‹ Recherches sur les lésions du centre ovale des hémispheres cérébrauxChapitre 42 sur 116 · FOYER HÉMORRHAGIQUE INTERESSANT LA PARTIE POSTÉRIEURE DE LA · texte numérisé non relu

FOYER HÉMORRHAGIQUE INTERESSANT LA PARTIE POSTÉRIEURE DE LA

PREMIÈRE CIRCONVOLUTION FRONTALE. — ACCES D’ÉPILEPSIE PAR- TIELLE DANS LE MEMBRE SUPÉRIEUR DU COTE OPPOSE (1).

Armand Catherine, 69 ans, salle Sainte-Marthe, n° 7, entrée le 27 novembre 1869 (Service de M. Charcot).

Celte femme avait eu, à une époque indéterminée, des étourdissements et de la céphalalgie. En 1867, hémiplégie gauche sans perte de connaissance. Retour complet du mouvement au bout de deux mois. Le 27, malaise sans perte de connaissance, puis hémiplégie complète du côté gauche, un peu de rotation de la tête. T. 38°. Le soir, on constate par moments dans les membres supérieurs gauches paralysés, de petites secousses convulsives.

Le surlendemain, on peut constater que le mouvement est en partie revenu dans le bras et un peu dans la jambe.

Le 30 au matin, attaque épileptiforme légère, sans perte de connaissance. Convulsions du membre supérieur gauche. Commissure labiale tirée à gauche, torsion des yeux. La malade qui a assisté à toutes les phases de la crise, raconte qu’elle a éprouvé pendant la nuit, plusieurs attaques semblables pendant lesquelles le membre supérieur gauche seul a été le siège de convulsions qui ont été assez fortes pour la soulever sur le lit. Elle affirme n’avoir éprouvé aucune sensation particulière dans le bras.

Etat actuel. Face tournée à gauche, sterno-mastoïdien droit tendu fortement, paralysie faciale à gauche. Rigidité du membre inférieur gauche et du membre supérieur du même côté. Les doigts de la main gauche sont crispés dans la paume de la main. A midi, courte attaque. A Irois heures, nouvelle attaque qui a duré cinq minutes, accompagnée cette fois de perte de connaissance, mais la malade dit qu’elle avait, avant la perte de connaissance, sa main gauche qui commençait à s’agiter. Le soir, le membre supérieur gauche est dans l’extension.

Le lendemain, 1er novembre, il est seulement un peu raide. La raideur du cou a disparu, mais la paralysie faciale gauche est très-accentuée. Membre intérieur très-contracturé dans l’extension : cet état diminue beaucoup dans la soirée.

Le 2 décembre, au matin, la contracture apparaît de nouveau dans les muscles du cou à droite, et aussi dans les membres supérieurs et inférieurs gauches. Ces variations dans l’intensité et

(1) Lépinc. — De la localisation dans les maladies cérébrales, thèse d’agreg. med. Paris, 1873, page 33.

la localisation des contractures, continuent à se manifester les jours suivants. Apparition d’une eschare du côté gauche, au lieu d'élection; en même temps, la maiade se plaint de vives douleurs dans le membre du côté droit. Etat général assez bon. Intelligence conservée.

Jusqu’au 2 janvier, état stationnaire ; mais à partir de celte époque jusqu’au 7 mars, époque de la mort, il se manifeste des signes non douteux de myélite latérale double, avec prédominance à gauche, et compliquée de troubles trophiques des muscles, des membres et de la peau.

Autopsie. — Examen de l’encéphale. — Suffusion sanguine et séreuse des méninges. Les artères de la base ne présentent pas d’athérome. Quelques anévrysmes miliaires à la surface des circonvolutions.

Hémisphère droit. — A la surface pariétale de cet hémisphère, on trouve à la partie postérieure de la circonvolution frontale supérieure, au niveau même du point où elle s’implante sur la circonvolution marginale antérieure, une petite dépression formée par la substance grise corticale amincie et légèrement colorée en jaune. Cette dépression correspond à un foyer hémorrhagique de la grosseur d’une petite noix. A la coupe, ce foyer paraît constitué par un caillot en voie de régression, déjà sensiblement décoloré, et qui s’étend par en bas dans l’épaisseur de la couronne rayonnante, jusqu’à un centimètre environ au-dessus du noyau extra-ventriculaire du corps strié, lequel n’est point touché. On rencontre, en outre, disséminés dans l’ épaisseur de la substance de ce lobe, deux ou trois foyers ocreux de très- petites dimensions.

Hémisphère gauche. — Rien à la surface des circonvolutions. Dans l’épaisseur de la substance blanche, petits foyers de ramollissement miliaire. De plus, au-dessus de l’insula de Rcil, dans le voisinage de l’avant-mur et intéressant la partie antérieure de la capsule interne, on trouve un foyer ocreux considérable. Nombreux anévrysmes dans le voisinage du corps strié. Cervelet sain.

Protubérance et Pédoncules. — Sur la partie médiane de la face inférieure du pédoncule cérébral gauche, on trouve une ligne grise très nette (dégénération descendante). Cependant, la moitié correspondante de la protubérance, ne présente pas d’asymétrie très-nette. Dans le bulbe, la pyramide antérieure du côté droit est grise et atrophiée. Dans la moelle, on trouve une dégénération secondaire très-nette, au lieu d’élection à droite et une teinte un peu grise du côté opposé dans les cordons latéraux.

L’examen microscopique fit reconnaître une double dégénération descendante, plus marquée et plus ancienne à droite, plus récente et aussi moins accusée à gauche. La substance grise présentait, en outre, des traces évidentes d’irritation par propagation.

-Bill n’est pas inutile de signaler, en passant, l’existence, bien constatée dans cette observation, d’une dégénération secondaire de la moelle épinière, dépendant d’une lésion limitée aux faisceaux médullaires.

IV. Lésions des faisceaux frontal et pariétal inférieurs. — Les troubles amenés par les lésions de ces faisceaux paraissent être surtout marqués du côté de la face, et, très-vraisemblablement, la destruction isolée des faisceaux frontal et pariétal inférieurs déterminerait une paralysie isolée de la face, avec ou sans convulsions dans les muscles paralysés.

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