‹ Recherches sur les lésions du centre ovale des hémispheres cérébrauxChapitre 50 sur 116 · RAMOLLISSEMENT OU CENTRE OVALE, S’ÉTENDANT JUSQUE DANS LE · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT OU CENTRE OVALE, S’ÉTENDANT JUSQUE DANS LE

FAISCEAU PÉDICULO-FRONTAL INFERIEUR DU COTÉ GAUCHE. — HÉMI- PLÉGIE DROITE. — APHASIE (1). RéSUVlé.

Legall, âgée (le G6 ans, habituellement bien portante, éprouve le 22 novembre 1875, une sensation d’engourdissement dans les membres du côté droit. Peu à peu cette sensation augmente, et sans que la malade ait perdu connaissance, elle se transforme en une hémiplégie droite complète, avec embarras, puis perle de la parole.

A l’entrée de la malade à l’hôpital (27 novembre 1875), on constate une hémiplégie tlaccide, portant à la fois sur les membres du côté droit et sur la moitié droite de la face. Pas de rotation de la tête ni de déviation conjuguée des yeux. La malade entend et comprend ce qu’on lui dit, elle regarde ce qui se passe autour d’elle, mais elle ne peut prononcer aucun son articulé intelligible.

Jusqu’au moment de la mort, qui a eu lieu le 5 décembre, on ne lui a entendu prononcer que les mots aïe, aïe, aïe et oh! mon Dieu !

Autopsie. — On s’attendait à trouver un ramollissement cortical du domaine de la sylvienne. On rencontra les lésions suivantes : Méninges cérébrales saines, non adhérentes. Sur le lobule da plicourbe, et sur le lobule pariétal supérieur du côté gauche, ou trouve deux petites plaques jaunes de quatre millimètres de diamètre. Partout ailleurs la substance grise corticale est tout-à-fait saine.

Un examen attentif de la surface de la troisième circonvolution frontale ne permet de reconnaître aucune altération appréciable de cette circonvolution.

Sur des coupes transversales de l’hémisphère gauche, on trouve un ramollissement central, dillus, occupant la substance blanche du lobe pariétal, et ne correspondant à aucun département vasculaire anatomiquement déterminé. Les bords mal limités se continuent sans ligne de démarcation distincte avec le tissu cérébral voisin. La coloration des parties ramollies est blanche, avec un léger rcllet bleuâtre ; leur consistance est molle, tremblotante, mais elles ne sont pas diltluentes; elles se dissocient même assez difficilement sous un filet d’eau.

(1) J’ai communiqué celte observation à la Société de Biologie (séance du 15 janvier 1876). Elle a été publiée in-extenso, dans la Gazette médicale de Paris , 1876, p. 474.

Pour se faire une idée exacte de l’étendue de la lésion, il est nécessaire de s'aider du microscope et de déterminer par des examens nombreux, les limites de la région dans laquelle il existe une grande quantité de corps granuleux. En procédant ainsi, on trouve que le ramollissement se prolonge en avant jusque dans la substance blanche du pied de la troisième circonvolution irontale. (Yoy. Pl. II, fig. 2.). En arrière, il se termine en pointe à deux centimètres au-delà de l’extrémité postérieure de la couche optique. Sa forme est irrégulière, ovoïde, et dans sa plus grande largeur, vers la partie moyenne du lobe pariétal, il mesure 3 à 4 centimètres de diamètre.

La substance grise des circonvolutions, au-dessus du ramollissement, ne présente aucune altération histologique appréciable. Le corps opto-strié, le lobe sphénoïdal, le lobe occipital sont sains. Il en est de même de tout l’hémisphère droit.

Le faisceau pédiculo-l'rontal inférieur peut encore être atteint secondairement dans certains cas de lésions centrales qui, d’ordinaire, ne donnent pas lieu à de l’aphasie. Les faits de ce genre méritent de nous arrêter un instant.

Les hémorrhagies cérébrales et les ramollissements centraux siègent le plus souvent dans la région de l’avant-mur et de la capsule externe, immédiatement en dehors du noyau lenticulaire. Or, il suffit de-jeter un coup d’œil sur les figures 3, 4 et 5 de la planche I, pour voir combien cette région est voisine des faisceaux inférieurs du centre ovale.

Supposons une lésion de ce genre située à la partie antérieure de l’avant-mur, il suffira qu’elle dépasse de quelques millimètres seulement le bord supérieur du noyau lenticulaire pour qu’elle rompe les fibres du faisceau pédiculo-frontal inférieur (1) et détermine de l’aphasie.

Les faits suivant démontrent que je n’émets pas là une simple hypothèse.

(1) Voir : Charcot. — Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau , 1876, Fig. 24, page 103. — Le trait rouge (13) placé dans la fig. 3 de la planche u de notre travail montre comment le faisceau pediculo-frontal est atteint par une lésion de la région de l’avant-mur s’étendant en hauteur au-dessus du bord supérieur du noyau lenticulaire.

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