SUR
J'ai annoncé que je suspendrais pour deux séances le sujet auquel j'ai consacré les conférences de cette année, l'histoire des déviations DE l'épine, pour m'occuper des luxations congénitales. Je vous dois compte des motifs de cette interversion. Il a été donné , parmi les sujets de thèse du concours actuellement ouvert à la Faculté de médecine, la question des luxations congénitales. Cette question a fait longtemps l'objet de mes recherches; et, par le peu de mots que je vous en ai dits à propos des cas qui se sont présentés dans le service et à la consultation, vous savez que je rattache les luxations congénitales, comme toutes les difformités articulaires congénitales, à la même théorie et à une seule et même cause. Or, mes idées, en ce qui concerne spécialement les luxations congénitales, n'ayant encore été exposées nulle part avec les détails qu'elles exigent pour être suffisamment comprises , j'ai cru devoir, à l'occasion d'une circonstance où elles seront nécessaire-
Ci) Nous avons conservé à l'exposition de ces recherches la forme quelle nous les avons présentées.
ment examinées, leur donner quelques développemens qui empêchassent de les juger sans les connaître. Je crois devoir vous faire remarquer de prime abord que la date de leur première apparition dans la science n'est pas aussi récente que pourrait le faire croire le silence de certains auteurs qui se sont occupés de cette mutière. Ainsi, deux rapports , qui ont été faits il y a peu de temps à l'Académie de médecine , sur plusieurs cas de luxations congénitales, et dont l'un a donné lieu à une longue discussion sur la matière, ne mentionnent même pas les idées et les faits que j'avais fait connaître il y a déjà quatre ans , idées et faits qui se trouvent explicitement indiqués dans le rapport de l'Académie des sciences sur les ouvrages envoyés au concours pour le grand prix de chirurgie, ouvert en 1832, 1834 et 1836. Cette remarque n'est pas une réclamation; car je pouvais mieux la placer, si j'en avais eu l'intention, à l'époque des rapports et de la discussion que je viens de rappeler. Je ne veux par là que prévenir des objections contre la date que j'assigne à mes idées , et montrer en même temps qu'il m'importait assez peu qu'on en tînt compte avant que j'eusse publié les vues et les faits sur lesquels elles reposent. Il n'en est pas de même aujourd'hui. Il y a un temps de maturité pour toute chose. Mes recherches et mes idées sur les difformités congénitales autres que les luxations sont maintenant connues de tous ; elles éveillent naturellement les conséquences et les applications dont elles sont susceptibles : et parmi ces dernières , on peut compter leur application aux luxations congénitales. Or, pour ne pas laisser à d'autres le soin de faire ces applications, et surtout pour ne pas les laisser incomplètes ou inexactes, j'ai cru devoir vous les exposer dans les conférences qui vont suivre.
Je diviserai ce que j'ai à vous exposer sur les luxations congénitales en deux parties, l'une théorique ou scientifique , comprenant l'étiologie, l'histoire topographique et le mécanisme de production de ces luxalions; l'autre, pratique, comprenant l'exposition de toutes les circonstances pathologiques relatives à la réductibilité des luxations, et l'indication des moyens propres à préparer, effectuer, consolider, ou suppléer la réduction de ces luxations.