GDÉRISON DE LA FOLIE PARALYTIQUE
Dans un mémoire reproduit plus haut et qui a pour titre : De la démence paralytique et de la manie ambitieuse, je signalais comme l'un des faits les plus remarquables de l'histoire de la manie ambitieuse la tendance aux phénomènes critiques, et j'ajoutais que « des abcès, des furoncles, des anthrax, voire même des eschares, paraissaient avoir une influence décisive sur la solution heureuse de la maladie (1) ».
Pour démontrer ce fait, j'avais réuni dix [observations dans lesquelles la guérison avait été précédée de suppurations abondantes : — Plaies nombreuses développées sur diverses parties du corps ; — abcès du foie ; — abcès des jambes; — écoulement purulent des oreilles; — éruption de furoncles qui avaient beaucoup suppuré; — œdème aigu des jambes avec eschares; — eschares développées sur diverses parties du corps.
(1) Annales médico-psychologiques, 1858.
438 INFLUENCE DES SUPPURATIONS
Dans deux cas, la guérison s'était produite à la suite de l'ampulation de la cuisse.
Depuis 1858, on peut trouver dans les recueils un grand nombre de faits tendant à démontrer l'influence heureuse des suppurations sur les rémissions, les guérisons temporaires ou définitives de la folie paralytique. On a aussi publié sur ce sujet plusieurs travaux spéciaux.
Il est remarquable que, dans certains cas même, la maladie s'arrête et rétrograde, alors qu'on aurait pu prévoir une mort prochaine .
« Des sujets couverts d'eschares, dit Marcé, gâteux arrivés à un état de marasme et d'épuisement profond, ne pouvant se soutenir sur leurs jambes et dans un état de démence complète, ont été vus reprenant des forces, parlant plus librement, récupérant même la plus grande partie de leurs facultés intellectuelles, et se sont soutenus dans cet état pendant des années entières. Bien plus, quelques faits font exception à la règle générale qui veut que toute rémittence soit suivie d'une rechute et d'une terminaison fatale.
« Dans un cas signalé par M. Ferrus et cité par M. Lasègue, le malade, qui était dans un état cachectique des plus fâcheux, eut une rémittence complète et sa guérison se maintint pendant vingt-cinq ans (1). »
Il importe de faire remarquer que les malades dont parle Marcé et chez lesquels s'opèrent de si étonnantes transformations étaient couverts d'eschares et que ces eschares n'ont guéri qu'après avoir entretenu une suppuration plus ou moins abondante.
Dans le cas observé par Ferrus et que rappelle aussi Marcé, le malade n'était pas seulement dans l'état cachec-
(i) Marcé. Traité des maladies mentales, p. 444