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ARTICLE III

Des motifs sur lesquels on jïeut s'appuyer pour mettre en doute l'existence des hémorrhagies considérables qu'on dit avoir rencontrées entre la dure-mère et l'araclinoïde pariétale décollée.

De la ressemblance entre les hémorrhagii;s enkystées de la cavité de l'arachnoïde ET celles qu'on DIT AVOIR RENCONTRÉES ENTRE LA DURE-MÈRE ET SOM

feuillet séreux décollé, et de la possibilité de confondre ces deux sortes d'épakcuements.

Si l'on compare entre eux les faits que j'ai cités jusqu'ici, on restera bientôt convaincu que les hémorrhagies de la cavité de l'arachnoïde ont une grande ressemblance avec celles qu'on croitavoir eu lieu entre la dure-mère et sonfeuillet séreux décollé.

QuVt-on trouvé dans les observations rapportées par MM. Rostanet Andral?

Des poches membraneuses très étendues existant à la face interne de la dure-mère et contenant du sang.

Comment renconlre-t-on certains épanchements sanguins de la cavité même de l'arachnoïde?

Dans des poches membraneuses adhérentes aussi à la face interne de la dure-mère.

M. le professeur Rostan et M. Thibert ont pensé que le feuillet qui limitait l'hémorrhagie était l'arachnoïde pariétale décollée. M. Thibert ajoute qu'elle était épaissie etrouge.

Dans l'observation de M. Longet et dans celle que j'ai rapportée, on a trouvé la membrane qui circonscrivait l'épanchement, lisse, polie, transparente, offrant, en un mot, toutes les apparences de l'arachnoïde; mais on n'en a pas moins constaté que ce n'était qu^un feuillet pseudo-séreux de nouvelle formation.

Pai d'ailleurs fait remarquer, comme une analogie de plus, la manière dont la pseudo-membrane, dans ces derniers cas, se terminait à la face interne de la dure-mère. Elle s'y perdait d'une manière insensible, et on ne pouvait reconnaître le point où elle finissait; de sorte que sous ce rapport elle se comporte comme le ferait le feuillet pariétal lui-même.

Un troisième caractère commun aux deux espèces d'hémorrhagies, c'est leur extrême étendue.

Le sac membraneux occupait presque tout le côté gauche de la tête, dans le fait rapporté par M. Rostan; les trois quarts postérieurs de la paroi latérale du crâne, dans une des observations recueillies par M. Thibert,

Le kyste trouvé par M. Longet s'étendait depuis la suture qui unit le frontal aux pariétaux jusque dans les fosses de l'occipital.

Enfin, les deux poches décrites par M. Thibert, dans sa seconde observation, avaient presque la même situation et la même étendue que les deux kystes que j'ai moi-même rencontrés.

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M. BlancHn, comme on l'a vu plus haut, a dil que les L'panchemenLs entre la durc-mèro et le feuillet séreux qui la tapisse étaient toujours très exactement circonscrits ; mais ce caractère ne saurait les distinguer des liémorrliagies enkystées de la cavité de l'arachnoïde. Dans les deux observations que j'ai rapportées, tout le sang-, en effet, était contenu dans les poches, et il n'y en avait aucune trace en dehors de leur cavité.

Il y a donc un premier fait bien évident, c'est que rien ne ressemble plus aux hémorrhagies entre la dure-mère et l'arachnoïde décollée que les hémorrhagies dans la cavité même de l'arachnoïde.

On conçoit d'ailleurs parfaitement comment on doit naturellement penser au décollement de l'arachnoïde pariétale, lorsqu'on rencontre ainsi, à la face interne de la duremère, une poche membraneuse remplie de sang. Sans doute, ce décollement est assez difficile à comprendre, surtout lorsque l'épanchement est très étendu; mais s'expliquera-t-on beaucoup plus facilement comment une hémorrhagie qui s'est faite dans la cavité de l'arachnoïde, quatre jours avant, par exemple (observation de M. Rostan), se trouve maintenant à la facB interne de la dure-mère parfaitement circonscrite dans une poche membraneuse? Comment surtout cette hémorrhagie n'a laissé aucune trace dans la cavité de la membrane séreuse ?

On comprend aussi l'embarras dans lequel on a pu quelquefois se trouver pour déterminer le siège de certains épanchements, et on ne s'étonnera point que ces faits aient été l'occasion de discussions. Ces discussions ont, en effet, eu lieu k plusieurs reprises. M. A. Bérard, dans le compte rendu des travaux de la Société anatomique, s'exprime ainsi à l'occasion de deux observations lues à cette Société :

« Malgré l'adhérence intime du feuillet pariétal de l'arach-

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iioïdc à la dure-mère, plusieurs praticiens ont rapporté des cas d'épanchements siégeant entre ces deux membranes décollées. Quelques-uns d'entre vous ont cru voir un nouvel exemple de ce genre d'épanchement sur une pièce qui vous a été envoyée de l'hôpital des Enfants, par M. Gouraud. Une grande quantité de sérosité sanguinolente était renfermée dans un kyste qui occupait toute la voûte du crâne, et même s'étendait vers la base en avant et sur les côtés. Les parois de ce kyste, du côté du crâne, étaient évidemment formées par la dure-mère ; mais la membrane qui bordait l'épanchement du côté du cerveau a paru à quelques membres trop épaisse et trop résistante pour appartenir simplement à l'arachnoïde pariétale épaissie, en sorte qu'ils ont pensé que le siège de l'épanchement pouvait bien exister entre deux feuillets de la dure-mère.

« Je dois, continue M. Bérard, rapprocher de ce fait la fausse membrane que M. Fabre vous a fait voir ; elle recouvrait tout le cerveau, et renfermait, dans une partie de son étendue, un kyste plein de sang coagulé. M. Fabre a pensé que ces productions morbides étaient situées dans la cavité de l'arachnoïde, mais cette opinion a été combattue par MM. Manec et Michon, qui ont dit avoir rencontré de semblables lésions évidemment renfermées entre deux feuillets de la dure-mère (1). »

Le siège de l'hémorrhagie, dans l'observation que nous avons empruntée à M. le Longet, n'a pas été reconnu de prime abord. La pièce, avant d'être apportée à la Société anatomique, avait été examinée par plusieurs médecins, et le siège n'avait pas encore été fixé. La meilleure preuve que j'en puisse donner, c'est que M. Prus, dans le service duquel l'observation avait été recueillie, l'a intitu-

(1) Compte rendu des travaux de la Société anatomique, pour l'année 1830, p. 8.

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lée : Épanchemcnt apoplectique ayant son s'iegcprésicmé dans la cavité arachnoïdienne (1).

Le sièg-e de cet épancliement ne fut même fixé à laSociété anatomique qu'après un commencement de discussion, dans laquelle on fit de la circonscription de l'épanchement une objection contre ceux qui plaçaient l'hémor- I rhagie dans la cavité de l'arachnoïde. C'est dans cette discussion que je fis part à la Société des faits que j'avais observés. Pour nous, la fausse membrane qui formait la poche ne devait être que le feuillet inférieur d'un kyste adhérent à la face interne de la dure-mère ; ce kyste put, en effet, bientôt être détaché, et le siège de l'épanchement devint dès lors évident pour tout le monde.

Cependant, dans les hémorrhagies anciennes, le décollement de la poche pourrait ne pas lever tous les doutes.

Voici ce que dit M. Ribes, à propos d'un de ces kystes sanguins, trouvé dans la cavité de l'arachnoïde, et dont il avait fait l'examen avec MM. Magendie, Breschet et Rochoux : « Un de mes confrères pensait que le sang- s'était d'abord épanché entre la dure-mère et l'arachnoïde qui la tapisse; il fondait son opinion sur ce qu'il croyait que l'arachnoïde n'existait plus sur la portion de la dure-mère qui correspondait au kyste. »

Alors, en effet, comme l'a observé M. Calmeil, la duremère est « inégale, dépolie, criblée de petits trous qui cor- I respondaient probablement à des tuyaux vasculaires rompus ». Ce qui rend le cas plus difficile encore, c'est que la face inférieure du kyste, en contact depuis longtemps avec l'arachnoïde cérébrale, a pris tous les caractères qu'a perdus la face interne de la membrane fibreuse. On pourra même soulever un feuillet séreux, à la surface de ce kyste,

(1) Journal des transactions médicales, septembre 1834.

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