TERMINAISONS DU PLURIEL, EN GALLOIS
1 Au.
{ Ed.
2| Od.
3 Awr.
Ez.
Iau.
Oz.
Oys.
Yz.
Ion.
On.
Presque tous les autres pluriels dits hétéroclites présentent l'exemple des deux changements de voyelles dans le corps et l'addition d'une terminaison. Mais ce qu'il y a de particulier, c'est que le même substantif peut, à la rigueur, adopter toutes ces modifications, à la volonté ou au choix de l'écrivain, ou de celui qui parle. Cependant, il y a des classes de mots qui affectent plutôt certaines terminaisons. Ainsi, les noms des êtres vivants forment une classe, ceux des corps inanimés une autre ; les substantifs abstraits et collectifs une troisième , qui ont chacune leurs terminaisons. H y a ici une particularité que l'on peut noter, les noms collectifs , c'est-àdire ceux qui indiquent, soit des masses, soit des agrégés, peuvent être considérés comme un substantif pluriel. Le singulier, alors, ou ce qui le représente, est formé du pluriel par l'addition d'une terminaison diminutive. Ainsi :
Yd,
blé,
fait yden ,
un grain de blé.
Aur,
or,
— euryn ,
une pièce d'or.
Graian ,
gravier,
— gravyenin ,
un grain de gravier,
Plant,
enfants ,
— plantyn ,
un enfant.
Adar,
oiseaux,
— i aderyn,
un oiseau.
Quoique les terminaisons diminutives appartiennent réellement à la partie lexicographique ou étymologique, je les place ici à cause de leur liaison avec ce qui précède immédiatement, et parce que d'ailleurs elles forment deux classes, dont Tune est affectée au singulier, et l'autre au pluriel. Ainsi les diminutifs sont :
Singulier.
Pluriel
An,
aç.
En,
os.
Yn.
Os.
Le diminutif usuel en breton est ik, quoiqu'il n'y ait pas de doute qu'il y en ait eu d'autres, par exemple, an, yn, diminutifs communs à toutes les langues celtiques, et dont l'une est si usuelle, dans une langue néo-latine, l'italien, avec l'addition d'une voyelle.
DU GENRE
Les Gallois admettent dans leur langue les distinctions de genre ; mais comme ces distinctions , lorsqu'elles ne sont pas fondées sur la différence du sexe , ou sur l'absence de ce caractère , sont plus ou moins subtiles ou arbitraires , il n'est pas étonnant que le genre des mots ne soit pas toujours fixé dans cette langue , et que souvent ce qui est au masculin dans le nord de la principauté soit au féminin dans le midi.
Nous nous bornerons à dire qu'il y a deux modifications du nom qui sont relatives au genre. L'une , qui consiste dans un changement de voyelle dans le corps d'un mot, changement qui n'a lieu que dans les mots primitifs dans lesquels le w représente le masculin ; alors ces mots deviennent féminins
par le changement de w en o. L'y joue le même rôle; il désigne le masculin, et ces mots se trouvent féminins par le changement de Yy en e. L'a n'étant pas caractéristique, il dénote assez généralement le neutre.
L'autre mode consiste dans les terminaisons.- Le moyen de reconnaître le genre par la forme des mots n'étant pas aussi nettement prononcé en breton qu'il l'est en gallois, je n*appuierai pas sur ce sujet.