‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 35 sur 122 · SUR LA GUÉRTSON DE LA FOLIE PARALYTIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA GUÉRTSON DE LA FOLIE PARALYTIQUE

tique lopins fâcheux; mais, en outre, « des escliarcs avaient creusé la peau au-dessous des saillies osseuses. »

Je pourrais ajouter ici un assez grand nombre d'observations à celles que j'ai publiées en 18S8; je me borne à en citer deux qui me paraissent offrir, bien qu'à un point de vue différent, un certain intérêt.

Une femme d'environ trente ans fut amenée à la Salpêtrière avec tous les symptômes d'une paralysie générale au début : délire des grandeurs très actif, hésitation dans la parole, inégalité des pupilles.

Après quelques mois, on put croire à l'existence de la démence ; la malade avait pris de l'embonpoint ; elle était dans une sorte d'hébétude, avait les traits relâchés, le regard sans expression, la mémoire très affaiblie. Il était facile, en l'interrogeant, de reconnaître que les idées de grandeur persistaient encore : elle avait des millions, beaucoup de diamants, etc.

Après quatre mois de séjour à l'asile, une tumeur se développe peu à peu à la région dorso-lombaire; cette tumeur avait au moins 25 centimètres de diamètre : c'était un vaste abcès froid, qui bientôt s'ouvrit spontanément. Il s'écoula une énorme quantité de pus. Cet abcès guérit lentement; mais peu à peu, sous l'influence de cette suppuration abondante, on vit l'état mental s'améliorer. La physionomie reprit de l'expression; la mémoire revint et bientôt la malade se remit au travail .

Les règles, supprimées depuis huit mois, reparurent, et cette femme put sortir de l'hospice après y être restée dix mois; elle avait alors parfaitement conscience de son état, et ne conservait aucune trace de délire ni aucun signe de paralysie.

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