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CHAPITRE PREMIER

Notions anatomiques

Le mot de centre ovale a été introduit dans la science par Vieussens (1) pour désigner la substance blanche, qui, dans le cerveau, sépare la substance grise corticale des masses grises centrales. Pour l’étudier, Vieussens conseille die pratiquer une coupe horizontale des hémisp-hèresy passant; au-dessus de la face supérieure du corps calleux. Mais il est facile de s’assurer en lisant les descriptions et en étudiant les figures de son ouvrage, qu’il entend désigner ainsi toute la masse médullaire du cerveau et non pas seulement un plan de section déterminé.

Plus tard Vicq d’Azyr appela centre ovale latéral ou petit centre ovale , les figures obtenues par une coupe horizontale des hémisphères pratiquée à un travers de doigt au-dessus du corps calleux (2). L’image fournie par cette coupe est désignée dans nos traités classiques d’anatomie sous le nom de centre

(1) Raymond i Vieussens. — Nevrographiu, universaLü, Lu&jd, 1684, in— fol. avec pi., p. 57 et suiv.

(2) (JEuvres de Vicq d’Azyr. Edition Moreau de la Sarthe. 6 vol. in-rSet atlas iu-4, Paris. 1805, t. VI,. p; 28.

ovale de Vicq d'Azyr et l’on appelle centre ovale de Vieussensla surface de section du cerveau mise à découvert par une coupe horizontale passant immédiatement au-dessus de la face supérieure du corps calleux (1). Mais il est préférable de rendre au mot de centre ovale son acception primitive et de désigner sous ce nom toute la masse de substance blanche qui forme le centre des hémisphères cérébraux et sépare les circonvolutions du corps opto-strié.

L’existence dans le cerveau de deux substances morphologiquement distinctes avait échappé aux anciens anatomistes. La plupart ne voyaient, du reste, dans la masse encéphalique, qu’un tissu informe, inorganisé, homogène, semblable à de la gelée ou de la pommade.

Aristote décrit le cerveau comme un viscère froid, exsangue, inerte, destiné à réfrigérer le cœur (2). Galien qui a reconnu pourtant, l’importance de ses fonctions, qui le fait dériver de la partie la plus pure de la semence et qui le considère comme le premier et le prince des viscères, le décrit comme mn organe blanc et. mou formé d’une écume concrélée (3). •Mistichelli en fait une masse confuse et inorganisée ; Walter .n’en parle que comme d’une bouillie ; d’autres le comparent A un paquet d’intestins difformes ou à un mélange informe -de parties sécrétoires ou excrétoires.

Vésale etPiccoluomini attirèrent tout particulièrement l’attention sur les différences de coloration des diverses parties • de la masse encéphalique (4).

Malpighi, examinant au microscope le tissu du cerveau, trouva la substance grise composée de petites glandes et la substance blanche de fibres nerveuses. Les petites

(.1) .Cruveilhier. — Traité d’anatomie descriptive, 3e édition. Paris, 1832, t. IV, p. 357.

Sappey. — Traité d’anatomie descriptive , 2e édition. Paris, 1871 , t. JII, p. 71.

(2) Cité par Vulpian. — Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux , Paris, 1866, p. 613.

(3) Daremberg. — Exposition des connaissances de Galien sur l’anatomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux, th. doct. Paris, 1841. ri. 222.

(4) Cités par Gall et Spurzheim, — Anatomie et physiologie du système nerveux, 4 vol. in-4 et atlas in-folio, 1. 1, p.334.

glandes, dit-il, « sont d’une ligure ovale, laquelle toutefois est tant soit peu aplatie , parce qu’elles se pressent les unes les autres de toutes parts, faisant ainsi des angles obtus, en sorte que leurs espaces ou intervalles sont presque égaux. Leur superficie est recouverte de la pie-mère et des veines et artères qui pérrètrent profondément leur substance : il sort de leur partie interne une fibre blanche ner- .veuse qui en est comme le vaisseau propre, qu’on peut voir assez clairement au travers de ces petits corps transparents et tous blancs, de manière que la substance médullaire blanche du cerveau est apparemment un tissu et un assemblage de plusieurs sortes de petites fibres jointes ensemble (1). »

Leuwenhœk, Bidlow, Fontana, etc., trouvèrent également la substance blanche composée de fibres microscopiques ou de vaisseaux très-fins. Vieussens se fondant sur les résultats des dissections après la coclion dans l’huile, affirma très-catégoriquement la structure fibrillaire du centre ovale. « Alba ce- « rebri substantia, dit-il, quam passim medullarem, imô et « aliquandô medullam nominabimus, innumeris e fibrillis si- « mul connectis ac veluti plures in fasciculos distinctis cons-

« tatur, quod aperte patet dum hæc in oleo exquoritur

« etc. » (2)

Cette opinion de Vieussens partagée par Sœmmering, Sténon, Cuvier, Gall et Spurzheim, etc., ne fut pas acceptée sans contestations, car des hommes du plus grand mérite, Vicq d’Azyr, les frères Wenzel, Walter, Bichat, Chaussier, etc., niaient encore à la fin du siècle dernier la structure fibrillaire du centre ovale ou du moins la considéraient comme tout-à-fait hypothétique, et le professeur Ackermann, de Heidelberg, adoptant une opinion intermédiaire, prétendait que le cerveau était constitué pendant la vie par une substance pulpeuse et homogène qui se coagulait après la mort en prenant une structure d’apparence fibreuse. Les progrès de l’histologie ont mis un terme à ces controverses, et l’on sait aujourd’hui d’une

(H Ma'pigbi- — Description du cerveau, traduit par Sauvable, p. 88. (2i V ieussens. — Névrographia univer salis, Lugdunum,1684, iu-fol. avec pi. page 34.

façon tout-à-fait positive., que la substance blanche des centres nerveux est formée par des fibres analogues à celles qui entrent dans la composition des nerfs périphériques, séparées les unes des autres par les lames délicates de la névroglic et par un petit nombre de vaisseaux. Mais si l’on est d’accord » sur la nature des éléments dont la réunion constitue le centre ovale, on ne connaît encore que très-imparfaitement les connexions de ces éléments avec les autres parties du système nerveux central. Sans entrer dans la discussion des opinions souvent contradictoires, émises par les anatomistes, sur la nature, et les variétés de ces connexions, je rappellerai brièvement les faits qui paraissent actuellement les mieux établis, car leur connaissance est indispensable pour l’étude régulière des localisations cérébrales.

Parmi les fibres nerveuses qui entrent dans la composition du centre ovale, les unes sont destinées à -relier entre eux deux points différents des circonvolutions, les autres s’étendent de l’écorce aux masses grises centrales ou aux ganglions sous-jacents (1), Il en résulte deux grands appareils, un. appareil d 'association et un appareil d’ irradiation .

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