GRAISSE DE PUCERONS DU TEREBINTHE
Pemphigus utricularius Pass, P. cornicularius Pass.
APERÇU BIOLOGIQUE. — Le Térébinthe (Pistacia Terebinthus L.) arbrisseau des plus répandus sur les coteaux incultes et arides de la région provençale est très fréquemment, on peut presque dire régulièrement parasité par des Aphidiens cécidogènes du genre Pem phigus. Les espèces que j'ai le plus habituellement rencontrées sont les Pemphigus utricularius Pass., cornicularius Pass., semilunaris Pass, follicularius Pass. et pallidus Derb. Ce sont les deux premières qui présentaient le plus d'intérêt pour le but que je me proposais : elles déterminent en effet des galles de dimensions considérables, globuleuses dans le premier cas, allongées en forme de cornes dans le second, dans lesquelles les Aphidiens sont groupés en nombre immense. Les galles des autres espèces sont de dimensions trop réduites pour qu'il ait été possible de recueillir un nombre suffisant d'individus. J’ai pu dans le cas des P. utricularius et cornicularius en grouper plusieurs millions. On les trouve mélangés à une substance cireuse pulvérulente qu'il est facile d'éliminer par triage mécanique et par lavage à l’éther qui ne la dissout pas. Le poids de ces pucerons du Térébinthe est évidemment très variable suivant leur âge; j'ai trouvé toutefois que leur poids moyen, calculé sur un assez grand nombre d'individus est
voisin de 0 gr. 00018.
Le cycle évolutif de ces Pemphigus est extrêmement complexe; ils apparaissent sur le Térébinthe dans la dernière semaine d'Avril ou la première de Mai, au moment où les jeunes pousses commencent à inaugurer le nouveau feuillage. Les galles ont atteint tout leur développement vers le début de Septembre chez P. utricularius et vers la fin de ce mois chez P. cornicularius. Elles éclatent alors, livrant passage à des hémiptères ailés qui vont disséminer l'espèce sur les racines de diverses plantes herbacées où elle passe l'hiver. Au printemps a lieu laccouplement après lequel les œufs demeurent au repos, très longtemps, jusqu'à la nouvelle invasion du Térébinthe qui se produit à la saison suivante. Les pucerons se multiplient parthénogénétiquement avec la plus grande activité pendant toute la durée de lPété.
Les individus que j'ai étudiés en très grand nombre ont été recueillis en Septembre. dans la période qui précède la transfor-
mation en insectes ailés.
DONNÉES ANALYTIQUES. — Ces Aphidiens broyés et épuisés à l’éther m'ont fourni près de 20 p. 100 d’un produit solide, faiblement jaunûâtre, cristallisant avec la plus grande facilité (voir Planche TT). Par évaporation de la solution dans l’éther, cette uraisse se présente sous forme de grandes rosaces formées d’aieuilles groupées radialement autour d’un centre. L'examen en lumière polarisée montre une croix de polarisation très nette. La graisse de Pemphigus est soluble dans l'alcool à 70° bouillant; elle se dépose par refroidissement en longues aiguilles d’un blane neiseux, flexueuses, entrelacées, formant un feutrage léger. Ce produit m'a fourni à l’analyse les chiffres suivants : Point de fusion, 35° Indice de saponification, 255 nr diode
Tandis que l’indice de saponification à toujours été remarquablement constant, l’indice d’iode mesuré sur des produits provenant de différentes extractions et recueillis en des stations différentes s’est monté parfois plus élevé, atteignant comme plus crande valeur 7,5.
Ces chiffres sont très remarquables : ils montrent qu’il s’agit d'une substance riche en acides saturés et à chaîne courte; la
valeur très élevée qu’atteint l'indice de saponification m'a fait penser qu'il y aurait intérêt à déterminer les indices de REI- CHERT-MEISSL et de POLENSKE, le premier étant fonction de la
quantité d’acides volatils solubles et le second d’acides volatils insolubles. J’ai obtenu :
Indice de Reicuerr-Metrssz, 9,9 — de POLENSKE, 24,7
Nous avons donc affaire à une graisse contenant beaucoup d'acides volatils et qui, de ce fait, peut être qualifiée de « beurre ». La proportion relative des acides volatils solubles et insolubles donne encore une indication intéressante : l’indice de Po- LENSKE est très supérieur à celui de REICHERT-MEissr. C’est le même fait qu'on observe chez le beurre de coco et l’inverse chez le beurre de vache.
Ce beurre de Pemphigus du Térébinthe ne contient que fort peu d’insaponifiable : j'ai trouvé par la méthode habituelle 1,7 p. 100. Il renferme très peu d’acides gras libres : un indice d’acide mesuré sur un échantillon préparé depuis 4 mois a donné 4,1 (en milligrammes de potasse). On sait que cet indice augmente avec le vieillissement du produit.
ÉTUDE DES ACIDES GRAS INSOLUBLES. — Les acides gras insolubles séparés par la méthode ordinaire à l’acide sulfurique et après lavage prolongé à l’eau distillée (jusqu’à neutralité de l’eau de lavage) se présentent comme une masse cristalline solide, très légèrement teintée en jaune paille. Ils m'ont fourni les chiffres que voici :
Point de fusion, 35°, D
Indice de neutralisation, 256,9
Poids moléculaire moyen, 218.
On remarquera que le poids moléculaire moyen est bien plus faible que ceux que j'ai signalés dans les autres groupes d'insectes.
Dans le but de déterminer approximativement la composition de ces acides, je les ai transformés en éthers éthyliques en les dissolvant dans l'alcool absolu et en ajoutant quelques gouttes
d'acide sulfurique qui agit comme déshydratant et facilite l’éthé-
tihontion Les thers ain obtem étaient dense d'une odeur aro- Matique agreable: aprè Irage et onmation ik ont été soumis Ÿ mme ktillation fractionne sou pression rédaite.
La première fraction obtemme avait l'indice de saponifieation HS de qui conrecpanl an poil maktoulaire 180, L'aide gras QE 8ù à RS extrait fonda à FE Purife par reritallation rate par lacet de Magnecim akoaligue, suivant ls méthode & Hauts, à à fonrmi nn produit dont k paint de fusion était FX Sat etilomment d'acide lurique indice de saponifeten & Rare dar Me Poids mokceulaire de l'acide karigue IN Point de furion 48° 6).
La uxième fraction tait salle et eritallkée à base tem Petatme (Pom de facon 10 5). Son indice de saponifestion SR ES carre porndant an paid mokeulaire MAX Les acides ÊTES ER SR ER RS extrait londaient à 46% H S'agkcait d'un mé nee Se ter Res mas À n'ai pu pouver pl loin le frac RER, en rakon de ke quantite iruficante de prodait.
Le beurre & pReerum du terebinthe ect done conctitué par &s gone & rombreuxr termes de ke sèrie saturée : acides Vo sols dù sronpe batrrique, does par l'indice de RREREREMERR: sokks valatik imalubles due gronpe eaprrl qe Rate de POLE), aide rique, kel et caractérisé par SR POS makoukaire et son point de faion: acides supérieurs Ro Prqui l'acide palmitique,
Ce qui ii done ane phrsonemie propre et une place à part panmi Rs antres graises d'inectes plc qu'il partage Lalleurs avec Rs metres Aphidiens — e'ect la presence de quart des Importants d'acides appartenant aux termes inférieurs de k ste sataree,
COMPARAISON BE BEURRE DE PEMPREUS ANRE D'AUTRES ERA SS BR CONS, — ai indique phe haut que le beurre de Pemphises ere ne remarquable analogie avee le beurre de Cats, On en jngera facilement par le cRpararon des chiffres qe Je obteme avec ceux donnes par LxmkewttseR pour les pret fourmis par les Corus muoïifers et butyraces :
mr 122 :
l'emphiqus wtrbularins Coca nuifers
EADE Ge LUMON::.: 212000, 1 A #, 4 2% Jndice de saponification,,,,,,,, 277 2A,% À UA,A AN 7 EL PIRE pds 1,5% 27,9 Eh 9,1 — de Rsicnenr-Miss, …., e 1,9 6,6 À #,4 — (MC POLENSKE ,,,, 9) 24,1 16,% 4 14,2 Poids moléculaire moyen des aGdes gras insolulles,,,,,,,, 24s 211 Indice de nentralisation des 264des gras insolules ,,,,,,,,,, 25,9 26
On voit que dans les deux cas les indices de saponification sont élevée, les indices d'iode faibles et es poids moléculaires moyens des acides gras insolubles, inférieurs à la normale,
Les analogies sont peut-£tre encore plus remarquables ave beurre de Dika, produit par Irvingis gabonensis :
Le ®
Point de fusion, 29° (Dssasscn) Indice de saponifwation, 241 à ZI) Indice d'iode, % 4 7
Parmi les produits d'origine animale comparables su beurre de Pemphigus, 1 faut citer celui qui à été retiré du foie d'un crustacé décapode (Birgus lotro), signalé par Bocuse (POI) «4 étudié par Gérsns (18931. Birgus lotro est un crabe terrestre bien connu qui #e nourrit dés fruits du Cocotier: son foie eat trés riche en graisee 1 cele4i à une composition tres voisine de ce du beurre de coco, NS s'agit donc simplement du dépôt hépatique d'une eubetance grasse 1r6s semblable à celle qui existe dans le régime alimentaire et qui à été déposée sans eubir de modification profonde, Le produit retiré de Birgus lotro à fourni notamment une quantité considérable d'acide Vaurique,
© La présence d'acide laurique chez les Aphidiens du Térébinthe est un fait remarquable : cet acide qui cet assez répandu dans les huiles et graisses végétales est bien plus rare dans Vs série animale et à ce titre 64 présence méritait d'étre soulignée,
GRAISSE D’APHIS RUMICIS F.
(— À. papaveris auct.)
Ital : Pidocchio delle Fave.
APERÇU BIOLOGIQUE. — C’est un Aphidien très répandu et qui paraît assez indifférent dans le choix de ses habitats; on le trouve sur des plantes très variées : sur les bourgeons et les jeunes pousses de fusain, de cytise, de vigne, sur le citronnier, le châtaignier et particulièrement sur le chêne; on le rencontre encore sur une multitude de plantes herbacées (pavot, oseille, etc.) et en grande abondance sur les légumineuses du genre Vicia. Les fèves sont spécialement attaquées : les sommités florales, les jeunes pousses sont recouvertes d’une couche ininterrompue de ces pucerons qui introduisent leur suçoir dans la plante parasitée et aspirent le liquide sucré dont ils se nourrissent. Dès que les parties végétales ainsi attaquées se fanent et sèchent, elles sont abandonnées pour d’autres gonflées de sucs. En fin de saison, Aphis rumicis F. envahit particulièrement les haricots et Solanum nigrum IL.
Aphis rumicis F. est noir; sa longueur est voisine de 1 "" 4. Le poids moyen des individus bien développés est de 0 gr. 00076. Ceux que j'ai étudiés ont été recueillis sur les fèves (Vicia faba L.) en Mai. J'ai pu en obtenir un nombre considérable en raclant les tiges envahies.
DoNNÉES ANALYTIQUES. — Par épuisement à l’éther, Aphis rumicis F. m'a fourni une solution fortement colorée en brunnoirâtre; après distillation du dissolvant il est resté un produit solide, très bien cristallisé (voir Planche IL, fig. 1), rappelant tout à fait celui que j'ai retiré des Pemphigus du Térébinthe. Le rendement est seulement beaucoup moins élevé : 7,5 p. 100 seulement.
La graisse d'A phis rumicis se dissout facilement dans l’alcool chaud d’où elle cristallise par refroidissement. J’ai pu la décolorer presque entièrement en traitant la solution alcoolique bouillante par le noir animal et en filtrant. J’ai ainsi obtenu une substance qui possédait seulement une légère teinte jaune-orangé. Elle m'a donné les chiffres suivants :
Point de fusion, 21°, 5 Indice d'iode, 17,2 — de saponification, 265,7 Point de fusion des acides gras insolubles, 43°, 1 Indice d'iode — — — 20,1
Il s’agit évidemment d’un « beurre » très comparable à celui des Pemphigus du Térébinthe; toutefois l'indice d’iode, quoique encore très bas est un peu supérieur. L'indice de saponification est remarquablement élevé, ce qui indique une richesse très grande en acides à chaîne courte. L’analogie est encore plus frappante avec les graisses d’Aphis rosae L. et d’'Hyalopterus pruni KF. Il eut été très intéressant de déterminer les indices de REICHERT- MEissL et de PoLENsKE : le peu de substance dont je disposais ne l’a pas permis,
GRAISSE D’APHIS ROSAE L.
APERÇU BIOLOGIQUE. — Le puceron vert du rosier est un des Aphidiens les plus répandus et les plus connus; on l’observe fréquemment en Mai-Juin sur les boutons floraux et les jeunes pousses de diverses variétés de rosiers; mais il est rarement groupé en nombre immense et il m'a été possible d’en recueillir seulement
quelques grammes.
DonNNÉES ANALYTIQUES. — La graisse d’Aphis rosae est une des graisses d’insectes les plus anciennement connues : dès 1831, BARRUEL avait obtenu en épuisant ces pucerons par lalcool bouillant un produit d’une grande légèreté, composé de petites aiguilles flexibles et déliées entrelacées, pour lesquelles il a trouvé un point de fusion de 27 à 30°.
J'ai épuisé à l’éther de pétrole 3 grammes de pucerons du rosier et j'ai ainsi obtenu 0 gr. 195 de graisse, soit 6,5 p. 100. C’est un produit très faiblement coloré en jaune crème, qui se présente sous l’aspect cristallin habituel des graisses d’Aphidiens. Les rosaces obtenues à la première cristallisation sont de grandes dimensions (voir Planche IV, fig. 1); elles diminuent de taille au cours des recristallisations ultérieures. Cette graisse se dissout
bite
facilement dans l'alcool chaud: par refroidissement, j'ai obtenu des aiguilles blanches entrelacées identiques à celles qui ont été signalées par BARRUEL. J'ai pu seulement, en raison de la minime quantité de produit dont je disposais déterminer les caractéristiques suivantes :
Point de fusion, 59°, 8
Indice d'iode, 16.2
Il est regrettable que les matériaux d'étude ne m'aient pas
permis de pousser plus loin ces analyses.
GRAISSE D'4PHIS SAMBUCI L.
Signalée en même temps que la précédente par BARRUEL. cette graisse paraît lui ressembler beaucoup: je n'ai pu malheureusement avoir à ma disposition qu'un petit nombre d'individus recueillis en Mai sur Sambucus nigra L.: j'ai seulement constaté qu'il s'agit encore d'une graisse à aspect cristallin (voir PI IV, fig. 2), rappelant celles que j'ai extraites d'Aphis rumicis F. et d'4. rosae L.
GRAISSE D'HYALOPTERUS PRUNI F.
(4. pruni — À. prunifex.)
APERÇU BIOLOGIQUE. -— Cet Aphidien vit habituellement sur le prunier, le pêcher, l'abricotier ou l'amandier. On le trouve en abondance sur les jeunes pousses et sur la face inférieure des feuilles.
Les jeunes éelosent au printemps et se multiplient en si grande abondance qu'ils arrivent à envahir même les grosses branches et le tronc. En automne apparaissent les formes sexuées qui déposent leurs œufs sur les rameaux, préparant ainsi une
nouvelle éclosion pour le printemps suivant.
DONXÉES ANALYTIQUES. — J'ai eu à ma disposition 8 gr. 7 d'Hyalopterus pruni F. recueillis sur le pêcher. J'en ai extrait par l'éther de pétrole 0 gr. 5434, soit 6.2 p. 100 d’une graisse
solide, colorée en rouge-orangé et prenant facilement, comme celles des autres Aphidiens une forme cristalline :
> (n/5 ie |
Point de fusion,
C'est un produit très voisin de ceux fournis par À. rosae L. ou À, rumicis F,
SECTION II, —— Graisse de cochenilles
Le régime alimentaire des Coccides n’est pas sans analogies avec celui des Aphides : dans les deux cas il s’agit d’hémiptères suceurs de sève et on peut s'attendre à ce que cette similitude de nutrition entraîne une structure comparable des graisses de réserve, De même que les Aphides, les Coccides sont d'actifs producteurs de cire et plusieurs sont même utilisés industriellement à cet égard.
Dés 1860, Hoppe étudiant la graisse de Coccus axin du Mexique, parasite habituel d’Anacardiacées du genre Schinus en avait retiré une graisse chez laquelle il signala de l'acide laurique. La graisse de Coccus cacti L. a été l’objet de recherches plus approfondies de PELLETIER, de LIEBERMANN, de RAIMANN et de HUERRE. C’est PELLETIER qui l’isola le premier par épuisement à l’éther : ce dissolvant laisse intacte la couche de cire (coccérate de coccéryle) qui forme un revêtement périphérique. La substance ainsi obtenue fut considérée comme formée de stéarine et d’élaïdine. LIEBERMANN eut le mérite de montrer que la stéarine de PELLE TIER était en réalité de la myristine.
En 1911, Huerre s’appliqua à identifier les acides liquides de la graisse de cochenille qui avaient été considérés jusqu'alors comme formés uniquement d’acide oléique. Il réussit à démontrer qu'il existe à côté de l'acide oléique un autre acide de la série C' HO qui n’est autre que l'acide linoléique.
Épuisant par l’éther la variété de cochenille dite « argentée », Huerre en a retiré 7,8 p. 100 de graisse. LIEBERMANN s'adressant à diverses variétés en avait retiré de 5,5 à 8 p. 100. Les caracté-
ristiques du produit isolé par HUERRE sont :
Point de fusion, 52° Indice d'iode, 50,5 - d'acide, S9 (en oléique) — de saponification ?
— d'iode des acides totaux, 45,9 — — des acides libres, 44 Glrcérides, S p. 100
Insaponifiable, 3 p. 100
Très remarquable est l'énorme proportion d'acides gras libres, non éthérifiés par la glycérine. L'insaponifiable est une substance orangée à indice d'iode élevé.
Voici la proportion relative des acides saturés et non-saturés:
Acides saturés, 27 p. 100 — non saturés, 43 p. 100
La portion saturée de ces acides est constituée uniquement par l'acide myristique CH°- (CH) COOH. LiEBERMANN a déterminé son point de fusion (53-54°) et son point d’ébullition sous une pression de 100 ** de mercure (248°).
Les acides non saturés consistent en acides oléique et linoléique. Le premier a été caractérisé par son indice d'iode (86. Celui de l'acide oléique pur : 90) et par sa transformation sous l'action des vapeurs nitreuses en acide élaïdique fondant à 43°.
La présence de l'acide linoléique a été démontrée par la méthode de HAZURA-REFORMATZKY que J'ai utilisée dans l'étude d'autres huiles (voir huile de Pyrausta nubilalis Hübn.) : oxydation par le permanganate alcalin et transformation en acide tétraoxystéarique (acide sativique). Cet acide purifié par recristallisation dans l'acide acétique fondait à 169-170 (le point de fusion théorique étant 171-173).
Les acides de la graisse de Cochenilles ont donc la composition suivante :
Acide oléique, 35 p. 109 — linoléique, $S p. 100 — myristique, 57 p. 100
Il faut retenir de ces analyses un fait important : c’est la tendance à la mise en réserve chez la Cochenille d'un pour-
centage élevé en acides saturés à chaînes plus courtes que la
moyenne (57 p. 100). La présence d’une semblable quantité d’acide myristique est tout à fait remarquable et doit être rapprochée de ce que j'ai constaté chez les Aphidiens très riches en acides saturés à chaînes courtes. La découverte d’acide laurique par Hoppe chez une autre cochenille est encore un point de ressemblance. Il semble bien que les analogies de nutrition que
je signalais au début entraînent quelque similitude dans la constitution des graisses de réserve.