DÉGÉNÉRESCENCE DE LA POPULATION
11 classe clans la première les habitants des hautes vallées, qui se distinguent, dit-il, moins par leur stature élevée que par les proportions parfaites qu'ils présentent dans le corps et les membres.
Dans la deuxième catégorie, il place les habitants des vallées inférieures, où régnent le goitre et le crélinisme.
« Il s'en faut de beaucoup, dit M. Marchant, que les Pyrénéens de la seconde catégorie présentent les avantages physiques que nous avons vu caractériser les habitants des vallées supérieures. Tout, au contraire, chez eux, annonce une race d'hommes dégénérée. Leur taille est généralement au-dessous de la moyenne; et les membres disproportionnés donnent à leur personne une apparence commune et trapue. Les jambes de ces montagnards sont courtes et grosses, tandis que leurs extrémités thoraciques semblent avoir une longueur démesurée; leurs pieds sont plats, larges et très gros ; ils sont fortement débordés en arrière par le calcanéum, qui, à en juger par la largeur du talon, serait en même temps plus étendu transversalement chez ces individus que chez ceux de la première catégorie. Leurs mains sont courtes et terminées par des doigts très gros et peu mobiles dont les extrémités un- :guéales, très larges, semblent presque toutes finir au même ■niveau; quelquefois, un, deux ou plusieurs doigts sont proportionnellement plus courts que les autres.
« Quant au visage de ces Pyrénéens, il est large, court, très plat et surtout remarquable par la saillie des os malaires et la longueur des arcades zygomatiques; leur bouche, entourée de lèvres épaisses et pendantes, est désagréablement ouverte entre un nez épaté et un menton •court et arrondi, fuyant en bas et en arrière, et qui est ombragé par une barbe rare, quoique grosse et d'une couleur le plus souvent rousse.
gg^ DE L'ENDÉMIE DU CRÉTINISME
« Leur crâne, moins volumineux que celui que nous avons observé chez les montagnards de la première catégorie, manque toujours de symétrie et présente des dégradations saillantes; ainsi, le front est bas, déprimé sur les côtés; la voûte crânienne, sans hauteur, parait exclusivement constituée par sa base. Une chevelure épaisse recouvre le couronnement de ces individus difformes; et ce n'est qu'après avoir pris l'habitude de palper toutes les têtes que nous nous sommes bien rendu compte de leur irrégularité.
« C'est dans cette partie de la population, dont le tempérament est généralement lymphatique, que les goitreux et les crétins se trouvent presque exclusivement; on peut même ajouter que les individus qui sont épargnés par la première de ces affections ont tous, en général, le cou très gros et très court.
« C'est encore parmi les Pyrénéens de cette catégorie que l'on observe le grand nombre de sourds-muets et de scrofuleux que nous retrouverons plus tard dans les villages et les familles de crétins.
« Tel est le triste apanage des habitants des vallées basses et circonscrites par de hautes montagnes.
u La conformation physique de ces habitants révèle en eux de profondes empreintes d'animalité ; ou mieux, cette conformation est telle qu'on pourrait déjà la regarder comme l'expression d'un premier degré de crétinisme. Examinons maintenant si les caractères intellectuels et moraux de ces populations sont dans un rapport exact avec leur conformation physique.
« D'abord, rien ne rappelle ici cette activité incessante, cette fierté que nous avons constatée chez les habitants de la première catégorie.
« Tout, au contraire, chez ces malheureux, respire l'in-