‹ Recherches sur les maladies mentalesChapitre 61 sur 122 · DÉGÉNÉRESCENCE DE LA POPULATION · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCE DE LA POPULATION

dolcnco et l'apathie la plus absolue : c'est à peine s'ils pensent à s'abriter contre les intempéries des saisons et à se garantir des nombreuses influences locales, capables d'altérer gravement leur santé. Les villages sont généralement plus mal bâtis que ceux qui sont situés sur les pentes ou placés dans de hautes vallées.

« C'est encore parmi ces Pyrénéens que l'on observe une misère plus profonde, un g-oût moins prononcé pour les petites industries qu'inspire le besoin, et qui distinguent les habitants de nos montag'nes. Aussi, fournissentils presque exclusivement le nombre considérable de mendiants que Tétranger rencontre à chaque pas, et qui, les jours de fêtes et de marchés, vont assiéger, dans la ville voisine, les portes des églises et des maisons. Est-il besoin d'ajouter, après tout ce qui précède, que les facultés intellectuelles de ces Pyrénéens sont très bornées, mais qu'en revanche ces montagnards sont rusés, rampants, très enclins au vol et à la débauche? »

Il résulte de ce qui précède que la cause qui produit le goitre et le crétinisme endémiques, quand son action est d'ailleurs favorisée par d'autres causes secondaires. Unit à la longue par atteindre, à des degrés très différents, une partie plus ou moins grande de la population.

On peut alors observer, chez^ un grand nombre d'individus, des signes isolés de crétinisme. Ces signes, bien que très divers, sont faciles à saisir; chez l'un, ce sont les ' traits du visage qui rappellent ceux des crétins; chez I l'autre, la petitesse de la taille ; chez un troisième, la mau- ' vaise conformation du corps, puis l'imperfection des sens ' ou de la parole, etc.

On constate, en outre, dans les familles^ des faits de deux ordres très différents : dans les unes, il y a tendance à la dégénérescence, dont les traits s'accentuent do plus en

ygg DE L'ENDÉMIE DU CRÉTINISME

plus; dans les autres, au contraire, une tendance au retour

vers l'état normal.

Ces différents effets se produisent suivant les alliances et les conditions d'aisance ou de misère, etc. On rencontre souvent des individus dont le corps est svelte et bien conformé, mais conservant encore des caractères de crélinisme dans les traits du visage et dans la conformation de la tête. Ces derniers caractères semblent, en général, ceux qui se transmettent le plus longtemps dans les familles.

Aux signes physiques de la dégénérescence, se trouve le plus souvent réuni l'abaissement du niveau intellectuel, et il est inutile de rappeler ici tout ce qu'a dit, sous ce rapport, M. Marchant.

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