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II. — Appareil d’irradiation

On sait que les fibres blanches du pied du pédoncule cérébral pénètrent dans le cerveau et forment, au moment de leur entrée dans cet organe, entre la couche optique et le noyau caudé qui sont en dedans, et le noyau lenticulaire qui est en dehors, une zone blanche, très-bien décrite et figurée par Yieussens (3), qui l’ayant observée sur des coupes horizontales, lui donna le nom de Geminum centrum semi-circulare et plus tard par Burdach(4),qui, sur des coupes verticales, la désigna sous le nom de Capsule interne. Après avoir franchi l’espace que laissent entre eux les noyaux centraux, les fibres de la capsule interne semblent pénétrer dans le centre ovale en se dispersant dans toutes les directions. On voit très-bien ces irradiations lorsque, après avoir séparé les deux hémisphères et ouvert le ventricule latéral, on racle avec le manche d’un scalpel la substance grise du noyau caudé. On obtient ainsi une figure élégante et très-nettement rayonnée, que l’on appelle la couronne rayonnante de Reil.

Les rapports de ce système de fibres avec les autres parties de l’axe cérébro-spinal ont très-vivement préoccupé les anatomistes.

Yieussens croyait qu'un certain nombre des fibres du centre ovale partaient de la substance grise corticale, traversaient, sans s’y arrêter, le geminum centrum semi-circulare et descendaient directement dans la moelle épinière. Ces idées

(1) G. Huguenin. - Allgemeine Pathologie der Krankheiten des Nervensy stems, Zurich, 1873.

(2) Appareil de formation de Gall cl Spurzheim, — Système des fibres convergentes supérieures de M. Luys ; — Système dè projection de premier ordre, de M. Meynert.

(3) Raymundi Yieussens. — Nevrographia universalis , Lugdunun, 1864, p. 67, p|. x et XIII.

(4) Burdach. — VomBaue nnd Leben des Gehirns. Leipzick, 1819- 1826, 3 vol. m-4.

furent pendant longtemps assez généralement acceptées. Mais des recherches plus précises montrèrent qu’elles n’étaient exactes qu’en partie, en ce sens que la plupart des libres pédonculaires s’arrêtaient dans les noyaux gris desquels partaient de nouvelles libres se rendant à l’écorce.

Certains anatomistes pensèrent même que toutes les fibres appartenant à l’appareil d’irradiation s’arrêtaient dans les noyaux centraux.

M Luys (1), par exemple, admet que toutes les fibres convergentes supérieures émergent de la substance grise corticale et qu’elles vont toutes aboutir à la substance grise centrale. Parties des différentes circonvolutions, elles se réunissent en faisceaux distincts et indépendants qui viennent se grouper autour de la couche optique. La plupart pénètrent dans cet organe et se mettent en rapport avec ses cellules : les autres, moins nombreuses, se réfléchissent et vont se distribuer dans la substance grise des corps striés. De la couche optique et du corps striépartent de nouvelles fibres qui entrent dans la composition du pédoncule cérébral.

Dans le schéma de M.iLuys, la couche optique et le corps strié affectés à des fonctions différentes, seraient en rapport avec des fibres d'ordre différent. La couche optique représenterait le centre commun de la plupart des fibres parties des circonvolutions et de toutes fibres sensitives périphériques. La substance grise du corps strié recevrait seulement quelques fibres de la substance corticale du cerveau et la plupart des fibres spinales antérieures, c’est-à-dire les fibres destinées à l’exécution des mouvements volontaires.

En d’autres termes, ia couche optique serait le centre des fibres servant à la transmission de la sensibilité et le corps strié, le centre des fibres servant aux mouvements volontaires.

Cette division, si séduisante par sa simplicité, avait été développée par Todd et Carpenteret par Schrœdervan der Kolk (2), mais elle est en opposition avec un si grand nombre de

(1) J. Luys. — Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal. Paris, 186 j.

(2) Schrœdcr van der Kolk. — Pathologie und Thérapie der Geistenkranhheiten. Braunschweig, 1863, p. 20.

faits physiologiques et pathologiques qu’il est impossible de la considérer comme exacte.

D’après Meynert, dont les opinions sur ce point spécial sont généralement acceptées (1), les fibres de la couronne rayonnante (système de projection de premier ordre) se rendraient les unes au noyau caudé, les autres au .noyau lenticulaire ou à la couche optique pour se mettre en rapport avec les cellules de ces noyaux gris.

Mais, en outre, certains faisceaux provenant des pédoncules traverseraient la capsule interne sans s’arrêter dans les masses centrales. L’un de ces faisceaux directs, décrits par Meynert, occuperait la région postérieure de la capsule interne, l’autre la région antérieure du même organe. Le premier serait formé de fibres sensitives : pour le voir (sur le cerveau des singesj il faut enlever la calote des pédoncules, les tubercules quadrijumeaux et la couche optique avec les corps genouillés : on aperçoit alors un faisceau de fibres qui partant de l’écorce du lobe occipital, se recourbe au niveau de l’extrémité postérieure du noyau lenticulaire, plonge dans le tiers postérieur de Ja capsule interne et se continue directement avec les fibres de la partie externe du pédoncule cérébral. Le faisceau direct antérieur occupe la portion moyenne du pédoncule cérébral; ses fibres traversent la capsule interne dans ses deux tiers antérieurs sans s’arrêter dans les noyaux centraux et traversent l’hémisphère correspondant pour aller se mettre en rapport avec les circonvolutions. En se fondant sur des considérations physiologiques, pathologiques ou anatomiques, MM. Vulpian (2), Ilenle (3), Flechsig (4), Broadbent, Guddcn ont été conduits à admettre l’existence de ce faisceau direct antérieur. Selon toutes vraisemblances les libres qui le

(1) Voir Huguenin. — AlVffmeine Pathologie der Krankhciten des Nernensvslem, et Charcot. — Leçons sur les localisations dans les maladies cérébrales , page 83.

(2) Vulpian. — Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux. Paris, 1866, p. 652.

262^ —Handbuch der Nervenlehre. Braunschweig, 1871 ; page

(4) Flechsig. — pie Leitmgsbahnen im Gehirn und Rilckenmarh des Menschen, etc. Leipzig, -1870.

constituent sont affectées à l’exercice de la motilité volontaire et vont se terminer dans les circonvolutions de la zone motrice corticale, en se mettant en rapport avec les grandes cellules pyramidales décrites dans celte région par MM. Belz(l), et Mierzejewski (2). Tout récemment l’étude des dégénérations secondaires d’origine corticale (3), a donné à cette opinion un appui des plus sérieux.

En résumé l’appareil d’irradiation comprend : 1° un certain nombre de fibres se rendant de l’écorce dans le noyau caudé (fibres cortico-striées), dans le noyau lenticulaire (fibres cortieo-lenliculaires), ou dans la couche optique (fibres corticooptiques); 2° deux faisceaux pédonculaires directs, l’un moteur dont les fibres se dégagent des circonvolutions de la zone motrice corticale, traversent la capsule interne dans ses deux tiers antérieurs et gagnent la partie moyenne du pied du pédoncule pour descendre ensuite en suivant la protubérance et les pyramides antérieures jusque dans les faisceaux antéro-latéraux de la moelle, l’autre sensitif dont les fibres partent des circonvolutions latérales et postérieures de l’hémisphère, gagnent le pied de la couronne rayonnante, traversent la capsule interne au niveau de son tiers postérieur et plongent dans le pédoncule où leur position n’est pas encore parfaitement établie (4).

(1) Betz in Kiew. — Anatomis elles Naclimeis zweier Gehirncentra. Centralblatt , 1874.

(2) Mierzejewski. — Etudes sur les lésions cérébrales dans la -paralysie générale. (Archives de Physiologie normale et yathol.) 1875,

(3) Charcot. — Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau ; 1876, p. 162.

Pitres. — Des dégénérations secondaires de la moelle épinière dans les cas des lésions corticales du cerveau. ( Progrès médical , 1377, p. 124.)

(4) D’après Meynert ce faisceau longerait le bord externe du pédoncule. Mais, il n’est pas cerlain qu’il en soit ainsi chez l’homme, car dans une observation publiée par M. Weber (A contribution to the 'pathology of the crura cerebri. In Med. Chir. Trans. vol. xlvi), une lésion de la partie inférieure et interne du pied du pédoncule a été suivie d’une anesthésie du côté opposé du corps.

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