DES VOYELLES, DANS LE GALLOIS
En parlant des voyelles, je veux dire les sons et non les lettres qui les représentent.
Les voyelles, en gallois, se rapprochent beaucoup des sons
du même ordre en français. Et ce qui en fait plus particulièrement le rapprochement , c'est la présence dans l'un et dans l'autre de Ye muet, qui est si rare dans les autres langues de l'Europe; non de Ye muet, mais de celui qui se rencontre si souvent dans le corps des mots. Alors il est représenté par un autre caractère, c'est l'y. La série des voyelles galloises diffère cependant de l'échelle française, en ce qu'il n'y a, ni d'e ouvert, ni u français, ni eu. Le représentant de Yu et de Yen se trouve dans le son que les Gallois désignent par l'y, et que nous avons dit être semblable, ou à peu près semblable, à Ye muet français très-ouvert. Mais c'est surtout de Yen qu'il approche le plus; en effet, lorsqu'on prononce Ye muet le plus ouvert, comme dans premier, etc. la disposition des organes est la plus voisine possible de celle qu'il faut pour prononcer Yen très-bref. Aussi cette observation n'est pas sans intérêt, parce qu'elle lie la prononciation des voyelles en gallois à celle des Bretons. Le gallois diffère d'ailleurs du breton par une nuance dans la prononciation de Yi. C'est un i excessivement bref, et sa nuance avec la prononciation de Ye est presque imperceptible, excepté pour une oreille très-fine. Il y est constamment représenté par la lettre u ; et le caractère et le son se trouvent réunis dans la première voyelle du mot buzy, en anglais. Ainsi, pour résumer en deux mots, les sons vocaux en gallois diffèrent de ceux du français, en ce que :
i° Le gallois n'a pas exactement les mêmes sons que le français pour Ye ouvert, Yu et la diphthongue eu.
2° Et d'autre part, dans le gallois, la nuance de Yi, représentée par le caractère u, est étrangère au français.