DEUXIÈME PARTIE
l. — Du siùse de quelques hémorragies méniug-ées. — 1° Hémorragies dans la grande cavilé de raraclinoïde — la quantité de sang est extrêmement variable. — Petites hémorragies : le sang est tantôt disséminé çà et là en caillots, tantôt réuni en une couche étendue à la surface du cerveau; dans les deux cas l'épanchement est enveloppé d'un double feuillet pseudo-séreux formant un véritable kyste par lequel le sang est isolé de la grande cavité de l'arachnoïde — les deux feuillets du kyste constituent, en se réunissant à la circonférence de l'épanchement, une membrane unique qui s'étend plus ou moins loin — le feuillet exlerne de la poche et la membrane qui le continue adhèrent le plus souvent d'une manière plus ou moins intime à la face interne de la dure-mère. — Hémorragies considérables : la pseudo membrane formant les parois du kyste est plus forte et plus résistante que celle qui enveloppe les très petits caillots; le sang reste en partie liquide. — Observations d'hémorragies entre la dure-mère et l'arachnoïde pariétale publiées par Rostan, Andral et Blandin. — Cruveilhier et Menière ont dit aussi avoir vu des faits semblables ; dans tous les cas, les épanchements étaient plus ou moins étendus, adhérents h la face interne de la dure-mère et circonscrits inférieurement par une membrane mince, transparente, se continuant sur la face interne de la dure-mère — cette membrane a dans tous les cas été regardée comme le feuillet pariétal de l'arachnoïde. — En comparant entre eux les faits que j'ai cités et ceux rapportés par les auteurs, on voit que les hémorragies de la cavité de l'arachnoïde ont une gi-ande ressemblance avec celles qu'on croitavoir eu lieu entrela duremère et sou feuillet séreux décollé. — Les observations d'hémorragies ti'ès étendues entre la dure-mère et l'arachnoïde décollée, publiées jusqu'ici, manquent des détails nécessaires — elles ont besoin d'être confirmées par de nouveaux faits et jusque-là il est permis de les révoquer en doute. — Tranformations successives que subit le sang épanché. — Si le sang est épanché en petite quantité et étalé en une couche mince, il est bientôt enveloppé par deux feuillets pseudo-membraneux, au-dessous desquels s'en forment successivement plusieurs autres; — l'épanchement finit par disparaître au milieu de ces feuillets pseudo-membraneux; — la décoloration peut
TABLE ANALYTIQUE
devenir complète et la couche sanguine se transformer à la longue en une sorte de membrane fibreuse — dans les hémorragies plus considérables, le sang est enveloppé dans une poche qui s'épaissit peu à peu par la superposition successive de plusieurs feuillets ; — le sang contenu dans Tintérieur de cette poche se sépare ordinairement en caillots fibrineux qui adhèrent à sa face interne et forment parfois des cloisons inégales, et en une partie liquide plus ou moins décolorée
— la masse du sang se transforme aussi quelquefois en un magma épais et d'une couleur variable — le sang épanclié peut, dans certains cas exceptionnels, être complètement résorbé
II, — Sclérose de la substance blanche superOcielle des circonvolutions du cerveau dans la paralysie générale. — L'une des principales lésions de la démence paralytique est une induration sj^éciale de la substance blanche des circonvolutions. — On constate cette lésion en grattant la couche corticale avec le dos d'un scalpel. — Les prolongements fibreux qui supportent la substance grise sont transformés en crêtes résistantes et élastiques. — Ces crêtes, parleur forme et leur consistance, rappellent quelquefois la forme et la consistance de Tépiglotle.
— Dans quelques cas, la lésion peut être très limitée et être alors facilement méconnue. — Mémoire de M. Hegnard sur ce sujet. — Le docteur Tuczeck a constaté une espèce de sclérose sous-corticale dans les lobes antérieurs
m. Sur une altération du cerveau caractérisée par la séparation de la substance g-rise et de la substance blanche des circonvolutions dans la paralysie générale. — Chez certains aliénés paralytiques, il se fait entre la substance grise et la substance blanche des circonvolutions un travail pathologique qui amène peu à peu la séparation des deux substances. Quand cette séparation est devenue complète, les membranes adhérentes à la superficie entraînent la couche corticale dans toute son épaisseur et on trouve au-dessous les crêtes de la substance blanche lisses mais plus ou moins indurées. — On peut aussi mettre à nu la substance blanche d'une ou plusieurs circonvolutions qui s'enlèvent complètement aussi bien dans le fond des anfractuosités que sur le sommet. — Quand l'altération est au premier degré, on la reconnaît à une ligne de séparation beaucoup plus marquée que dans l'état normal. — On rend l'altération plus évidente en mettant la pièce sous l'eau. — Recherches de Rey sur ce sujet. — Fréquence de l'altération.
ÏAIJLE AMALYTIQUli;
— Elle serait propre à la paralysie générale. — A celte altération se rattache ce que le docteur Tuczek a décrit sous la dénomination de sclérose de la lisière des circonvolutions. . daft
IV^. — De la cause anatoinique de quelques hémiplégies incomplètes observées chez les déments paralytiques. — Ces hémiplégies observées déjà par Esquirol et Georget. — Leur cause anatomique restée inconnue. — Calmeil recommande de la rechercher. — Les faits que j'ai recueillis tendent à prouver que ces hémiplégies peuvent être expliquées par un degré plus grand d'atrophie dans l'hémisphère opposé. — Cette atrophie peut n'être pas assez considérable pour être révélée par la simple inspection du cerveau — on la constate alors en pesant comparativement les deux hémisphères. — Quatre observations dans lesquelles les diiïérences de poids ont varié de 48 à 61 grammes. — On s'accorde à attribuer les hémiplégies passagères chez les aliénés paralytiques à des congestions unilatérales. — Ces congestions se reproduisent souvent sur le même hémisphère. — La paralysie générale débute par un état congestif, suivi dans les dernières périodes par l'atrophie du cerveau. — L'atrophie prédominante dans l'un des hémisphères peut donc être expliquée en l'absence de toute autre lésion par les congestions unilatérales dont cet hémisphère a été le siège et qui ont été suivies d'une atrophie plus rapide que dans l'hémisphère opposé 177
V. — Du poids comparé du cerveau et du cervelet dans la démence paralytique. — Dans la démence paralytique, l'atrophie des hémisphères cérébraux est souvent assez grande pour qu'ils aient perdu plus de 200 grammes do leurs poids. — Les hémisphères cérébelleux au contraire conservent leur poids normal. — Il y a donc dans la démence paralytique, au point de vue de l'atrophie, indépendance complète entre les hémisphères cérébraux et les hémisphères cérébelleux. — Ce fait est démontré par cinquanle-sept observations de démence paralytique dans lesquelles on a pesé comparativement les hémisphères cérébraux et les hémisphères cérébelleux. — Dans vingt-deux de ces observations, les hémisphères cérébraux avaient perdu 2o2 grammes de leur poids normal et les hémisphères cérébelleux 6 grammes seulement. — Le rapport du poids du cerveau à celui du cervelet qui dans l'état normal est comme 6 est à i, n'était plus dans ces 22 cas que comme 5 est à i. — Les hémisphères cérébraux peuvent perdre, dans la paralysie générale, plus d'un quart de leur poids. — Le cervelet au contraire conserve son volume et perd à peine quelques grammes lOG
BAILLAnOER. U.
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l'ACES.
VI, De la coloration ardoisée du cerveau dans
la paralysie générale el de ses rapports avec les escarres du sacrum. — l.es rapports de la coloration ardoisée et des escarres du sacrum n'avaient point été signalés. — La teinte varie beaucoup — quelquefois très foncée, presque noire — ardoisée verdàtre — simplement verjj-^ti^e. — La lésion occupe dans tous les cas toulerépaisseur de la substance grise et s'arrête brusquement à la substance blaiicbe. — Les circonvolutions, siège de la lésion, peuvent conserver leur consistance normale, mais le plus souvent sont un peu plus molles. La perte de consistance peut aller jusqu'au ramollissement. Le siège le plus fréquent est la base du cerveau et du cervelet. — Dans la moitié des cas environ l'odeur est plus ou moins fétide. — Rechercbes microscopiques.— La pie-mère souvent infiltrée de pus. — Observations qui prouvent les rapports de la coloration ardoisée et des escarres du sacrum -0