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ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE

Les données fournies par l’examen histologique ou anatomo-pathologique sur les kystes pararénaux sont brèves.

Dans toutes les observations que nous.avons eues entre les mains, le fait saillant qui domine est celui-ci : le rein est toujours indemne.

Dans certains cas, celui d’Adler, par exemple, le kyste était lisse, possédait une muqueuse normale et était rempli d’un liquide hémorrhagique. Constatons, en passant, que l’on trouve peu souvent dans les kystes pararénaux ce liquide hémorrhagique si fréquent dans les kystes des capsules surrénales. Cette production sanguine peut s'expliquer toutefois par une rupture vasculaire (Pawlik).

Mattei (Lo sperimentale, 1883) a tenté d'expliquer ces hémorrhagies par un défaut de la libre circulation périphérique, mais si son explication est plausible pour les hémorrhagies capsulaires, elle est difficilement applicable aux kystes pararénaux et nous préférons admettre la théorie de Pawlik. Peut-être pourrions-nous en chercher la raison dans quelque réaction inflammatoire produite par la formation kystique.

ES Te

Obalinski, qui s’est trouvé en présence d’un kyste rétropéritonéal, a fait une minutieuse analyse de la tumeur et de son contenu. Il a trouvé trois litres de liquide clair comme de l’eau de roche avec 12 0/0 d’albumine, et des traces de phosphate terreux ét de chlorure. La paroi de ce kyste séreux était composée de tissu conjonctif et de fibres élastiques.

Morris a trouvé en arrière du rein une large cavité contenant un liquide clair : la paroi antérieure de cette cavité était la paroi propre du rein; quant aux parois latérales et postérieures, elles consistaient en tissu cellulaire périnéphrétique fortement tassé.

Dans un deuxième cas, cet auteur trouve post mortem cinq pintes — environ 3 litres — d’un liquide clair ne contenant ni albumine, ni sels urinaires.

Newman, après laparotomie, a extrait d’un kyste vingt-cinq onces et demie — environ 750 grammes — d’un liquide clair, jaune paille, qui contenait des traces d’albumine, d’urée et quelques cristaux de cholestérine.

Au sujet de l’examen de la pièce de Picqué dont nous avons parlé plus haut, voici ce qu’en pense Brault : « Quant à la nature du produit, elle est délicate à établir. La paroi est très mince, il n'existe pas de tissu sarcomateux entre le kyste et Le rein : on y trouve des cellules vaso-formatives peu nombreuses, des capillaires et des vaisseaux à l’état d’ébauches. Il ne s’agit, en conséquence, ni d’un fibrome, ni d’un sarcome, ni d’un angiome et l’on ne peut admettre qu’une sorte de

kystome hémorrhagique. »

Périer è

AVE Poe

L'analyse microscopique n’a été faite que dans un seul des deux cas que nous avons pu observer dans le service de M. le D: Bataille, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Rouen. L'examen a démontré que le kyste était formé par du tissu fibreux traversé par des vaisseaux sanguins et lymphatiques assez développés.

L'analyse du liquide kystique a décelé la présence de chlorures, d'un peu d'acide phoëphoriqué, d’albumine et quelques traces douteuses d’urée.

Nous pouvons conclure de ces divers examens qu'il est très difficile d'expliquer la pathogénie de ces formations. L'anatomie pathologique de cette question est encore trop obscure pour pouvoir résoudre le problème, bien qu'Adler ait tenté d'en donner une explication, tantôt en invoquant l'inflammation dans les formes interstitielles, tantôt en examinant le dépôt de concrétions.

Nous préférons nous ranger à l'avis de Le Dentu (Affections chirurg. du rein et de l'urelère) auquel la pathogénie semble trop complexe, expliquée par l’analyse du liquide contenu dans les kystes, cette analyse fournissant des renseignements très différents suivant les cas.

D'ailleurs, trop peu nombreuses sont les observations recueillies à ce sujet. Le seul fait qui puisse nous mettre sur la voie de l’origine de ces kystes est le suivant : le rein est rarement, pour ne pas dire jamais, envahi, le plus souvent est-il refoulé ou englobé sans être direc-

tement atteint.

. Nous chercherons donc la solution du problème en dehors du rein et peut étre pouvons-nous, jusqu'à un certain point, expliquer la formation des kystes pararénaux séreux à type pur par l’hyperplasie du tissu conjonctif de la région, la membrane d’enveloppe n'étant qu'un épaississement du tissu cellulaire voisin et servant de soutien aux vaisseaux qui se ramifient autour

de la tumeur.

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