de phényle et qui a préparé, par exemple, avec l’acide m-aminobenzoïque, l'acide uréidique correspondant :
ce HR + CON CSH5 = Ci ee Et
Ac. phényluréidobenzoïque.
Mais avec d’autres acides les résultats obtenus se montraient irréguliers et ne semblaient pas présenter le caractère de généralité que, «a priori, on pouvait attendre d’une réaction de celte nature. Ce ne fut qu’à partir du moment où C. Paal (?) modifia d’une manière heureuse, en même temps qu’il la simplifiait considérablement, la technique de l'opération (voir plus loin) que la question apparut d’une part, au point de vue théorique, comme une caractéristique très générale des acides aminés, et d’autre part, au point de vue pratique, comme un moyen très précieux pour isoler ou caractériser ces acides, car un très grand nombre d’entre ces produits d’addition de l’isocyanale de phényle avec ces acides aminés sont remarquables par leur facile cristallisation, et de plus beaucoup de ces produits donnent des hydantoïnes (voir plus loin) qui cristallisent aussi très bien.
Pour ces raisons, l’isocyanate de phényle est devenu
(*) B. Kuuw, D. chem. Ges.,t. XVII, 1884, p. 2880, et t. XVIII,
(?) G. Paar, D. chem. Ges., t. XXVII, p. 974.
dans la chimie des acides aminés un réactif très employé, et son importance s'est naturellement accrue de l’intérêt sans cesse croissant qu’assure à ces acides leur rôle essentiel dans la constitution des matières protéiques et des corps qui en dérivent (albumoses, peptones, polypeptides), et par conséquent dans toute la physiologie de la nutrition azotée. L'isocyanate de phényle a été combiné successivement au glycocolle et à l’alanine par C. Paal(t)}, à la r-leucine par E. Fischer (?), à la d-phénylalanine par E. Fischer et Mouneyrat (*), à la sérine et à l’acide &-amino-y-oxyvalérianique par KE. Fischer et H. Leuchs (*), à la /-asparagine, l’acide l-aspartique, à la taurine et à la tyrosine par C. Paal et G. Zittelmann (5), et je ne cite ici que les acides aminés qui touchent à l'étude des protéiques.
Ainsi que je l’ai déjà signalé plus haut, on a préparé, à partir de quelques-uns de ces acides, et par l’action de l’acide chlorhydrique à chaud, les phénylhydantoïnes correspondantes (6), qui souvent sont très bien eristallisées. | |
L'isocyanate de phényle apparaissant comme un réactif précieux pour l’étude des acides aminés, on a été conduit naturellement à essayer encore d’autres isocyanates, et ici l'on en a employé systématiquement qui fussent à radical aromatique aussi lourd que possible.
Déjà, en effet, l'étude des corps sircrés avait montré que les hydrazones, difficilement solubles et se prétant