DONNÉES ANALYTIQUES
Huile de Pyrales en Novembre. — J'ai d’abord étudié l'huile de Pyrales chez les chenilles parvenues à un complet développement, au début de la diapause hivernale, en fin Novembre.
Des chenilles recueillies sur le Maïs et épuisées à l’Ether m'ont fourni à ce stade 26,5 p. 100 d’une huile limpide, jaune d'or, qui a les apparences de l'huile l’Olive. Ce pourcentage qui dépasse le quart du poids total de la chenille est considérable : la Pyrale du Maïs qui se nourrit de substance ligneuse riche en polysaccharides réalise évidemment une active synthèse d’acides
LTras.
D) W KR. Tuompson and H. L. PARKER. À contribution to the study of hibernation in the larve of the European Corn Borer. Ann. of. the. Ent, Soc. Am. XX. 1. [1927].
(2) Bull, Biolog. Fr, et Belgique, LNI, Fasc. 4 [19221].
Cette huile a fourni les constantes suivantes : Densité à 18°, 0,9174 Indice de réfraction à 15°, 14710 (observé) Indice d'iode, SO,S — de saponification, 201,5 Insaponifiable, 1,68 p. 100 Indice de REeICHERT-MEIssL. 1,13
Pour isoler les acides gras, l'huile a été saponifiée par la Potasse alcoolique et débarrassée de l’Insaponifiable par le Benzène; la solution alcoolique ainsi obtenue a été évaporée dans une capsule en porcelaine en ajoutant de temps en temps de l’eau distillée; les savons ont été alors décomposés par l'acide sulfurique étendu qui a libéré les acides gras. Ceux-ci se sont rassemblés à la surface en une couche huileuse qui a été plusieurs fois décantée et lavée à l’eau distillée chaude.
Les acides gras insolubles ainsi obtenus étaient incolores et solides à la température ordinaire; Ils avaient les caractéristiques suivantes :
Point de fusion, 25°, 5 Indice d'iode S45
— de neutralisation, 206,4 Poids moléculaire moyen, 271,3
Ces acides ne renferment pas d’acide linolénique : en effet, l'huile de Pyrales traitée par le Brome re donne aucun précipité et demeure parfaitement limpide, sans fournir la moindre trace d’hexabromures. Elle se rapproche donc beaucoup par ce carac-
tère des huiles d’'Ergates fabcr L. et de Cossus ligniperda F.
Composition de l'huile de Pyrales en Novembre. — Les quantités importantes d'huile de Pyrales que j'ai pu préparer m'ont permis de pousser plus loin l'étude de sa constitution.
Le premier problème à résoudre consistait à déterminer le pourcentage en acides saturés et non-saturés. Ce résultat peut être atteint par deux méthodes générales : 1° par voie pondérale (Procédés de FARNSTEINER, de VARRENTRAPP, de TWITCHELL, DE NIEGEMANN, DE FACHINI et DoRTA, etc.) ; 2° par calcul basé sur l'indice d’iode de l’huile et sur celui des acides gras non-saturés.
3 gr. 2423 d'huile de Pyrales ont été saponifiés par 50 cm
Ns & Potase akoolique à 4 p 100: 1e solution savonnene à té noutralie par l'acide soëtique en mtilient 1 Phénolphtaléine comme indiontenr, puis étendue à 100 em avec de l'eau ditillée et Ve peu à peu dans une Role contenant F0 em de solution d'arc tete de Plomb à 10 p 1 Le savon de Plomb précipité rest allé aux parois de la Role et x à adheré Après refroïidisement et lt var, le précipite égontte et ele à te traité par 150 em d'Ether et chante à l'ebullition au rfrigérant ascendant en agitant viseur renement, Les sk de Plomb des acides RER se SRE rap dement disons: ceux des acides saturés <e sont disons aussi en parte, ma ont précipite de ronvean après refroidisement et repos prolonge, La solution ethérée à ête filtrée dans un ete noir à decantation et traitée par une soltion à M p 100 d'acide chlorhydrique qui à libère les acides liquides Ceuxei ent êté décantes, leaves jusqu'à neutralité de l'eau de lavage, filtres et pes après distillation de l'ether et passage dans le vide sul rique. Le pourcentage en acides saturés se eskule facilement par ference, Ce proctde m'a donné pour l'huile de Prrales : ÈS RER SRERNS KE pe 10 — NRX EE à 1e
Le tete reprsente kR glroërine et l'inaponifahle,
Le mème meultat peut encore être ebten par oaleul, après l'indice diode de l'huile tou indice d'inde externel et celui des acides liquides (ou indice d'iode interne).
Connaicant 1 proportion relatite des acides saturés et RE Satures, j'ai cherche à déterminer 1 nature de tes acides
Etude des ecides nomatnres, -— J'ai applique aux acides Rquides sépare selon ke proces de Torre et Rueesnt le mé thode d'exydation de Havre (D, Ce prod ent base sur ke ne action cenerale par laquelle ks acides à fonctions thrlemiques traites par le permangante de potaium en milieu alealin fixent eux groupes hydroxvls par liaison ethylnique et se tranan ment en ackde-akook corre pendantes Les seides Qkèque. Lino kèqu et Linoleniqu donnent ainsi reprotivement les acides
D Mesatshette fe Chante ISF LIST 1 HIS) 190 ISO.
Di, Tetra et Hexaoxystéarique. Ces acides-alcools sont facilement séparés par leurs solubilités et caractérisés par leurs points de fusion, leurs indices d’acétyle et leurs poids moléculaires.
15 grammes d'acides liquides de Pyrales ont été neutralisés et alcalinisés par la potasse; le savon obtenu a été dissous dans 1 litre d’eau; cette solution introduite dans un grand ballon a été traitée par 1000 cm de permanganate de potassium à 1,5 p. 100, versés lentement en agitant continuellement. Le liquide qui a pris une teinte verte a été abandonné 10 minutes au repos, puis traité par une solution concentrée d'acide sulfureux qui a ramené en solution le peroxyde de Manganèse précipité et a donné une réaction acide à la liqueur.
Cette dernière opération a amené la décoloration complète du liquide et la formation d’un précipité blanc abondant. Ce précipité a été recueilli sur un filtre, séché à l’étuve jusqu'à poids constant et lavé à l’Ether de Pétrole pour enlever les traces d’acides qui auraient pu échapper à l'oxydation.
Le résidu, c’est-à-dire la presque totalité du précipité a été introduit dans un appareil de Soxhlet et épuisé longuement à l'Ether.
J'ai obtenu par ce moyen un acide peu soluble dans l’Ether, soluble dans l’alcool chaud d’où il cristallise par refroidissement. J'ai déterminé avec soin son point de fusion et son poids moléculaire après purification par de nombreuses recristallisations dans l'alcool :
Point de fusion, 124° 125 Poids moléculaire, 302,8
Ces chiffres diffèrent notablement de ceux fournis par lacide dioxystéarique pur provenant de l'oxydation de l'acide oléique (Point de fusion 132-136; poids moléculaire 316). Je me suis assuré que le point de fusion n'était susceptible d'aucune élévation par de nouvelles cristallisations.
Un composé tout à fait semblable a été décrit par LyuBaRrsKyY:; cet auteur l’a obtenu par oxydation de l'huile de phoque de la mer Caspienne; il le considère comme une combinaison équimoléculaire d'acides dioxystéarique et dioxypalmitique cor-
respondant à un mélange d'acides oléique et palmitoléique. L’'aci-
de de LJUBARSKY fond également à 124-125° et se comporte comme un composé de formule C° H* 0°.
Je pense donc qu’il y a lieu de considérer les acides liquides de l'huile de Pyrales comme constitués en grande partie par un mélange d’acides Oléique et Palmitoléique. Cette opinion est confirmée par l'indice d’iode des acides liquides séparés selon Tor- TELLI et RUGGERI (98,4) qui est voisin de celui d’un mélange équimoléculaire d'acides Oléique et Palmitoléique (95).
Le résidu de l'épuisement à l’éther décrit plus haut a été épuisé à l’aide d’une grande quantité d’eau distillée bouillante; par refroidissement le liquide a déposé quelques cristaux en aiguilles blanches en très minime quantité qui m'ont fait supposer (1) la présence d’une trace d’acide Tetraoxystéarique (Sativique) et par suite d'acide Linoléique ‘dans l'huile; mais le produit était si peu abondant qu'il m'a été impossible d’étayer cette hypothèse par des chiffres caractéristiques.
Etude des acides saturés. — J'ai indiqué plus haut que l'huile de Pyrales renferme environ 13 p. 100 d’acides saturés. Ces composés ont été isolés en traitant par l'acide chlorhydrique les sels de Plomb insolubles dans l’Ether; les acides ainsi extraits fondaient à 59°5; purifiés par recristallisation dans l’alcool ils ont atteint le point de fusion 64°3. Ils renferment done d’une manière certaine de l'acide stéarique. (Point de fusion de l’acide
stéarique 69,3, de l’acide palmitique 62,6).
Origine de l'huile de Pyrales. — 1 est logique de considérer l'énorme réserve d'huile accumulée chez la chenille de Pyrale du Maïs comme un produit synthétique: en effet, le régime alimentaire de ce Lépidoptère comporte une importante proportion d'Hydrates de Carbone et ne renferme que fort peu de corps gras; la chenille de Pyrale trouve dans sa ration beaucoup de polysaccharides (Amidon, Cellulose, Xylane, etc.) qu’elle utilise après les avoir digérés au moyen de ses diastases; les sucres réducteurs ainsi libérés sont utilisés pour la synthèse de l'huile.
Comparaison des huiles de Pyrales ayant vécu sur le Maïs et
sur l’Armoise. — On sait que Pyrausta nubilalis Hübn. vit sou-
(1) Sull. Soc. Ch. Biol, X, p. 790,
vent en France sur l’Armoise (Artemisia vulgaris L.) dont elle ravage les tiges, comme celles du Maïs; il était intéressant de comparer la composition de l'huile élaborée chez les chenilles aux deux régimes; on pouvait s'attendre à quelques différences entre des insectes vivant sur des plantes aussi éloignées au point de vue botanique que l’Armoise et le Maïs: les chenilles du Maïs
sont plus grosses et un peu plus lourdes en moyenne que celles de l’Armoise.
Contrairement à mon attente, j'ai obtenu le même rendement en huile et ces huiles présentaient des indices d’iode et de saponification identiques; ce fait peut probablement s'expliquer de la façon suivante : bien que vivant sur des végétaux très différents, les deux chenilles ont une alimentation assez semblable: dans les deux cas elles se nourrissent de tissus ligneux et cellulosiques qui fournissent sous l’action des sucs digestifs les mêmes produits de décomposition, point de départ de la synthèse de l'huile.
Etude des variations de l'huile au cours de l'hibernation.
Je me suis efforcé de rechercher le rôle et l’utilisation de la réserve considérable de corps gras que renferme la chenille de Pyrale au début de la diapause hivernale. Le développement énorme du corps adipeux chez les insectes qui hivernent est un fait assez général; il semble naturel de considérer cette accumulation de glycérides comme une réserve destinée à être progressivement utilisée pendant cette période d’inanition.
J'ai donc procédé à des épuisements périodiques des chenilles de Pyrales depuis le début de la période d’hibernation, en Novembre, jusqu’à la nymphose, en Mai-Juin. Les individus sur lesquels j'ai opéré ont été soumis pendant tout ce temps (7 mois) à un jeûne absolu; ils étaient conservés dans un local où la tem-
pérature s’abaissait beaucoup pendant l'hiver.
Les épuisements pratiqués à l’Ether, toujours suivant la
même technique m'ont donné les chiffres suivants :
a JU
Chenilles ayant vécu Chenilles ayant vécu
sur le Maïs sur l'Armoise Mn MOVEMPre Lecce 26.9 26.2 SC RSR RATS UE 20 si CU € 0 RE AE AT 2 LR OS SR OR Nr AT .9
1 résulte manifestement de ces chiffres que l'énorme accumulation de corps gras réalisée chez la chenille de Pyrale n’a pas pour but de faire face à une longue période d’inanition et de froid : ces insectes passant l'hiver à l’état de vie ralentie ne subissent pendant toute la saison que des combustions excessivement réduites et par suite laissent intacte leur réserve de corps gras
Des faits comparables ont été signalés par RAPHAEL DuBois chez la Marmotte qui possède encore à la fin de son hibernation d'importants depôêts adipeux et par SÉMICHON chez certains Hyimenopières mellifères dont les larves consomment très peu de leurs reserves pendant la période de vie ralentie qui précède leur transformation en Nymphes.
En revanche, au moment de la Nymphose, on voit le taux des graisses baisser rapidement: cette modification a eu lieu dans mes experiences au mois de Juin : des Chrysalides prélevées le 20 Juin renfermaient seulement 9,7 p. 100 d'huile, soit une dimi-
nution de près des deux tiers de la masse initiale.
Nymphose et Lipolyse. Il restait à préciser la période exacte où sopère cette lipolyse : a-t-elle lieu seulement lorsque les Pvrales ont revêtu la forme chrysalide ou bien débute-t-elle quelque temps avant, lorsque la métamorphose ne s’est pas encore manifestée morphologiquement ?
Des Pyrales encore sous forme de chenilles ont été recueillies le même jour et en même temps que d’autres déjà sous forme de chrysalides; l'extraction des graisses opérée comparativement, dans les mêmes conditions m'a donné :
Chenilles ES p 100 Ohrysalides, 9,7 p. 100
Le pourcentage fourni par les chenilles est légèrement supé-
rieur à celui des chrysalides, mais très inférieur à celui des che-
nilles en Mai; il est donc permis de conclure que la lipolyse se produit en grande partie pendant la période qui précède immédiatement la Nymphose et se continue pendant celle-ci.
La métamorphose débute chimiquement avant de se manifester morphologiquement.
Facilité d'utilisation des divers acides au moment de la Nymphose. — J'ai indiqué précédemment que l'huile de Pyrales renferme 13 p. 100 -d’acides saturés et 81 p. 100 d’acides nonsaturés; ces divers composés sont-ils utilisés indistinctement au moment de la Nymphose ?
Il semblerait qu'on püt à-priori répondre négativement. Il est en effet bien connu et établi par de nombreuses recherches que les acides gras sont d'autant plus facilement utilisables qu'ils renferment un plus grand nombre de fonctions éthyléniques.
J'ai constaté que l'indice d’iode de la Pieride du chou passe de 149,9 chez la chenille à 100,5 chez la chrysalide sur le point d’éclore. Ce sont surtout dans ce cas les composés les moins saturés (acide linolénique) qui disparaissent.
Les très intéressantes recherches de EAVES (1) ont montré que durant le développement du poulet, l'indice d’iode passe de 70 à 43 après 17 jours d’incubation : les acides éthyléniques ont éte brûlés de préférence aux acides saturés.
FHiemici (2), KNOPFELMACHER (3) et CRONHEIM (4) ont établi que l'indice d’iode des graisses de réserve s’abaisse chez les animaux soumis à l’inanition.
D'autres faits tirés de la Physiologie végétale peuverft être invoqués dans le même sens : les acides éthyléniques disparaissent beaucoup plus vite que les acides saturés pendant la germiination des graines oléagineuses.
Enfin, TERROINE, BONNET, KopP et VÉCHOT (5) ont établi que Sterigmatocystis nigra se développe d’autant plus rapidement qu'il est cultivé sur un milieu contenant des corps gras plus
(1) Journ. of Physiol. XL., 1910, p. 451-453. (2) Jahrb. f. Kinderheilkunde, 1905, LX, 174 (3) Tvid., 1897, XLW, 177.
(4) Fischerci Zeitg., 1902, V, 115.
(GS) Bull. Soc OT. Biol. IX; 604, 1927
riches en liaisons éthyléniques : la eroissance très lente sur le beurre est très rapide sur l'huile de lin.
On pouvait done se demander si l'indice d'iode ne s’abaisse pas au cours de la metamorphose de la Pyrale du Maïs.
Les recherches que j'ai poursuivies à cet égard m'ont donné
les résultats suivants :
Indice d'iode Je l'huile de chenilles en norembre... SOS - ON: MAPS T6 de chrrsalides en juin....…, 16,0
Les différences sont pratiquement négligeables : il est facile de ealeuler que si la disparition portait uniquement sur les acides non-satures, l'indice d'iode des chrysalides devrait être voisin de O0, c'est-à-dire bien inférieur à ce qu'il est en réalité. On peut done admettre que chez la Pvrale les divers acides saturés et non Satures sont utilises indistinetement au moment de la Nymphose, contrairement à ce qui se passe chez la Piéride du chou. Peutêtre cette difference est-elle due à l'absence d'acide linolénique chez Pvrauste nubilalis, alors que cet acide est assez abondant chez Pieris brastieæ ? Cette hypothèse demanderait à être con-
trèlée chez d'autres espèces,
HUILE D'EPHESTI4 FIGULILELLA GREGS.
Famille : Pvralidae
APERÇU BIOLOGIQUE. Cette chenille exploite habituellement les figues sèches dans la région méditerranéenne: elle se multiplie avec rapidite et determine parfois d'importants dommages, J'ai pu disposer d'un grand nombre d'individus recueillis dans un entrepôt de figues sèches : ces insectes ayant achevé leur croissanee sortaient en masses et allaient se retirer dans les angles du plafond et les coins des poutres pour subir leur métamorphase,
Le regime alimentaire de cette Pyrale est particulièrement
riche en glueides et en lipides,
mie
DonNNÉES ANALYTIQUES. — Æphestia figulilella Greg. renferme à l’état de chenille une importante réserve adipeuse : j'en ai extrait par l'éther de pétrole 21,58 p. 100 d'huile. Le produit ainsi obtenu est un liquide très visqueux, très faiblement jaunûtre et à peu près inodore.
Indice de réfraction — 1,4690 à 22° (observé) 1,4716 à 15° (calculé) Indice d'iode, 65,4 — de saponification, 198,2
Je n’ai pu essayer l’action du Brome, mais il est extrêmement probable qu'aucun précipité ne prendrait naissance et que cette huile est dépourvue d’acide linolénique. L'indice d’iode moyen, plutôt faible se rapproche de celui d’'Eurythyrea marginata Oliv. L'indice de saponification est d’une valeur très courante.