CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES JUO
Au milieu des populations atteintes par l'endémie, on constate, en effet, un très grand nombre de goitres commençants, à côté des goitres plus ou moins volumineux. On pouvait donc prévoir à l'avance qu'il en serait de même chez les animaux.
Les recherches de M. le docteur Rey et de M. Palatsont d'ailleurs confirmées par d'autres qui ont été faites dans la Maurienne.
II. Dans une lettre adressée à la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, M. Emery, médecin à Aiguebelle, affirme que « sur vingt mulets, qu'il a visités, dans différentes communes du canton d'Aiguebelle, six étaient atteints de goitre, le plus gros égalait un œuf de dinde. Ces mulets n'étaient jamais incommodés par cette hypertrophie, un seul respirait très fortement quand il mangeait l'avoine. Le goitre, chez eux, ne comprimait nullement la trachée ; la peau du cou était très lâche et les glandes n'étaient jamais adhérentes.
« Les propriétaires de ces mulets, ajoUte-t-il, savent bien qu'ils sont atteints du goitre, mais ils connaissent aussi l'innocuité de cette affection, qui ne les déprécie en rien, soit pour la vente, soit pour le travail.
« M. Émery pense que les chiens sont aussi fréquemment atteints de goitre que les mulets ; on ne prend garde aux chiens goitreux que lorsque le volume de la tumeur est assez apparent pour qu'on se dispense de la constater par le toucher ; mais si l'on se donnait la peine de la rechercher, on serait étonné de sa fréquence. Chez eux, l'hypertrophie du corps thyroïde atteint quelquefois un développement considérable, ce qui n'arrive jamais chez le mulet.»
Il suffit de faire remarquer ici cette proportion de 6 cas de goitre sur 20 mulets ; l'un de ces goitres avait acquis le volume d'un œuf de dinde.
Il convient aussi de noter l'opinion de M. Émery sur la fréquence du goitre chez les chiens, fréquence beaucoup plus grande qu'on ne l'a cru jusqu'ici, parce qu'on s'était borné, comme pour les chevaux, à ne compter que les goitres visibles à l'extérieur.
///. Rapport de M. Péronnet, médecin-vétérinaire du département de la Savoie^ inspecteur des abattoirs de Chambéry.
« D'après l'invitation qui m'en avait été faite, j'ai procédé à la visite des mulets de M. Broucq, qui font le service de la correspondance générale de Saint-Michel à Suze, et des chevaux de M. Hortier, maître de poste de Saint-Michel à Modane. J'ai visité 60 mulets et 4S chevaux.
« Sur les 60 mulets, j'ai trouvé 28 cas de goitre ; chez les uns, le goitre était très sensible au toucher, de chaque côté de la trachée artère; chez d'autres, du côté droit seulement, ou du côté gauche.
« Sur les 45 chevaux, j'ai trouvé 15 cas de goitre, dans les mêmes conditions que chez les mulets. J'ai observé chez un cheval un goitre assez volumineux pour le voir sans qu'il fût besoin de le toucher. Tous les autres n'ont été reconnus qu'en palpant les glandes thyroïdes.
« J'ai observé le goitre assez fortement chez le chien. »
A la suite de ce rapport, M. Péronnet ajoute qu'une partie de ses recherches sur le goitre des mulets a été faite en présence de M. Lecoq, directeur de l'École vétérinaire de Lyon.
Il est à regretter que l'auteur du rapport n'ait pas précisé le volume des goitres chez les mulets et chez les chevaux qu'il a visités avec M. Lecoq. Mais le fait même de l'existence de ces goitres ne saurait être mis en doute et,