Il étoit conséqueuroeot bien postérieur a Boudh
5* Le sa m lit rit est un idiome Tartare, venu, comme le genre humain, du plateau de la grande Tartarie.
L'auteur avott promis de prouver ce»
assertions par des autorités irrécusables , recueillies avec «oin. Il est bien fâcheux qu'il n'ait pas encore pu s'acquitter de sa promesse.
Bbb 1
(t) Détails littéraires et typographiques sur l'édition du Dictionnaire et des Grammaires Tartares - mandchous , à la tête du 3.* vol. du Dictionnaire du P. Amiot. Paris, 1790.
(a) Ce que fauteur dit en quelques lignes dans la note où je prends ces mots, se réduit aua -proposkiom suivantes :
i.° Le sabéisme et le chamankme sont un seul et même culte.
x* Boudh ou Beddha est le fondateur du sabéisme.
P. Horace, interpolée et corrompue de manière à perdre toute autorité par l'éditeur Georgi.
Les historiens Chinois, qui ont donné sur les Tibétains, qu'ils nomment ÂTi</n^ des détails très-circonstanciés, et dont on pourroit faire une histoire du Tibet en plusieurs volumes, ne varient pas sur un point important: c'est que les Kiang n'avoient pas de caractères (i); c'est ce qu'on assure même de ces 7 hang-tchhang , qui ont fondé un état connu en Europe sous le nom de Tangut , et cela jusque sous les Thsi méridionaux , et sous les ' V^éi du nord, dans le v.* siècle de notre ère. 11 ne faut pas chercher une littérature chez une nation qui ne tenoit compte que de la crue et de la chute des feuilles pour la supputation des années (2) ; et il ne faut pas s'attendre à trouver des renseignemens sur l'état ancien de la religion de Bouddhah , chez des peuples qui ne la connoissoient pas encore à la fin du vi. e siècle, et dont tout le culte consistoit, à cette époque , à s'assembler tous les trois ans, pour faire au ciel un sacrifice de bœufs et de moutons (3). Ces Tangutains sont d'ailleurs représentés comme les plus barbares d'entre tous les peuples d'occident. Ce ne fut guère qu'après qu'ils eurent fondé, dans la partie septentrionale du Tibet, un état qui s'étendit dans la Tartarie et dans la Chine, qu'ils commencèrent à donner quelque attention aux lettres. Te-ming, fils de Li-ki-thsian , qui régnoit vers l'an 1032, est cité dans l'histoire des Liao comme un prince habile dans la doctrine de Bouddha, fort instruit dans la loi, et grand contemplateur de X unité suprême (4). Ii composa un livre en lettres /^«(j) ou Tibétaines, formant douze
(1) Pian i tian, h. 48, p. y,- k. 49f . Z, 6 et passim.
(i) Sou wou wcn-tstu ; tan htou thsav mou ing lo, i ki, souï-chi. lbid. k. 49, p. 6.
(3) San nian i siang-tsiu , chu nitou j/ang i thsi Thian. lbid.
(4) M-hia Li ki'thsian tstu Te-ming hiao Fo chou, ihoun^ fu liu, tchhangkouan Thai-i. Histoire des Liao , sikia uhouan.
(jj On ne lit point ici Fan », Indien/ mais FJn b t Tibrtain. Ces deux caractères n'ont point d'analogie en chinois.
SUR LES LANGUES TA RT ARES. j8|* houan. Il inventa aussi des caractères Chinois* dàns le goût de ceux qu'on nomme fou chou, caractères > des sceaux. L'influence des Chinois que les princes du Tangut étoient obligés djemployer, se fît bientôt sentir à leur cour. On .y prit Jes n^oeurs et les habitudes Chinoises. La littérature, em fut modifiée. Les Tangutains étoient' devenus Bouddhiste»;; mais Confucius recevoit chez eux les mêmes honneurs qu'en Chine, -et la dix-septième année tchao-hing (i 147), on lui décerna le titre de Wen si&van ti, glorieux empereur de la littérature. Ces sorte*jtie *i|res ne sont pas à la Chiné une vnine. déclaration; ils supposent l'oiservatiori des principes professés par. les lettrés.; et en effet , tannée suivante, on établit un collège dans le palais! du roi .de 1 Tangut, on choisit les savans les plus renommés pour le diriger, et ion commença aussi à fondre des monnaies dont la légende (en chinois) étoit Thoung thsï , Klan, GJteou ( t ). Les \ u»gu tai avaient des livres Indiens sur la religion de Bouddhah; et la troisième-année Kian-young , ils en avoient envoyé un ,e?ii Itfîibut ù Tempère u.r( 2). Mais la littérature Chinoise éloit florissante chez eux quand les Mongols firent la conquête du Tangut. ,\\m i
Véritablement ies/Ciang, les 77 , les Tan putains, sont tous de ces Tibétains ofieirtâWck>M^a tangue* .suivant les! Chinois, ressemble si fort 1 à celle du royaume 'du. milieu ; etril se pôurroit que du côté de Toqridwjt, Ik caractères Ibdkn* etla, religion de Bouddhah ( car ces' deux objets sont inséparables ) eussent été plutôt en usage. Suivant la chronique dd P: Horacè, le' fabuleux Samian-Poutramiftiit irti*n#*'tfyhaj>erf et 0o»mé des lois au Tibet , vers Fan 6b de ndt^ireç >«jla mémeitépioque , Djen- res~iig> ( qui n'est autre qu'Aw<f(ok/^ecAduarah/iie Kovapchi-'m des Chinois) auroit apporté la religion de Sangs ~rgya>HiÇ l'Hindoustan (3). Des livres de retigidn et des statues d'or de Cnakia auroient été apportées au roi du Tibet ,'de Kethmandou et de la Chine , et la fondation du premier tfewtyiede Bouddhah, à Lasa,
(1) Pian i tian, k. Su, p. . , : ■ ... . w , jf y r ,j
(3) Alphab. lii*t. p. i^8. .< \, \ - w'j.tq ■■
seroit due à la fille du roi de Nipol t devenue femme d'un roi du Tibet qui régnoit dans le premier siècle de notre ère. Je ne prétends pas révoquer en doute ces faits , quelque peu appuyés qu'ils soient , et quoique la chronique qui les rapporte ne me semble avoir qu'une très-foibie autorité. Mais je pense que les rois dont il est ici question ne dominoient pas» à beaucoup près, sur tout le pays que nous nommons Tibet. Il ne faut pas non pins se figurer la contrée même de Lasa, telle que nous la voyons depuis les Mongols, couverte de monastères, et peuplée de moines et de religieuses. Le Tibet n'étoit alors, et n'a continu* d'être long-temps, habité que par des tribus sauvages , sans lettres , sans lois , sans religion. Ce sont les Chinois qui nous l'apprennent , et nous pouvons les en croire , puisqu'ils ont eu des rapports fréquens avec toutes ces tribus. Cela n'empêche pas çu'ii n'ait pu y avoir , dans qœiques parties • «le ce pays, des monastères , des tours , des princes adonnes au culte, de Bouddhah; il seroit surprenant qu'il n'y en eût'pas eu. Khotan et Yerkiyang, où les Chinois ont trouvé de si bonne heure les missionnaires Bouddhistes, sont bien plus loin de la route de l'Hindoustan. . , Y . \ ». ,
Dans le m. e siècle, si ion pouvait s'en rapporter à la chronologie duP.Horace(i),iIy avoitun roi du Tibet qui s'appiiquoit beaucoup à l'étude des livres Bouddhiques que la princesse Chinoise, épouse d'un de ses aïeux, avoit fait traduire en tibétain. Les habitans de Lasa avoient en aversion le culte de Bouddhah et le prince qui le professent ; il$ détruisoient tous les livres et profanoient les temples. On^t venir des religieux de l'Hindoustan pour convertir les peuples » et l'on envoya des Tibétains dans l'Hindoustan pour y apprendre le samskrit. Un Indien nommé Boddkisatoua , que Georgi prend pour le dieu de ce nom , et un Tibétain appelé Peroih s, ma , aidés de plusieurs de leurs confrères, traduisirent entibetain divers ouvrages ascétiques. C'est
(1) On verra plu* bas que la série prochée toute entière de près de quatre des faits qu'il rapporte, doit peut-être, siècles. Dans ce cas, ii fou droit dire au non pas être intervertie, mats être rap- | vil.% au 1X.« siècle, &c.
à eux, dit-on , qu'on doit la traduction Tibétaine du Kandjaur (i), dont nous avons parié à propos de ia version qui en a été faite en mongol. C'est une somme en 108 volumes (a). On en a un abrégé, fait dans le xui. e siècle, par un saint personnage nommé Tsong-khti-pa È sous le titre de Lahorim ou Unt-rim-tik/ien-po, et très-estiraé dans la Tartarie. Ce livre, fort obscur et très-difficile à entendre , avoit été traduit en latin par le P, Desideri ; ij seroit fâcheux qu'un si précieux travail n'eût pas été conservé (3).
Vers le milieu du v. e siècle ( 4 ) » une persécution s'éleva au Tibet contre les Bouddhistes ; on renversa leurs temples , on brûla leurs livres : il s'ensuivit de grands troubles ; le royaume fut divisé, la cour transportée de Lasa dans le pays de Ngari. On fît ensuite revenir de nouveaux Pandits de i'Hindoustan , pour rétablir ia loi ; diverses tentatives furent infructueuses. Un célèbre religieux nommé AtUha vint enfin , et obtint un meilleur succès : ia religion fleurit pendant, quelque temps. La division du Tibet en une fouie de principautés est cause que, pendant plus de trois cents ans, on ignore la suite des faits, non -seulement de ceux qui ont rapport aux lettres
(1) Il ne paroit guère probable que les cent dix volumes du Kandjour aient été apportés, en 1810, à Pétersbourg, comme le bruit s'en répandit alors.
( Voyez Moniteur du 9 avril 1810.) C'est plutôt chez les Bourets que ce livre sacré fut apporté et reçu avec toutes les cérémonies qui sont en usage cher les lamas.
(2) Alphal». Tibet, p.joj.
(3) II de voit se trouver, avec les autres papiers du P. Desideri, dans la bibliothèque de la Propagande. Ce Missionnaire avoit fait des progrès rapides dans le tibétain vulgaire ; et peu après son arrivée , il avoit composé un petit ouvrage où étoicni exposés les points principaux de notre religion. 11 le présenta, en 1717, au roi du Tibet , qui fut surpris de ce qu'en si peu de temps un étranger avoit fait un tel ouvrage. II
voulut même que le Père , et un autre religieux du même ordre, entrassent dans le «jeu vent et l'université de Sara, qui est très-célèbre au Tibet; , pour y apprendre la langue littérale. Je tire ces détails d'une lettre inédite du P. Felice de Montecchio, écrite en 1729.
Une lettre du P. Dominique de Fan© (Lasa, 25 août 1719), nous apprend que les Missionnaires a voient entrepris la traduction de la Bible «0 langue et en caractères Tibétains. — Le P. Desideri (Lettre de Lasa, 15 février 1717) annonçoit aussi nue s'étant remis, dépuis le t." mars (1716), à l'étude de la langue et des livres Tibétains , il espéroit pouvoir, cette année, mettre en ordre une Doctrine chrétienne, une Grammaire et un Dictionnaire.
(4) Voy. la note suivante.
et à la religion , ma.H mcmiè* des J guérres et des autres é*vé*nemens de l'histoire politique*. Vôilti tout Ce qu'on peut tirer de la partie de la chronique du P: Horace qui descend jusqu'au xn. e siècle. Il faut sur-tout bien se garder d'admettre un seul des rapprochemens indiqué par'fè P. Georgi ; car rien n'est plus propre à : embrouiller ertcore urte histoirPque le défaut de matériaux rend déjà' fort obscure.''' '} ■ ' >■
II est fâcheux qu'une lacune de quatre siècles se trouve dans cette chronique , précisément à l'époque où les Tibétains s'élevèrent à une assez haute puissance en Asie, au seul temps où ils aient dominé hors des limites du Tibet (i). Cet espace sur lequel les Tibétains ( s'il eri falloit croire le P. Horace) ti 'au roient conservé aucune tradition , se trouve assez bien rempli par l'histoire des Thou-fon , qui sont les Tibétains proprement dits , telle que les Chinois la racontent. Ils entrent dans de fort grands détails sur les guerres de ces peuples; mais malheureusement ils n'en font coritooître aucun sur leur littérature. Suivant euxmêmes , les Thou-fiin n'auroient point eu de caractères (z) ; ils se seroient servis, dans leurs conventions, de morceaux de bois crénelés , et de cordelettes nouées : particularité qui nous paroît très-peu vraisemblable (3), On les représente comme un amas de tribus féroces encore enfoncées dans la barbarie. Chaque année ils prêtaient à leurs chefs, qui avoient le titre de Tsariphou , un petit serment , à l'occasion duquel on immoloit des moutons , des chiens et des singes. Tous les trois ans on prctoit ie grand serment , et l'on sacrifîoit des hommes, des chevaux, des boeufs, des ânes, La puissance de ces Thou-fm , dont ia capitale étoit Lisa, et dont les frontières touchpient à celles des Brah-
(1) Je soupçonne que cette chronique, dans l'état où nous l'avons, offre une autre défectuosité bien plus grave.
Le Tarmu , qu'on fait 7.» prédécçs#eiuçt aïeul à la */ génération de Lhate , mort en 4 S 6 » roe parojt le Tamo de»
Chinois, qui mourut, suivant eu* , en 842. Rien n'est moins sûr que tout ce
qu'on trouve dans la chronique sur le* temps qui ont précédé ce prince. Je crois les traditions des Chinois infiniment préférables.
(a) Alctouan-lin , k. 334, p. 16.
(3) Voyez plus haut, p. 68.
mânes ,
mânes, étoit contemporaine et pour ainsi dire rivale de celle des Tkang. Dans ce temps, les Chinois ont parfaitement bien connu l'occident; ils ont eu, en particulier, de grands rapports avec ces Thou-fon , et ont conclu des traites avec eux (1). En 64 1 , le prince des Thou-jun obtint en mariage une princesse Chinoise, et sollicita, pour ses en fans, la faculté de venir dans le collège impérial étudier le livre des vers et le Cltou-kiiig (2). En 727, le Tsatt-phou demanda qu'on lui envoyât les cinq Kt ti> , et des livres mystiques (}). Dans le cours du viik c siècle, les princes du Tibet furent alternativement rebelles et soumis à l'empire; c'est-à-dire que souvent ils envoyèrent des ambassades et demandèrent à contracter des alliances, et que d'antres fois ils firent des invasions sur les terres de la Chine. Dans les deux cas , les Chinois ont été lort bien informés de leurs affaires ; ils dominoient alors à Kaschemir, sur le Pourout, et dans ces pays qu'on a nommés , on ne sait pourquoi, le petit Tibet. Ce qu'ils nous disent de l'ignorance des Thou-fan mérite donc d'être cru.
11 faut pourtant essayer de concilier les traditions qui font remonter à l'époque de l'ère chrétienne l'introduction du bouddhisme ,et de l'écriture Indienne au Tibet, avec le silence des auteurs Chinois sur ces deux points importans. Il est très-vraisemblable qua une époque ancienne, les Bouddhiste^ ont fondé des monastères dans quelques parties du Tibet, et y ont apporté des livres qu'ils ont sans doute traduits en tibétain pour les faire lire à quelques prosélytes. Mais la masse de la nation, particulièrement du côté de l'orient, est restée attachée à ses anciens usages, ennemie même du nouveau culte, et a repoussé, autant qu'elle l'a pu, un système philosophique, religieux et littéraire, qui, à cause de la barbarie des habitans, convenoit encore moins à ce peuple qu'aux autres Tartares. Les Chinois ont donc pu dire,
(r) Un de ces traités fut gravé en caractères Tibétain! et Chinois, dans un monument qu'on plaça sur U frontière des deux empires.
(2) Wen hian thoun^ khao \ l. 334.
{3) Utd. p. 2JU
sans s'écarter de la vérité, que les Tibétains n'avoient ni lettres, ni cuite déterminé : ils ne parioient point des monastères Indiens , dont les habitans étoient étrangers au milieu du Tibet.
C'est dans le temps qui s'est écoulé depuis la décadence de la dynastie des Thattg, c'est-à-dire, depuis le commencement du x. e siècle , qu'il faut placer les premiers changemens dans l'état politique des lamas du Tibet ; changemens que nous ne considérons ici qu'à cause de l'influence qu'ils ont eue sur la littérature Tibétaine. La puissance des Tsan -phou fut anéantie : les différentes tribus se séparèrent et formèrent des peuplades de cent ou de mille familles (i). Il n'y eut plus de pouvoir capable de balancer le crédit que les lamas avoient su prendre sur les peuples. La seconde année Thian-tchliing (028), il vint de ce pays une ambassade composée de quatre religieux qui apportèrent une lettre écrite en caractères Fan [Tibétains] ; mais on ne trouva personne qui sût la lire (2). C'est la première fois qu'on fait mention de ces lettres, et de religieux chargés d'une négociation politique. On vit souvent, à cette époque, des princes Tibétains se faire moines, ce qui, vraisemblablement, fournit aux moines l'occasion de devenir princes. Effectivement, en deux siècles et demi, les grands lamas, dont le nom même n'étoit pas connu jusqu'alors, en vinrent à un degré de puissance tel, qu'après les bouleversemens causés par les guerres de Tchinggis et de ses premiers successeurs, Khoubilaï, qui favorisoit le célèbre lama Bâschpa , ne fit , en lui accordant le titre de roi , que consacrer une usurpation à laquelle les peuples du Tibet étoient déjà tout accoutumés.
Il n'est pas de mon sujet d'examiner quels ont été les effets de cette révolution qui a mis le pouvoir temporel entre les mains des lamas, depuis que Bâschpa, le premier des Dalaï lamas, eut été reconnu souverain du Tibet. Mais il est bon de remarquer que , depuis ce temps , la religion de Bouddhah , et
(1) Wen hian thouttg khao , \. 334, p. 2j.
(2) ièU. k. 33J,/>. /.
SUR LES LANGUES T'A RT ARES. 387 fa littérature qui en fait partie , sont devenues florissantes dans cette contrée. Je ne reparlerai plus de ces difFérens alphabets qui furent inventés par les lamas. Mais ies monastères qui se multiplièrent, et ies bibliothèques dont on ies enrichit, les livres qu'on traduisit à grands frais (1) et qu'on écrivit en lettre? d'or, mériteroient de fixer notre attention, si nous connoissions à ce sujet autre chose que de simples mentions dans les histoires des Mongols et de la dynastie des Mitig, et dans les codes et institutions de la dynastie régnante. Les Mongols avoient beaucoup favorisé les lamas, et avoient adopté l'usage d'en attacher un certain nombre à chaque tribu. C'est ainsi que les livres Tibétains ont été portés dans la Tartarie , et jusque sur les bords du Wolga par les Kaimouks. Les lamas Tartares eux-mêmes sont obligés d'apprendre au moins à lire le tibétain , à cause des prières et des invocations en cette langue, qui font partie de l'office journalier.
Ce que nous avons dit dans un des chapitres précédens sur la nature des ouvrages qui existent en mongol, peut et doit s'appliquer aux livres Tibétains: ils ne traitent guère que de sujets religieux ; et selon qu'ils appartiennent à la doctrine secrète, ou à la doctrine vulgaire, on peut seulement espérer d'y trouver des traités de métaphysique ou de morale , ou des romans cosmogoniques et héroïques. Nous avons un échantillon de cette littérature, dans l'extrait d'un ouvrage écrit originairement en samskrit, sur la vie et les dogmes de Chakia-mouni , traduit du tibétain et inséré dans les Mémoires de Pallas (2). Nous avons aussi les titres d'une vingtaine de livres sacrés qui ont été précédemment rapportés en mongol ; et nous savons qu'il existe des syllabaires, des grammaires et des dictionnaires, dont quel-
(1) Du temps de Houng- n on des nvoit jusqu'à io.coo kiou.w. Pian i Mhtg, il y avr.it beaucoup de livres tian , L. 84. p. t. Bouddhiques dans le pays de Ou-sse- {2) Sammlungenliistorischer Nachrichttang. On y trou voit, entre autres, le ten> u . w . f . JJ - ^ /0 . Lang-kia-King, ou livre de Lanka, qui