‹ Recherches sur les lésions du centre ovale des hémispheres cérébrauxChapitre 61 sur 116 · INONDATION VENTRICULAIRE. — HÉMIPLÉGIE SANS CONTRACTURE · texte numérisé non relu

INONDATION VENTRICULAIRE. — HÉMIPLÉGIE SANS CONTRACTURE

Bernard, 84 ans, était entrée à la Salpétrière comme indigente : elle n’avait aucune infirmité. Le 24 novembre 1876, à 5 heures du soir, on la trouva sans connaissance dans les latrines. On la transporta aussitôt à l’infirmerie (service de M. Charcot), où elle revint peu à peu à elle. Le lendemain malin elle est dans l’étal suivant : Décubitus dorsal. Pas de rotation de la tête ni de déviation conjuguée des yeux. Intelligence très-obtuse. La malade parle peu, elle répond par monosyllabes aux questions qu’on lui pose, elle n’est pas aphasique.

Il est difficile de savoir si la face est paralysée parce que la bouche est déviée par l’absence de plusieurs dents d’un côté ; la langue peut être tirée hors de la bouche et n’est pas déviée. Le bras et la jambe du côté gauche sont complètement paralysés : aucun mouvement volontaire ne peut être exécuté avec ces membres : soulevés, ils retombent inertes sur le lit. Pas de traces de contracture. Pas de convulsions. Les membres du côté droit ont conservé leur tonicité normale et leur motilité volontaire.

Mort le 27, à 7 heures du matin, sans qu’on ait constaté à aucun moment de la raideur dans les mouvements provoqués des membres du côté gauche.

Autopsie. — Méninges normales. La pie-mère se détache trèsfacilement de la substance cérébrale.

L’ hémisphère cérébral gauche pèse 61 0 grammes ; les circonvolutions ne présentent à leur surface rien d’anormal ; sur des coupes on aperçoit de loin en loin quelques anévrysmes miliaires. Le ventricule latéral renferme une petite quantité de sérosité sanguinolente.

L ’ hémisphère droit pèse 550 grammes. Le ventricule latéral est rempli de sang fraîchement coagulé. Après avoir entraîné ce sang par le lavage, on remarque une déchirure en forme de V située sur la paroi ventriculaire. Une branche du Y est verticale et coupe la couche optique à sa partie moyenne, elle remonte

même au-dessus de la couche optique jusqu’au bord supérieur du noyau caudé. De son extrémité supérieure part une seconde déchirure oblique qui se dirige horizontalement en arrière en suivant à peu près la direction du noyau caudé. Ces deux déchirures limitent, par conséquent, un lambeau triangulaire, flottant dans le ventricule et comprenant la moitié postérieure de la couche optique et du noyau caudé. Sur des coupes, on constate que le foyer siège dans la substance même de la couche optique et qu’il envoie un prolongement qui, après avoir coupé transversalement la capsule interne, pénètre dans le deuxième segment du noyau lenticulaire.

Protubérance et bulbe sains.

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