‹ Recherches sur les langues celtiquesChapitre 57 sur 288 · RELATIFS · texte numérisé non relu

RELATIFS

Gaël écossais.

A. ) An. j

Qui.

Nach.

Qui -ne.

RONOMS DÉMONSTRATIFS

So. ) Sin. ]

Ce.

Sud, ud.

Cet.

RONOMS INTERROGATIFS.

Co?

Qui?

Cia?

Que?

Ciod? creud?

Quoi?

Les trois formes du pronom relatif ne sont que des modifications du même élément, c'est-à-dire, de la voyelle a; car dans la seconde forme an on a ajouté un n, ce qui se reproduit fort souvent et est fondamental dans la langue celtique, quand il s'agit d'établir des rapports euphoniques avec un mot suivant qui commence par une voyelle. En second lieu , la troisième forme est une forme négative, composée de Yn caractéristique de la négation en gaël , ainsi que dans toutes les langues qui nous occupent, tant anciennes que modernes, de la partie occidentale de l'Europe ; il précède le véritable pronom relatif a , qu'ici on aspire à la fin ach.

Etablissons maintenant les rapports de ce pronom relatif a

avec les autres langues. D'abord il est gallois ; il est aussi breton , donc il est commun à toutes les langues celtiques proprement dites , aux langues bretonnes et gaëles. A-t-il des rapports avec les langues anciennes? D'abord il est complètement grec , c'est le pronom relatif grec au féminin , dans le dialecte dorique. Quant à la seconde forme avec un n, elle est encore exactement grecque, puisque c'est l'accusatif grec ; or l'accusatif et le nominatif, même en grec, sont partout identiques au neutre, et, au fait, ces deux cas, ainsi que le vocatif, ont entre eux, par leur nature, la plus stricte analogie.

Ce n'est pas sans motif que j'indique la coïncidence qui existe entre le pronom relatif gaël et le pronom relatif grec. S'il n'y avait guère que ces rapports entre les deux langues, ce serait une coïncidence due au hasard , mais comme il y en a , ainsi que nous le verrons dans la partie lexicograpbique, de très-étendues , et pour ainsi dire à perte de vue , il était important de marquer ici cette ressemblance , quand même elle serait accidentelle.

Quant aux trois formes du pronom interrogatif en gaël, on voit qu'elles sont presque identiquement les mêmes que les trois formes du pronom relatif latin. Et remarquons, en outre, que le pronom interrogatif latin est presque identiquement le même que le pronom relatif dans la même langue.

Gaël. Col Latin. Qui?

Cia ? Quae?

Ciod ? Quod ?

N. B. Dans les langues celtiques proprement dites, le c se prononce k.

Quoique l'analogie soit frappante à la première vue , elle l'est encore plus quand on remarque que le c en gaël est par lui-même constamment ce que nous appelons dur, c'est-àdire qu'il a toujours le son du k, quelle que soit la voyelle qui l'accompagne. Remarquons, en outre, quant aux voyelles, que,

clans la première forme gaélique, co, Yo trouve son analogue en latin dans Vu, qui était souvent, dans cette langue, confondu a\ec Yo , et qu'il n'y a de différence entre les deux mots que par la présence de Yi, en latin. Or la présence ou l'absence de 17 en gaël, relativement à une autre voyelle, est une affaire presque indifférente , excepté dans certains cas ; puisqu'il y a, comme nous le verrons dans la partie lexicographique , peu de racines qui ne se présentent sous une double forme; la simple avec une seule voyelle, et la composée avec une diphthongue , par l'addition d'un e ou d'un i.

Relativement à la seconde forme , elle est tout aussi semblable , puisqu'il y a une diphthongue dans les deux. Et la troisième l'est encore plus; car, outre la diphthongue , il y a la consonne à la fin , qui est la même dans les deux.

Quant aux pronoms démonstratifs nous arrivons directement aux langues néo-latines; et, ce qu'il y a de plus intéressant , à la transition du latin dans ces langues.

Gaël, So. Fr. Ce.

Sud. Cet.

Quelque évident que soit ce rapport, ayons encore recours à la prononciation des lettres pour le rendre plus saillant. D'abord le c en français a le son exact de Ys sifflante et par conséquent de Ys gaël devant un a, un u, ou un o, qui est la voyelle qui s'y trouve jointe dans le pronom.

Quant à la voyelle dans l'une et l'autre langue , le son est à peu près identique , d'abord en français, Ye de ce, pronom, n'a pas le son de Ye final muet ordinaire , mais de Ye, dit muet, le plus ouvert. D'autre part, en gaël, Yo a deux sons : l'un trèsouvert, qui est l'a italien; l'autre très-bref, qui approche extrêmement de Ye muet français très-ouvert. Voilà donc les deux pronoms correspondants en gaël et en français , qui , s'ils étaient orthographiés convenablement, seraient à peu près

identiques. Et ce que nous disons de la première forme de ce pronom serait également applicable à celle que j'ai présentée ici comme la seconde , car le d et le t sont déjà par eux-mêmes des sons très-voisins, qu'on est généralement bien tenté de confondre , mais plus encore dans la famille celtique proprement dite, où l'on dit si fréquemment l'un pour l'autre, surtout dans le cas actuel ; car, en gaël , le t final n'a souvent pas une prononciation distincte. Voilà donc les deux formes d'un même pronom, jouant un si grand rôle en français, qui sont essentiellement gaëles; c'est-à-dire qu'elles appartiennent à la langue la plus répandue jadis dans les Gaules , laquelle a immédiatement précédé l'invasion romaine , et lui a longtemps survécu.

Sans doute qu'on: peut y trouver des analogies avec des pronoms latins ; mais là elles sont éloignées , indirectes , tandis qu'ici elles sont, j'ose le dire, identiques.

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