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d'avoir été alilés. Une fummo, qui offrait depuis plus d'un au les symplômcs de la première période de la paralysie générale, conservait encore loules lës apparences de la santé, lorsqu'elle tomba tout à coup dans la mélancolie hypochondriaque. Six semaines après, elle succombait avec une gangrène des deux pieds. Le délire hypochondriaque n'est donc pas seulement un symptôme dans certaines formes de la paralysie générale ; il faut ajouter que c'est un symptôme grave et un signe pronostic fâcheux.
J'arrive, messieurs, au second point qui fait l'objet de cette note, au délire hypochondriaque considéré comme signe précurseur delà paralysie générale. Là, en effet, est surtout l'intérêt pratique.
En voyant les conceptions délirantes dont j'ai parlé éè reproduire si souvent chez les paralytiques atteints de mélancolie, j'ai dû accorder au même délire une attention spéciale lorsque j'p f ai obserye chez des malades qui n'offraient encore aucun signe de paralysie. J'ai pu constater déjà dans un assez grçmd nombre de cas que heaucoup de ces malades avaient plus tard été atteints de paralysie générale.
Je suis bien loin, assurément, de regarder cette terminaison comme constante; mais elle est, à mon avis, si fréquente dans cette forme de mélancolie, qiie celle-ci mérite une place à part et que son pronostic est beaucoup plus grave. Je me borne donc à établir que le délire hypochondriaque constitue dans la mélancolie une présomption o-ravede terminaison parla démence paralytique, et qu'il est un élément de plus pour ce pronostic.
M. le docteur Combes a publié dans sa thèse l'observation d'un malade atteint d'une lypémanie avec stupeur, offrant des symptômes graves. Cependant rien n'indiquait que ce malade dut plus lard être atteint de paralysie géné-
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ralo; après quinze mois, il sortit guéri clc l'asile où il avait été soigné.
En lisant cette observation, je fus frappé de l'existence de. certaines conceptions délirantes de nature liypocliondriaquo: le malade, en effet, avait cru qu'il allait mourir, si même il n'était déjà mort; il prétendait que ses membres étaient anéantis, qu'il ne les avait plus, etc. Cette donnée me parut suffisante, et j'écrivis à M. Combes pour savoir ce que le malade était devenu. Sa réponse confirma le pronostic. J'appris, en effet, qu'après avoir repris pendant une année des fonctions assez importantes, l'ancien mélancolique avait été atteint de paralysie générale.
On voit que, dans ce fait, si l'on eût tenu compte du délire, liypochondriaque comme signe pronostique, on aurait pu annoncer avec de grandes probabilités la paralysie générale plus de deux années à l'avance.
Sans doute, il peut paraître étrange qu'on puisse ainsi s'appuyer sur une certaine forme de délire pour prédire la désorganisation du cerveau ; mais ce fait, si singulier qu'il paraisse, n'est que le second du même genre pour ce qui a trait à la paralysie générale.
Depuis les beaux travaux de Bayle, il n'est pas un médecin qui mette en doute que le délire des grandeurs est, dans beaucoup de cas, le signe précurseur de la démence paralytique.
Il y a plus de trente ans qu'''un aliéniste distingué, confirmant l'opinion de Bayle, écrivait que ce délire mérite d'autant plus de fixer l'attention, que très souvent il peut servir à diagnostiquer la paralysie générale plusieurs mois à l'avance. Des observations par centaines ont depuis établi ce fait.
Or, si le délire dos grandeurs permet, dans la monomanic et la manie, de prédire la paralysie générale plusieurs
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mois et quelquefois même plusieurs années à l'avance, pourquoi n'en serait-il pas ainsi du délire liypochondriaque dans la mélancolie ?
Quant à l'explication de ces faits, je n'essayerai pas de la donner, etj'ajouterai que c'est en vain qu'on a cherché jusqu'ici à se rendre compte do la relation qui existe entre le délire ambitieux et la paralysie générale. Quelle que soit d'ailleurs l'explication qu'on propose, je rappellerai qu'on devra tenir compte d'un fait très remarquable et généralement peu connu.
Je veux parler de la fréquence relative de la paralysie générale chez les femmes des différentes classes de la société.
Tandis que la maladie est également fréquente chez les hommes de toutes les classes, on observe au contraire, pour les femmes, la différence la plus singulière.
La paralysie générale, très commune chez les femmes des classes pauvres, est très rare, au contraire, chez les femmes des classes riches.
Ce fait a certainement été oublié par ceux qui ont voulu expliquer le nombre plus grand des folies ambitieuses par le développement des idées de spéculations, par le désir plus général d'arriver rapidement aux honneurs et à la fortune.
Je crois donc qu'il faut, jusqu'à nouvel ord'-e, se borner à constater que le délire des grandeurs et le délire hypocliondriaque sont, dans beaucoup de cas, mais dans des conditions différentes, des signes précurseurs de la paralysie générale.
J'ai cru utile de signaler, dans cette note, le second de ces faits. Quant au premier, il était depuis longtemps connu, et j'ai eu souvent occasion de faire ressortir tout ce qu'il avait de curieux au point de vue psychologique.