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DE LA PLACE DE L'ARTICLE RELATIVEMENT AU NOM

Au lieu de se mettre devant le nom , comme dans les autres langues celtiques, il se met après; de plus, il s'écrit à la fin, sans aucune séparation, c'est-à-dire qu'il fait corps avec le nom; ce sont bien deux mots réunis, sans altération aucune. Lorsqu'on dit je ïaime, le verbe et son régime qui le précède ne font pour l'oreille qu'un mot; mais l'esprit y distingue bien l'article, parce que le verbe est tantôt avec et tantôt sans la consonne l, suivant la différence du sens que l'on veut exprimer. Il en est de même du basque. Quant à la place qu'occupe l'article en basque , il ne change pas de nature pour être à la fin au lieu du commencement; à la vérité, il a une place différente dans les langues bretonnes et gaëles, mais il faut bien que les langues diffèrent en quelque chose, quelque similitude qu'il y ait entre elles. Ainsi on dit :

Menai,

Montagne.

Mendia ,

La montagne.

Mendiac, ) Mendiée, \

Les montagnes.

Nous reviendrons ailleurs sur la distinction du singulier et du pluriel. Si l'article n'a pas la même place dans les autres langues celtiques, est-il bien sûr qu'il ne l'ait pas dans d'autres langues affiliées, par exemple dans le grec et le latin? Aoyos n'est , certes , pas une racine simple ; c'est \oy qui est la racine dans toute sa simplicité, et qui n'est ni verbe, ni substantif, ni adjectif en particulier, mais tous à la fois, comme les racines simples dans le basque. Que fait la syllabe os ajoutée à la racine simple? Elle en fait une partie déterminée du discours, un nom substantif ou adjectif, suivant le besoin, sans modification aucune , ou avec une légère altération. Cette syllabe ajoutée fait donc fonction de l'article, occupant précisément la même place et servant au même usage que l'article en basque. Il en est de même de naXos , KaXrj, koXov, etc.

Il est évident que la particule est séparable, en ce sens qu'on ôte os pour y substituer ou y ou ov , et il n'y a de différence avec le basque qu'en ais. La racine simple , dans cette langue, peut, lorsque le sens l'exige, se passer de cette particule, et c'est un avantage. Cet élément, en grec, a donc la nature de l'article, et pourrait être compté pour tel quand même on ne le retrouverait pas ailleurs libre et détaché. Or, ne l'est-il pas sous la forme féminine rj de l'article, et j'ajouterai sous les autres formes masculine et neutre? car l'article en grec et le pronom relatif, par la similitude de sens, de son et d'emploi, pris dans sa généralité, ont même origine. Les grammairiens l'ont remarqué , de reste , pour plus d'une langue.

Ainsi l'on peut, sous tous les rapports, considérer les syl-

labes qui sont ajoutées à la fin de la racine simple, en grec, comme Yarticle. Je ne parle ici que du nominatif, de l'accusatif et du vocatif, cas analogues. Quant aux autres, où l'article se trouve toujours, mais uni à un autre élément, il ne m'appartient pas de traiter cette matière , quoiqu'elle ne présente pas de difficulté.

Je ne me serais pas même permis l'indication du rapport matériel de la particule, ajoutée en grec à la racine simple des noms, avec l'article dans la même langue, si d'autres, avant moi, n'en eussent fait l'observation; aussi je ne la prends pas sur moi, je n'ai pas besoin de compliquer ma tâche : mais il fallait le dire pour bien apprécier la langue qui nous occupe.

DU GENRE

On dit qu'il n'y a point de distinction de genre en basque. En général, il n'y en a pas; mais il y a une exception à cette habitude, que nous indiquerons dans son lieu.

DES MOYENS EMPLOYES EN BASQUE POUR INDIQUER LES RAPPORTS DES NOMS SUBSTANTIFS OU ADJECTIFS AVEC D'AUTRES PARTIES DU DISCOURS.

1° De la distinction du sujet, et de l'objet d'une action , distinction qui se rapporte aux différences exprimées par le nominatif et Y accusatif dans les langues à déclinaison.

Nous avons vu qu'il y avait, en basque, deux formes de l'article plus spécialement affectées au singulier.

Par ce moyen , rien n'est plus simple que la distinction de l'agent et de l'objet.

Ac, ) ... ( l'agent.

? est la forme qui distingue j ,, ,.

ainsi :

Ac , ) i au nominatif.

A . S corresP°nd- ' • \ à l'accusatif.

Quant à ce qu'on appelle le vocatif, c'est l'intonation qui fait la différence.

2° Rapports de ce procédé avec celui qui est employé' en latin.

Le même principe se trouve pour les deux genres.

Masculin . Singulier .

Hic, Nominatif.

Hune, Accusatif.

Féminin .

Hœc , Nominatif.

Hanc, Accusatif.

où la différence essentielle consiste dans la présence ou l'absence d'une consonne.

3° Des autres rapports qui peuvent être exprimés par des prépositions ou par des cas.

De part et d'autre , ce sont des particules , soit isolées , soit réunies à une racine ; dans les deux cas , ce sont des éléments qui ont la même valeur, et par conséquent la même nature , quelle que soit leur origine. Nous allons donc d'abord les considérer dans le basque, abstraction faite de leur situation dans le discours.

i° Des rapports que nous avons désignés précédemment

par le nom de rapports de direction; ce sont :

De, par, à ,

qui expriment les trois idées fondamentales :

, . . ( milieu ,. )

L origine, le { ? la fin.

° ( moyen, )

Le départ, la traversée, le but.

Ils correspondent, comme nous lavons vu, à trois cas :

De, génitif.

Par, ablatif.

A , datif.

Ils se confondent quelquefois, soit par analogie de sens, comme l'origine pour le moyen , ou par similitude de son , et par conséquent par abus.

La préposition de, ou l'élément du génitif, a deux formes en basque, az, en. Or, si on jette les yeux sur le tableau comparé des prépositions de cette espèce, que j'ai donné dans la grammaire gaële, on retrouvera la particule basque az, sous toutes ses formes analogues , dans toutes les langues celtiques; mais en gaël, d'une manière qu'on pourrait dire identique. Gaël, As. Basque, Az.

L'autre forme, en, nous la trouvons en gaël irlandais, non comme particule détachée, mais comme afïixe dans une forme de déclinaison sur laquelle nous avons particulièrement appelé l'attention. Remarquons que, dans la tribu des langues gaëles, l'irlandais a spécialement conservé les formes de l'antiquité; nous l'y trouvons au génitif, non-seulement au singulier, mais au pluriel. C'est que la nature du rapport ne change pas en changeant de nombre lorsque l'élément est significatif par lui-même.

Une modification de la voyelle a suffi au gaël irlandais pour indiquer cette différence. Il en est à peu près de même du basque.

Si maintenant nous considérons les particules affixes en grec, qui désignent les mêmes rapports, nous les trouverons sous les mêmes formes essentielles :

Basque, Az, Grec, As, os,

En , Clv,

avec cette différence qu'en grec l'une est affectée au singulier,

l'autre au pluriel, ce qui ne change pas la nature des rapports. En parlant du grec, j'ai parlé du latin, où les cas sont formes sur le même modèle, avec de légères variantes.

Je ne reviendrai pas sur l'affixe du génitif singulier dans cette langue; j'en ai déjà parlé. Quant à l'afïixe du génitif pluriel, celui de la troisième et quatrième déclinaison, c'est l'analogue du grec, car les Latins placent souvent Y m où les Grecs se servent de IV Quant à l'afïixe du même cas dans les autres déclinaisons, j'en parlerai plus tard.

Quoiqu'en basque les deux aient le même sens, en est plus spécialement consacré au sens du génitif.

Bien que az signifie de, il est encore employé dans le sens de par; il devient alors spécialement un ablatif, dans le sens particulier que nous avons indiqué.

La particule qui répond, en basque, à la préposition à, c'est i. Or, nous l'avons vue en breton et en gallois sous la forme de i et y; nous l'avons vue en breton et en gallois comme particule détachée, faisant fonction, en gallois, de la préposition qui répond au datif, et consacrée à cet usage toutes les fois qu'il s'agissait de ce rapport.

Nous l'avons alors comparée à la particule affixe qui désigne le datif en grec, t exprimé ou souscrit; nous avons également trouvé son équivalent en latin sous la même forme i.

Maintenant, si nous voulons employer ces particules basques comme les correspondantes le sont en grec et en latin , nous allons faire une déclinaison commune, au moins pour le singulier, qui sera presque identique.

Nous prendrons pour racine un nom propre, pour ne pas détourner l'attention , et l'on me pardonnera de considérer le nom propre Joannes comme si c'était la racine invariable en grec et en latin , et de décliner le nom suivant les règles générales de la déclinaison avec augment.

Je demande une légère liberté pour le basque, en ce qui répond au nominatif et à l'accusatif, c'est-à-dire de mettre à la fin les deux modifications correspondantes de l'article.

Basque.

Grec supposé.

Latin supposé.

Nom.

Joannes,

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