PARIÉTAL SUPÉRIEURS
Brunnet, âgée de 65 ans, est entrée à la Salpétrière le 6 juin 1875. Elle a été frappée d’apoplexie avec perte de connaissance le 11 février 1873. A la suite de cette attaque d’apoplexie, elle est restée hémiplégique du côte gauche, et bientôt les membres paralysés sont devenus le siège d’une forte contracture secondaire et de douleurs vives dans les jointures.
Dans le mois de septembre de la même année, elle eut une attaque épileptiforme, caractérisée par des convulsions, portant exclusivement sur la face et sur les membres du côté paralysé. La tête et les yeux se dévièrent fortement à gauche, puis des secousses convulsives apparurent dans la face et les membres du côté gauche. Cette attaque dura deux ou trois minutes et laissa après elle une céphalalgie qui persista pendant plusieurs jours.
En 1874, la malade eut une seconde attaque semblable à la première. Elle en eut deux autres en 1875 et 1876. Quelques jours avant sa mort elle eut un accès limité à la face et aux muscles des mâchoires. Mort le 10 octobre 1876.
Autopsie. — Les artères de la base de l’encéphale sont modérément athéromateuses. L’hémisphère cérébral gauche est sain: on y trouve seulement une petite lacune sous le noyau extra-ventriculaire du corps strié, au voisinage de la capsule externe. 1 /hémisphère droit ne présente extérieurement aucune lésion en foyer. Mais, en le retournant, il se produit au fond de la scissure calloso-marginale, juste au-dessous du lobule paracenlral, une déchirure de trois centimètres de long, qui met ù découvert un
vieux loyer ochreux, du volume d’une grosse amande, siégeant dans le centre ovale et s’étendant du pied de la première circonvolution frontale au pied du lobule pariétal supérieur, en passant au-dessous de l’extrémité supérieure des deux circonvolutions ascendantes. Les faisceaux frontal et pariétal supérieurs sont ainsi coupés par la lésion (PI. II, fig. 4) au-dessus de laquelle la substance blanche de ces faisceaux a une coloration jaunâtre diffuse.
La substance grise du lobule paraccntral est parfaitement saine. Couche optique normale. Dans le noyau lenticulaire existe une petite lacune du volume d’un grain d’avoine.
La capsule interne du côté droit est moins large que celle du côté gauche, et en examinant sa substance au microscope, on y trouve quelques corps granuleux disséminés au milieu des fibres saines.
Dans toute la hauteur de la moelle, on constate une teinte grisâtre de la partie postérieure du cordon latéral gauche.
Dans une observation, publiée par M. de Beurmann (1), il existait un caillot récent du volume d’une noix dans le faisceau pariétal supérieur. Cette lésion avait donné lieu à une hémiplégie droite complète (face et membres), avec une con- •tracture très-légère et peu durable des muscles de l’avantbras, et à des attaques d’épilepsie partielle caractérisées par des secousses se succédant rapidement et isolément dans les différents muscles du bras, de la jambe et de la nuque du côté droit, les muscles de la face et des yeux ne participant pas aux convulsions.
VII. Lésions des faisceaux pédicido-pariétaux. — Je ne connais pas encore d’exemple de lésion isolée du faisceau pédiculo-pariétal inférieur. En revanche, je dois à l’obligeance de mon collègue et ami, M. Colson l’observation suivante qui paraît démontrer que le faisceau pédiculo-pariétal supérieur ne fait pas partie de l’appareil cérébral affecté à la production des mouvements volontaires.
(1) De Beurmann. — Bulletins de la Société anatomique, 1876, page