III. — De la paralysie
La paralysie, dans les lésions du centre ovale, est le résultat de la suppression de fonction des fibres qui se rendent de l’expansion pédonculaire à la zone motrice corticale. Toute lésion du centre ovale qui interrompt la continuité de ces fibres détermine une paralysie permanente.
Pendant longtemps on a cru que les lésions de la substance blanche ne pouvaient pas produire directement de paralysie des mouvements volontaires.
L’origine de cette opinion remonte à Willis. D’après cet auteur le corps calleux et ses irradiations dans les hémisphères servaient de résidence aux esprits animaux : les lésions de ces parties donnaient lieu aux vertiges, à l’apoplexie, à l’épilepsie, mais non à1 la paralysie : celle-ci était la conséquence des lésions du corps strié, de la couche optique ou de la moelle allongée.
Les idées de Willis sur la pathogénic de la paralysie étaient encore adoptées, il y a à peine quelques années, par un
très-grand nombre de cliniciens, par Todd (1), par Nicincycr (2) etc.
Foville et Pinel Grandchamp (3) pensaient au contraire que la substance blanche était l’organe central de la motilité volontaire et que les paralysies d’origine cérébrale étaient la conséquence directe de ses altérations.
Conçue dans des termes aussi généraux, celte opinion est inexacte. Mais il n’est pas douteux que certaines lésions isolées du centre ovale puissent déterminer par elles-mêmes des paralysies du mouvement volontaire, quand elles interrompent la continuité des fibres qui réunissent le zone motrice corticale à l’expansion pédonculaire.
Ces paralysies sont croisées, c’est-à-dire qu’elles siègent sur le côté du corps opposé à l’hémisphère lésé, et jusqu’à présent on ne connaît aucun caractère clinique qui puisse les l'aire distinguer des paralysies d’origine corticale. Dans les deux cas, si la lésion est étendue, on observe une hémiplégie complète, si la lésion est limitée elle se traduit par des paralysies isolées de la face ou des membres (monoplégies.)
Ces paralysies sont permanentes, incurables. Serres croyait que lorsque la substance blanche cérébrale avait été détruite en un point, la paralysie qui en était la conséquence pouvait guérir par suite de la reproduction des fibres nerveuses. Cette opinion n’a, à 'priori, rien d’invraisemblable. Nous savons, en effet, que les fibres nerveuses périphériques, séparées de leur centre trophique, peuvent, après avoir suivi les phases ordinaires delà dégénéralion, se régénérer, se reproduire et reprendre leurs propriétés momentanément perdues. Mais jusqu’à présent, aucun fait clinique positif, aucune observation histologique directe ne démontrent que les choses se passent ainsi dans les fibres des centres nerveux.
« A clôt or un absccss or a tumonr in the micldlc oi' lhe centruîîi ovale, will not producc puralysis, if il do not cause pressure or interfère materially witli any of the libres of the corpus striatum. » (Todd.— Clinical lectures, 2- édition, Londres, 1861, page 62o.)
(2) Nicmeyer. — Eléments de pathologie interne, traduits par MM. Cul- .mau et Scngel, t. II. p. 206.
(3) Foville et Pinel Grandchamp. — Sur le siège spécial des différentes 1 onctions du système neroeux , 1823.
Il est déjà établi depuis longtemps que les altérations destructives de la capsule interne donnent lieu à des paralysies incurables. On peut dire aujourd’hui que toutes les fois que les fibres pédonculaires motrices sont détruites, soit dans la capsule interne, soit dans leur trajet intra-hémisphérique, il en résulte une paralysie permanente et incurable.