CHEZ LES PELLAGRI3UX S
11 résulte tics renseignements qui ont été donnés, que la maladie de cet homme remonte à 1843.
Nous n'avons pas besoin défaire remarquer qu^il ne peut ici y avoir aucun doute sur l'existence de la pellagre.
D'autre part, quant à l'existence de la démence paralytique, l'embarras de parole était tout à fait caractéristique, et, bien que Cavallaro ne parût pas avoir d'idées de g-randeur, il présentait au plus haut degré cet air de satisfaction et ce rire niais qu'on observe si souvent chez les aliénés paralytiques arrivés à une période avancée de la maladie.
Observation IX Paralysie générale chez un pellagreiix.
Sojijiaihe. — Cinquante ans. — Embarras de la parole. — Démarche chancelante. — Signes de démence. — Erythème pellagreux pendant plusieurs années. — Diarrhées. ■ •
Lorenzati, âg-é d'environ cinquante ans, avait été arrêté comme mendiant et envoyé à l'hospice parla police.
La note inscrite à son entrée, le 31 août 1847, porte que ce malade est tranquille, que sa santé est mauvaise cl qu'il est manifeslement pellagreux (pellag'ra manifesta).
Lorenzati est d'une taille élevée et assez fortement constitué; il a un reste d'ictère,
A peine a-t-il prononcé quelques mots que je constate un très grand embarras de la parole ; l'articulation des mots est précédée de tremblements convulsifs des lèvres.
La démarche est saccadée; le malade, quand il marche, va comme tombant d'un pied sur l'autre ; tremblements des mains; force des bras diminuée ; sensibilité alTaiblie.
Lorcnzali dit qu'il a eu depuis plusieurs années, à chaque printemps, l'éryLliëme des mains et des pieds, suivi de desquamation. Il a eu souvent la diarrhée.
11 n'a pas de délire mais sa figure est sans expression, sa mémoire très affaihlie; il n'a pas conscience de son état. Il est, dit-il, très content de sa santé.
La peau des mains est brune, un peu sèche, mais il n'y a plus de traces de desquamation. Il en est autrement sur les cous-de-pieds où on constate encore des restes de desquamation. Œdème de la partie inférieure des jambes.
Le malade a beaucoup d'appétit, mais il a néanmoins commencé à maigrir.
L'absence de renseignements sur Tétat de ce malade ne permet pas de savoir si la démence a été précédée de délire, mais il n'y a aucun doute pour le diagnostic de la paralysie générale. Quanta la pellagre, on a déclaré à l'entrée qu'elle était manifeste et le malade déclare en effet qu'il a eu plusieurs années de suite Pérylhème pellagreux et souvent aussi la diarrhée.
Observation X Paralysie générale. — Pellagre survenue à Vhôpital.
SojiiiAiRiî. — Vingt-huit ans. — Agriculteur. — Délire mélancolique. — Tentative de suicide. — Embarras de parole. — Délire ambitieux. — Faiblesse des jambes. — Paralysie des sphincters. — Allératiou pellagreuse de la peau des mains et du sternum.
Signorelli Angélo, âgé de vingt-huit ans, agriculteur, avait toujours été porté àla tristesse; il se nourrissait bien et buvait du vin, et même, dit-on, il en buvait beaucoup.
Sa maladie a débuté par un délire hypochondriaque, il se croyait très malade, atteint du mal del padrone. Il désespérait de pouvoir jamais guérir. Il a tenté de s'étrangler et menacé de se précipiter par la fenêtre. Il