DE L'ARTICLE
11 n'y a que l'article défini en basque ; il n'y a que cet article en gallois. Il en est de même du gaël écossais et du gaël irlandais; le breton seul y fait exception. C'est ce que nous avons vu; nous y reviendrons plus tard.
Il est évident que l'association de l'article avec la racine simple , dont le sens peut être général et hors de la classification ordinaire des parties du discours, définit ce sens et fait entrer le mot dans une classe , celle des noms substantifs ou
adjectifs; mais le groupe d'idées représentées par un mot n'est pas toujours si vague qu'on ne sache où le rapporter.
Par le sens, un mot est substantif quand il représente un objet matériel : ainsi le mot homme, s'il est représenté par une racine simple, est nécessairement substantif; on n'a donc pas besoin de l'article pour en faire un substantif. En ce cas, il peut se supprimer. C'est le procédé employé en gallois, en gaël écossais et irlandais, pour suppléer à l'article indéfini; c'est aussi le procédé du basque. Cet article défini est :
A. Ac.
E. Ec.
Or a est une des formes de l'article défini en gaël, soit écossais, soit irlandais; l'autre, d'ailleurs, en est peu éloigné, puisque c'est an. Ainsi l'on voit de part et d'autre :
Gaël, Ec.) A. Basque, A.
Ir. ) An. Ac.
où il y a peu de dissemblance , malgré la différence radicale de la consonne; car il y en a plus, à cet égard, entre le gallois et le breton.
Gallois , Yr. Breton , Ar.
Al.
An.
Mais cette consonne caractéristique c du basque se trouve ailleurs , dans l'article défini :
Basque, A. 1 ^
/ Hic.
Ac. ) Hœc.
Ec. ] Hoc.
Hâc.
L'aspiration de la voyelle n'y change pas grand'chose; sans quoi, il faudrait toujours, pour constater l'analogie, qu'il y eût identité. Or, quand il s'agit ici de rapport avec les langues anciennes, il s'agit de montrer les rapports du son et du sens, mais non pas d'établir des rapports d'origine.
RAPPORTS DES FORMES DE L'ARTICLE AVEC LES NOMBRES SINGULIER ET PLURIEL.
L'e, avec ou sans la consonne c, indique le pluriel.