‹ Recherches sur les matières grasses des insectesChapitre 38 sur 55 · HUILE DE COSSUS LIGNIPERDA F · texte numérisé non relu

HUILE DE COSSUS LIGNIPERDA F

(= Cossus cossus L.)

Famille : Cossidae

APERÇU BIOLOGIQUE. — Cette grosse chenille rouge est le « Weidenbohrer » des Allemands, le « Rodilegno rosso > des Italiens; c’est la fameuse chenille du Saule de LYoNNET; elle représente avec les Zeuzères et les Sésies les plus communes de nos chenilles xylophages.

La durée de sa croissance est de trois ans; les deux premières années elle se contente de ravager le liber et le parenchyme cortical; la troisième année elle pénètre dans la profondeur du bois. Elle secrète des liquides diastasiques doués d’une odeur âcre très pénétrante. Les arbres le plus fréquemment attaqués sont le saule, le peuplier, le pommier, le poirier, etc...

Les chenilles étudiées ici ont été recueillies dans le pommier; elles pesaient chacune plus de 5 grammes; elles étaient donc dans le courant de leur troisième année, celle qui précède la nymphose.

Les chenilles de Cossus contiennent une quantité prodigieuse de tissu adipeux qui en rend la dissection très pénible :

tous les organes sont littéralement ensevelis dans la graisse,

DonNNÉES ANALYTIQUES. — Les chenilles de Cossus ligniperda F. ont été épuisées à différentes reprises, tantôt au chloroforme, tantôt à l’éther de pétrole. Par ces divers procédés, j'ai toujours obtenu des huiles identiques, parfaitement limpides, d’un beau jaune doré. Le rendement est extrêmement élevé puisqu'il atteint 27,6 p. 100 du poids frais.

L'huile de Cossus possède une odeur forte, âcre, désagréable, tout à fait comparable à celle de la chenille vivante. Jai déterminé les constantes suivantes :

Indice de réfraction 1,4707 à 19° (observé) 1,47216 à 15° (calculé) — d'iode, 76,2 — de saponification, 194,5 Bromures insolubles dans l’éther : néant Point de fusion des acides gras insolubles, :

CZ

Je pense que la teneur en huile très élevée de cette chenille est à rapprocher de son alimentation riche en polysaccharides (Glucosanes, Cellulose, Pentosanes). Ces produits doivent après dégradation en hexoses ou en pentoses donner facilement des lipides.

Au point de vue de sa constitution, cette huile offre les plus vrandes analogies avec celles d’Ergates faber L. et de Pyrausta nubilalis Hübn. L'indice de saponification est toutefois un peu moins élevé que chez cette dernière.

Traîtée en solution éthérée et acétique par le Brome elle demeure parfaitement limpide, même après un repos prolongé. Elle appartient donc aussi à la catégorie des huiles totalement dépourvues d'acide linolénique.

GRAISSE DE MYELOBIA SMERINTHA HUBN.

Famille : Galleriidae

APERÇU BIOLOGIQUE. — Il s’agit d’un papillon de nuit du Brésil. On l’observe en abondance aux environs de Rio de Janeiro et souvent même en ville : en Août et Septembre, les papillons arrivent en multitude, recouvrant les reverbères et autres appareils d'éclairage. On les trouve le lendemain à terre, morts en urand nombre. Ce papillon a les ailes colorées en jaune foncé ; sa chenille vit du feuillage de Merostachys ternata Nees., dans les

forêts des montagnes qui entourent la ville de Rio.

DoNNÉES ANALYTIQUES. — Cette espèce a été l’objet, en 1913, d’une remarquable étude de H. Troms. Cet auteur traitant les papillons par l’éther de pétrole en a retiré 22 p. 100 de graisse. C'est une substance jaune-blanchâtre, de consistance butyreuse, qui ne s’oxyde que très lentement au contact de l'air.

Point de fusion, 29° — de solidification, 24° — (d'acide, 51,8 — de REeICHERT-MEIssE, 0,74 — de POLENSKE, 0,84 — de HEnner, 96,5

Constantes des acides gras :

Point de fusion, 46° — -de solidification, 42°

Les acides traités selon la méthode de VARRENTRAPP donnent 56,8 p. 100 d’acides liquides et 33,6 p. 100 d’acides solides. Les premiers consistent vraisemblablement en acide oléique pour la plus grande partie; ils fondent à + 12° et se solidifient à + 6°. Ils donnent un acide élaïdique fondant à 43-45°. Les acides saturés fondent à 55-58°. Ils contiennent selon THoms de l’acide stéarique. |

Cette graisse est remarquable par son indice d’iode assez faible. Peut-être faut-il chercher l'explication de ce fait dans l’influence de la température. Il s’agit d’une espèce des régions chaudes et c'est là un facteur important (voir 3° partie).

La graisse de Myelobia se rapproche, quoique ayant un plus faible indice d’iode, de la graisse de Zygènes décrite par Roccr.

HUILE DE PYRALES DU MAIS Pyrausta nubilalis Hübn.).

(= Bolys nubilalis, B. silacealis Hb.).

European Corn borer des Americains Piralide del Granturco e della Canapa des Italiens

Famille : Pyralidae

APERÇU BIOLOGIQUE. — La Pyrale du Maïs a acquis une triste célébrité en Amérique où elle cause dans les cultures d'immenses ravages. Les Etats-Unis ont mis sur pied de nombreuses missions pour lutter contre ce fléau.

Le papillon apparaît les premiers jours de Juin; il dépose ses œufs sur le Maïs et accessoirement sur des plantes de familles très différentes comme l’Armoise; Le cycle se reproduit plusieurs fois du Printemps à l’Auitomne. Les larves à peine nées creusent dans les tiges des galeries longitudinales; leur mode de vie les rapproche beaucoup des larves xylophages de Buprestides et de

Cérambycides parmi les Coléoptères, ainsi que des Cossus parmi

uit

les Lépidoptères. Nous verrons plus loin que la composition de leur huile les en rapproche également. NX

Les chenilles arrivées au terme de leur développement atteignent environ 20 millimètres et pèsent 0 gr. 06 à 0 gr. 07. Vers la fin du mois d'Octobre, elles cessent de manger et se préparent à hiverner. Elles passent toute la saison froide et une partie du Printemps à l’état de vie ralentie ou diapause. C’est à l'expiration de cette période qu'a lieu la nymphose, en Mai-Juin.

Ce phénomène de diapause hivernale a donné lieu à beaucoup de recherches (1), mais on ne saurait dire que son mécanisme ait été bien élucidé. La séduisante hypothèse de Rou- BAUD (2) qui attribue cette sorte de mise en veilleuse à une intoxication de l'organisme larvaire par des produits de l’activité cellulaire demanderait à être confirmée; d’après cette hypothèse, une période de vie ralentie serait nécessaire pour que la chenille puisse éliminer lentement les produits d’excrétion abondamment accumulés pendant la période d’active croissance qu’elle vient de subir. Quelle que soit l'explication, le fait n’en demeure pas moins digne d'intérêt; je me suis attaché particulièrement à l’étude des modifications des graisses pendant la diapause.

Page 1