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CHAPITRE III

L'origine des Graisses chez les insectes

Si de nombreux travaux ont été consacrés à l’étude des processus biochimiques qui donnent naissance aux corps gras, il faut reconnaître que presque tous ont eu pour objet des animaux supérieurs du groupe des vertébrés et que les phénomènes du même ordre qui se passent chez les invertébrés — chez les insectes en particulier, puisque c’est à eux qu'est limité ce travail — ont été beaucoup moins approfondis. Il est certain que les connaissances acquises à ce sujet chez l’homme et les autres mammifères constituent une base sérieuse, un terme de comparaison important; je me propose donc de tenir largement compte de ces données dans l'exposé qui suit. Toutefois rien ne prouve à priori que les phénomènes biochimiques se déroulent de la même facon chez les insectes; ces animaux ont une biologie trop spéciale, leur alimentation, leurs diastases, leur évolution, tout les écarte profondément des mammifères et l’on ne saurait sans témérité conclure de ce qui a été observé chez le chien ou le cobaye à ce qui se passe chez un Coléoptère ou un Aphidien.

Je vais donc indiquer en regard des faits établis dans la série par de nombreux auteurs les observations personnelles qui me paraissent jeter quelque jour sur la question.

Deux procédés fondamentaux peuvent exister à l’origine des graisses d’un organisme : l'assimilation directe des lipides contenus dans la ration alimentaire et leur synthèse aux dépens des autres catégories d'aliments. Ces différents cas sont à examiner séparément.

1° UTILISATION DES GRAISSES ALIMENTAIRES. — Ce premier mécanisme, le plus simple et le plus manifeste, à été mis en évidence dans beaucoup de cas : RADZIEJEWSKI, LEBEDEFF et MUNK nourrissant des chiens avec des corps gras très spéciaux (huile de lin, suif, huile de coton) retrouvaient ces substances dans les tissus de l’animal sacrifié. CoRONEDI et MARCHETTI ainsi que

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