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DE L'ARTICLE, EN GAËL

Les Gaëls n'ont que l'article défini. Cet article c'est an. Il a deux genres, le masculin et le féminin, comme en français, et non trois comme en latin , rapport qui n'est pas indifférent et sur lequel je n'ai pas besoin d'insister. Le féminin la plupart du temps se forme en renversant les lettres.

Masculin. An. Féminin. ]\fa.

L'article se décline au féminin seulement , c'est-à-dire que la racine n'est variable que dans ce genre pour désigner les rapports de certains cas.

Le principe de sa déclinaison est à peu près le même qu'ailleurs, mais seulement il n'y a pas son plein effet.

Au nominatif le féminin ne diffère pas du masculin , mais au génitif on le renverse et an devient na.

D'après la règle, ce génitif devient le nominatif pluriel; mais le génitif pluriel ne suit pas exactement la règle de ce genre de déclinaison. Il reprend bien Yn final du nominatif singulier, mais il conserve un n au commencement. Ainsi le génitif pluriel ne suit la règle qu'en partie.

Singulier, i Pluriel.

Nominatif, an. Nominatif, na.

Génitif, na. Génitif, nan [nam).

Quand il s'agit d'autres rapports exprimés par les autres cas, dans les langues à déclinaison plus étendue, on se sert d'une préposition. Nous en parlerons au chapitre suivant. Le masculin ne change pas au singulier. Il est le même que le féminin au pluriel.

L'article an peut souffrir une ellipse et paraît sous deux

formes :

An, a.

Nous verrons en traitant des pronoms que ces deux formes représentent également le pronom relatif. Or voilà un premier rapport avec le grec; car l'article défini et le pronom relatif ne diffèrent, en grec au moins, au nominatif féminin, que par l'accent, et se ressemblent encore au nominatif pluriel pour le masculin.

Il faudrait autant de cas dans les déclinaisons qu'il y a de prépositions dans les langues, pour qu'elles pussent se passer

de celles-ci ; et même elles ne s'en passeraient qu'en apparence. La terminaison serait alors l'élément qui exprimerait la préposition; c'est-à-dire, la même partie du discours à laquelle on assignerait une autre place dans la construction de la phrase , ce qui ne change jamais la nature des éléments du discours, et cet élément qu'on appelle préposition dans un cas serait une postposition dans l'autre. Mais pour reprendre le langage ordinaire en continuant notre sujet , nous dirons que les langues se passent d'autant moins de l'emploi des prépositions que la déclinaison y a moins d'étendue. Ainsi leur emploi doit être plus fréquent en gaël qu'en grec et en latin pour désigner des rapports que ces langues expriment par des cas. Nous allons donc traiter des prépositions.

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