Obi stimulus , ibi affluxus
(ij Nous dirons duobus laboribus , au lieu de doloribus parce que Hypocrate a nécessairement entendu généraliser sa peasee. Feu Montegre dit , en citant cet aphorisme tel qu’il est communément traduit ; « Que cette vérité n'est point assez generale, puisque ce qui se dit de la douleur , duobus dolo-
Après tant d’explications oiseuses et difficiles, le plus grand nombre des systèmes physiologico-palhologiques se réduiraient donc en partie, à ces deux principes que de longs siècles ont confirmés , et que l’expérience n’a jamais démentis !
Nous adoptons d’autant plus volontiers cette doctrine , qu’elle concilie , à-la-fois , les principes les plus avérés du solidisme et de l’humorisme , conséquemment l’action cpii émane des solides, et les influences que les fluides en éprouvent nécessairement.
Ce que nous venons de dire des fluxions , relativement aux métastases humorales , nous conduit naturellement , à exposer quelques considérations sur les accidens variés cpii succèdent aux vices de sécrétion du lait dans les mamelles, accidens dont les suites sont beaucoup trop méconnues ou négligées, par cela même qu’une espèce de ridicule est jeté sur les métastases, sans
tibus , ou en d'autres termes , de la sensibilité , est également applicable à tous les phénomènes de la vie dont la sensibilité perceptible ne forme qu'une partie. Il serait donc plus convenable de dire d'une manière générale , lorsque deux actes de— là s'exaltent en même temps , l'un de ces deux obscurcit l'autre, n (Article déviation , phénomènes physiologiques , Dictionnaire des sciences medicales , T. 9, page 98).
que ceux qui n’y croient pas puissent rendre raison des difficultés qu’ils opposent à leur existence.
Contre l’opinion de Puzos et de Levret qui, les premiers, ont reconnu que le lait, après les couches, expose la femme à des accidens trèsvarie's, si les voies sécrétoires ne la délivrent de cette humeur, admettrait-on exclusivement celle de M. le Docteur Caplron , cjui se refuse à lui attribuer une partie des accidens de nature toute particulière, qui affligent les femmes , lorsqu’elle est tout-à-coup répercutée ?
M. Capuron a beau invoquer l’innocuité d’un sevrage brusque (Maladies des femmes, p. 523), indiquer les applications astringentes pour réprimer la surabondance du lait dans les mamelles ( ibid . 6o4), nous n’en resterons pas moins convaincus que pareille répercussion, semblables manœuvres , doivent nécessairement entraîner des accidens dont on ne peut calculer les résultats, quil y ait simple déplacement de fluxion, ou déviation du fluide qui engorge les mamelles.
Du moins M. le Docteur Gardien (Maladies des femmes, pages 269, 270, 273, 274, 279),
reconnaît-il l’importance de la déviation du lait
par les émonctoires naturels. Cette concession justifie pleinement les médecins qui, en favorisant cette crise, préviennent les maux qu’une pratique , trop fondée sur le solidisme , entraîne indubitab lement.
Lorsque tout tend à prouver que l’excitation , rapportée d’abord aux mamelles et à l'utérus, peut déterminer des accidens divers , propres à cette situation de la femme, source la plus ordinaire de la péritonite, des maux de toute espece, sujet de la méprise de tant d’auteurs qui n’ont pas su s’entendre sur l’acception de fièvre puerpérale, voudrait-on nous faire prendre le change sur le caractère cl’une fièvre qui est nécessairement symptomatique du travail des glandes mammaires dans leurs relations avec l’utérus? Nous voulons parler de celle fièvre de lait inséparable de l’état où se trouve la femme.
Nous pensons qu’il est d’autant plus important qu’on fixe définitivement ses idées sur ce point essentiel de doctrine , que l’art , riche de faits , ne doit plus permettre que le médecin hésite désormais sur la nature et le mode curatif d’un mal aussi généralement répandu.
La fièvre de lait , considérée sous ses vrais
rapports, susceptible de transformation ou de conversion, en raison de la nature et du degré d’altération des forces vitales, selon le système ou l’organe consécutivement alfecté, fera succéder un heureux accord à une trop fâcheuse divergence d’opinions: tout sera débrouillé, et nous saurons que penser de tant de jugemens contradictoires
M. le Docteur Capuron ( page 5r8 de son Traité des maladies des femmes ), prétendrait-il résoudre définitivement la question , lever toutes les difficultés , en disant avec Rivière : « Que les maladies fibrilles des nouvelles accouchées n'ont pas d’autre origine , ni d’autre nature que celles des femmes en général et même des hommes F »
Nous en demandons pardon à l’auteur, mais, en bonne logique , peut-on bien mettre en parallèle des situations si différentes?
La souffrance de l’utérus , l’engorgement des seins , les influences réciproques de deux organes aussi puissans, pourraient-ils être méconnus dans des effets et dans des conditions si diverses ?
Les maux, qui affligent si souvent les femme? après leurs couches , seraient-ils une chimère ?
Cependant M. le Docteur Capuron , reconnaît parfaitement, « que la sécrétion du lait , excitée par V enfant, entretient Vharmonie dans toutes les fonctions de la nouvelle accouchée , prévient ou modère les tranchées , la fièvre de lait , V écoulement des lochies , l'engorgement des mamelles , de Vutérus et de ses dépendances , diminue la disposition à contracter V épidémie régnante et la métrite , etc. » (Page 573, ouvrage cite').
C’est avouer bien formellement alors quels peuvent être les résultats alarmans de l’intervertissement de cette sécrétion.
Cette cause n’est-elle pas suffisante pour produire , ainsi que nous l’avons dit, les désordres les plus variés 5 et ne sont-ce pas là , précisément , ces affections diverses que , sans égards pour leur cause immédiate, les auteurs ont décorées du nom bien vague de fièvre puerpérale , comme si , par exemple , la métrite , la péritonite , les fièvres adynamiques et ataxiques qui peuvent succéder à l’état de la femme ou bien le compliquer , pouvaient être gratifiées de cette
dénomination , à moins qu’on ne convienne de les appeler, dans ce cas, affections puerpérales, parce qu’elles proviennent des couches.
La fièvre de lait serait, conséquemment, une fièvre symptomatique , résultat de l’excitation du sj^stême circulatoire sanguin, effet elle -même, celle-ci , du travail des glandes mammaires pour la sécrétion du lait, que cette sécrétion soit surabondante, diminuée, ou empêchée.
Ce genre de trouble peut, sans doute, entraîner des suites fâcheuses par l’effet de l’influence active de l’utérus et des diverses autres causes. Heureusement encore que la force médiatrice prévient le plus ordinairement tous les maux que l’on pourrait redouter.
Pour confirmer l’opinion que nous partageons sur 1 influence primitive de la sécrétion laiteuse ou de l’orgasme qui s’établit, que n’étudie-ton mieux la nature et le cours des lochies, déduction faite de leur caractère séro- sanguin, effet du dégorgement de l’utérus ! Il y a tout lieu de présumer qu’on leur trouverait , le plus souvent, dans le cas de déviation du lait vers cet organe, les propriétés physiques de cette derniere humeur, déviee heureusement par cette
voie, lorsque les mamelles ne peuvent l'évacuer elles-mêmes.
En effet, pour faire abstraction de l’opinion si généralement accréditée chez les femmes, qui prétendent, dans leur langage, que le lait s'évade par en haut , s'évade par en bas , n’aî-on pas observé que les lochies blanches alternent presque toujours, avec l’augmentation, la diminution ou la cessation de la sécrétion des mamelles , et qu’elles sont particulièrement abondantes chez les femmes qui ne nourrissent pas , quand, toutefois, elles ont ce qu’il faut pour le faire ?
Cette manière de voir serait loin d’être une hérésie en fait de doctrine, si l’on admettait avec MM. Fournier-Pescay et Vaidy, « que dans le cas oit la, mère ne nourrit pas , quand on <a pris les moyens convenables pour prévenir la sécrétion du lait , cette substance s'évacue avec la matière des lochies , ou plutôt qu'elle est résorbée et portée des 'vaisseaux lymphatiques dans le torrent de la circulation. » (Fièvre de lait, T. 5, page 378, du Dictionnaire des sciences médicales ).
Ces MM. ajoutent, à la vérité, que ce point
de doctrine n’est point encore assez suffisamment éclairé'.
MM. Fournier-Pescay et Vaidy disent encore : « que la fièvre de lait se termine , le plus souvent , par une sueur plus ou moins considérable 'vers la fin de V accès , par un écoulement abondant et spontané de lait par les mamelles , et dans les complications , par V augmentation des lochies qui , alors 1 deviennent semblables à du lait. (Article cité, page 177 ).
Il faut avouer que ces lochies, semblables k du lait, auraient bien l’air de confirmer la réalité de ces métastases laiteuses contre lesquelles on se déchaîne beaucoup trop.
Nous pensons, au résultat, que ces diverses especes de déviations laiteuses sont tout aussi vraisemblables et non moins explicables, que •celles des autres humeurs dont les exemples sont si multipliés.
L illustre Pinel , dont l’autorité est, d’ailleurs, d un si grand poids , détruit - il entièrement les difficultés qui enveloppent encore cet objet, en admettant , sans développement ultérieur , ce que dit de la prétendue fièvre puerpérale le
Docteur Mercier : ( Essai sur la question : existet-il une fièvre puerpérale ? ) « Elle nest autre chose que les maladies sans nombre qui surviennent aux nouvelles accouchées et qui modifient à Vinfni Vétat actuel de la femme. »
Quelque juste que soit ce principe, est -ce donc complètement nous éclairer, puisque rien ne æious prouvq que M. le Professeur Pinel attache une véritable importance à la fièvre de lait , qui , pour n’être que le résultat de l’orgasme des seins ou du travail propre à l’allaitement, n’entraîne pas moins avec elle des complications si variées, et quelquefois si funestes} et cette péritonite elle-même , que M. le Professeur Pinel nomme puerpérale, n’est-elle pas le plus souvent la conséquence directe du concensus des mamelles ?
N’est-ce pas, précisément, parce que la fluxion ne s’établit pas convenablement sur ces derniers organes, quelle se fixe sur le péritoine ou sur la matrice elle-même , abstraction faite de 1 état de l’utérus, indépendant, dans quelques cas, de celui des mamelles. Nous ne parlons pas, ici, de touhautre système sur lequel la fluxion pourrait se porter.
Quant à la métastase de cette humeur , elle laisse nécessairement supposer que la sécrétion en a été faite ^ car, sans elle, on ne pourrait concevoir lexistenee de la déviation du fluide qui n'aurait pas été sécrété. Dans ce dernier cas» l’excitation locale qui se trouverait produite, en se déplaçant sur tout autre système, ne constituerait qu’une métastase d’irritation , bien différente par ses effets , de la métastase d’humeurs qui se lie plus particulièrement aux vices des fluides. Le système absorbant en devient alors le principal agent, par la transmission dont il se charge. D’un être, pour ainsi dire, simple dans la métastase d’irritation, il se forme, ici , un être complexe, par le conflit des accidens qui résultent , en partie , de l’excitation provocatrice* du fluide dévié , déjà altéré ou disposé à s’altérer par sa présence dans des lieux qui lui sont étrangers , ce qui peut rendre en effet le caractère de la maladie difficile à déterminer précisément.
Toutefois, nous ne pensons pas qu’un Médecin de la bonne école puisse trop ^inclusivement attribuer au lait, lui -même, charrié dans l’organisme, la première cause des maux qui surviennent à la malade. Celui-ci n’est d’abord que l’être passif de la cause dont toute l’activité ré-
side primitivement clans les solides. Ce n’est que secondairement qu’il devient cause morbifique par FeHet , comme nous venons de le dire , de son altération par un séjour prolongé, ou même de sa simple présence dans un lieu qui lui est étranger. Ce n’est pas que le lait ne puisse renfermer , d’ailleurs, ainsi que les autres humeurs, des principes morbifiques, que sa composition ne puisse être viciée indépendamment dej’action des solides , et devenir , par-là , une source de maladies ; mais alors tout l’organisme s’en ressent , l’affection devient générale.
Pourrait-on bien contester la nature morbi- * fique du lait , lorsqu’il est de fait que cette humeur doit nécessairement recevoir l’influence de son organe producteur idiopadiiquement ou sympathiquement affecté ?
Quelle que soit la saveur douce du lait , ne peut-il pas devenir une source d’altération secondaire P II ne faudrait point admettre , alors , la proposition suivante deM. le Docteur Capurün, dans le dessein de prouver l’innocuité de la résorption du lait : » Si la femme avalait son propre lait , ou V injectait sous forme de lavement , elle n"1 en aurait point à craindre de pernicieux cjj'ets. » (Ouvrage cité, page 5a3 ).
M. Capuron ignore-t-il que l’estomac et le tube intestinal contractent nécessairement fhabitude d'être impressionnés par les substances qu’on y introduit? Et peut-on leur comparer les autres systèmes ou appareils si susceptibles d'impressions ?
Quelque respect qu’impose le nom de M. le Professeur Pinel, nous serait -il permis, pour éclairer l'opinion cpie nous émettons, d’être surpris que ce Médecin illustre ne paraisse pas attacher plus d’importance au travail sécrétoire des mamelles, aux accidens qui peuvent en résulter, lorsque l’intervertissement de leur sécrétion peut devenir précisément la source des' maux qui ont coutume d’assaillir les femmes après leurs couches ?
Ces accidens , émanés primitivement de l'organe des mamelles , organe consacré à une aussi grande œu\re que 1 allaitement , n’auraient-ils donc pas un caractère spécial ? Nous le répétons, nous faisons abstraction de ce qui est absolument étranger à cet état. ^
En passant sous silence l’état des mamelles dans l’énumération des causes principales des fièvres qui surviennent à la suite des couches,
( Fièvre puerpérale , appendice aux fièvres essentielles, page 386), M. îe Professeur Pinel ne se met-il pas en opposition avec les Médecins qui ont le plus insisté sur cette espèce de causalité ? Nous entendons parler de S:vtellie , Levret , Puzos , Astruc , Hamilton , Chambon , \ iGARous , tous praticiens recommandables.
Certes, que cet état fébrile symptomatique du travail qui s’opère, et de l’excitation, aussi, que l’accouchement a dû entraîner, dont les conséquences peuvent être si variées, n’est pas chose commune aux femmes prises dans toute autie condition que celle que nous rapportons. Il est le résultat d’un travail fluxionnaire nécessairement établi par la nature , et qui a pour fin l’allaitement. Ce ne sera pas la fievre puerpérale, terme entièrement vague, mais une fièvre de lait proprement dite, l’expression de 1 excitation imprimée au système circulatoire sanguin par le foyer d’action , les mamelles et 1 utérus , organes susceptibles des désordres que nous avons signalés plus haut.
Ainsi, la proposition suivante de M. le Professeur Pinel ne peut avoir de valeur que contre la fièvre puerpérale , être entièrement
chimérique, sans qu’on puisse prétendre en faire l’application à la fièvre de lait, de la réalité de laquelle on peut d’autant moins douter, qu’elle se manifeste par des symptômes qui lui sont spécialement propres , qu’on ne peut rapporter qu’à la femme, précisément dans la position où elle se trouve alors , « s'il existait une fièvre des nouvelles accouchées qui n'appartint qu'à elles ^ qui Iciu fut exclusivement propre , elle se sei ail montrée aans tous les temps et dans tous les lieux , avec les modifications de l'âge , du climat et du tempérament. » (Article cité)!
Dans tous les cas, si l’on tenait au mot puerpéral, il suffirait d’en faire la concession à la fièvre de lait qui serait ici la véritable fièvre puerpérale.
Nous n’admettrons, bien entendu, cette dénomination que pour la fièvre de lait simple, essentielle , abstraction faite des résultats qui peuvent successivement en dénaturer le caractère , en donnant lieu à des affections de cause laiteuse non équivoque, ou bien à des maux qui rentreraient dans le cadre noso-apbique ordinaire , ne décélant rien de celte situation par ticulière de la femme.
Le traitement y gagnerait dans l’appréciation plus juste de la maladie, en obligeant le Médecin à rapporter le mal à sa véritable source, considération faite de toutes les complications imaginables qui feraient elles-memes varier les médications.
• Nous avons lu attentivement bien’ des auteurs qui ont traité, ex-prof esso, de l'objet qui nous occupe , mais nous n’avons rien trouvé , après M. le Docteur Chrétien , qui nous ait autant satisfait que Yigarous.
On pourrait dire qu’il n’est pas de points de cette matière qu’il naît traites avec les deve— loppemens les plus achevés, les apperçus les plus fins, l’érudition la mieux choisie.
Nous sommes, cependant loin de dire, qu’on ne puisse pas lui contester quelques erreurs que les lumières du jour ont rendu évidentes.
Pour un bon esprit qui veut franchement s’éclairer, que d’incertitudes , que de contradictions dans les auteurs mêmes les plus accrédités 1
Que ce beau monument eleve a la médecine dii 19.® siècle, le Dictionnaire des sciences médicales , renferme malheureusement encore d idées
contradictoires sur la même matière! Comme si quelques-uns des collaborateurs de ce bel ouvrage, prévenus en faveur de leur manière de voir, paraissaient ignorer ou méconnaître les progrès que l'immortel Bichat a fait faire à la sciencè , en accordant les Médecins sur des principes généraux auxquels ils devraient se rallier pour marcher à de nouveaux succès.
Après avoir considéré les métastases sous le rapport clés émonctoires, nous pouvons trèsbien penser, par une induction fort naturelle , à part les concrétions albumineuses, tout-à-fait étrangères au lait, que l’on trouve journellement à la suite des phlegmasies séreuses, que la partie caséeuse, ou .tout autre principe du lait, le lait lui-même, peut très-bien être .déposé quelquefois dans l’intérieur des organes ou dans les cavités mêmes du système séreux, puisque c’est là que l’exhalation est la plus active par la multiplicité de ses vaisseaux.
Qui pourrait douter un seul instant des facultés extraordinaires d’un système dont les ramifications sont si multipliées , système qui se jouera probablement encore long -temps des explications les plus ingénieuses?
Ce que nous disons relativement aux propriétés des membranes séreuses, au lacis de vaisseaux lymphatiques dont elles sont formées, à l’absorption manifeste des differentes humeurs, par cette classe de vaisseaux, est sans doute pleinement justifié par le résultat des observations particulières de l’immortel Bichat (i), en laveur desquelles dépose aussi l’autorité de l’illustre Chalssier (2).
En effet, s’il est prouvé que le lait résorbé peut être évidemment rejeté par les differens
(1) Anatomie générale. Système séreux, page 5ig. T) D'après la texture r es membranes séreuses , il est évident que le système lymphatique entre , essentiellement , dans leur formation , qu'elles ne sont même vraisemblablement qu'un en — trelacement d'exhalans et d'absorbans , car nous avons vu que l’organe cellulaire en est un assemblage. Celte assertion est appuyée sur des preuves directes: i.° Le fluide des hydropisies des diverses cavités , varie en densité ou en couleur ; or Mas- CAgny a toujours observé que les lymphatiques de leur voisinage contenaient un fluide exactement analogue ; a.° deux cadavres , ayant un épanchement sanguin dans la poitrine , ont offert au même auteur les absorbons du poumon gorgés de sang; 3.° Dans un homme devenu emphisémateux à la suite d'un empoisonnement , ces vaisseaux étaient distendus par l'air ; 4-° Injectés dans le bas — ventre ou la poitrine , des fluides colorés se retrouvent bientôt après dans les lymphatiques voisins avec la meme couleur. J’ai répété souvent cette expérience.
(2) MM Cha vssier et A oelon fart, lymphatiques, T. 2g , page. a6ï$ du Dictionnaire des sciences mÉdicries). M. Magen-
( io3 )
émonctoires , pourquoi les mêmes raisons ne militeraient-elles pas en faveur de son épanchement dans les cavités formées particulièrement par les membranes séreuses F L’opinion des Médecins qui ont trouvé du véritable lait épanché dans le bas-ventre de quelques femmes nouvellement accouchées, ne serait pas alors à repousser si loin, malgré même les assertions de Walter.
die dit n'avoir jamais vu , clans ses expériences , les vaisseaux lymphatiques se charger de matières étrangères qu'il présentait il l'action absorbante des surfaces ; mais ce n'est là qu'une raison négative que ne peuvent réfuter ceux qui ont vu ce fait. Huntf.r, par exemple , injecte une eau colorée d'indigo ci la surface du péritoine , et voit par suite les lymphatiques de l'abdomen se colorer en bleu. Flandre! répète avec succès cctle même expérience Mascagny trouve en des animaux qui étaient morts d'hémorragies pulmonaires abdominales , les vaisseaux lymphatiques du poumon et du péritoine pleins de sang. Ce même physiologiste avoue avoir souvent trouvé dans les mêmes vaisseaux lymphatiques , le -fluide d’une hydropisie. Il a observé sur lui-même le gonflement des ganglions de laine consécutivement à un bain de pied. M des Gesettes dit avoir vu les lymphatiques du foie contenir une lymphe amère , et ceux des reins une lymphe urineuse. Sœmmerikc, de même , dit avoir vu de la bile dans les vaisseaux lymphatiques du foie , et du lait dans les lymphatiques des aisselles. M. Dupuytrin enfin , nous a donné l'observation curieuse cl'une femme qui avait une énorme tumeur avec suppuration à la partie interne de la cuisse , et chez laquelle les vaisseaux lymphatiques de la peau qui avoisinaient la tumeur et les. ganglions de l'aine étaient pleins d'un liquida qui avait F opacité , la couleur blanche , lu consistance du pus . { fie peuvent les faits négatifs de M. Magendie contre tous ces faits positifs ? n
Toutefois ne faudrait-il pas trop généraliser l’existence de cette espèce d’épanchement, qui ne pourrait être réel qu’en partie, et seulement dans certains cas qu’il importerait de déterminer.
Ainsi, le déplacement de la matière laiteuse s’opérant sur la membrane séreuse du bas-ventre par l’effet précurseur d’une fluxion, la péritonite qui en serait la suite, ne devrait-elle pas être confondue avec une simple péritonite inflammatoire, produit d’une cause tout -à -fait différente.
Le caractère propre à chacune de ces deux péritonites ,- si l’on parvenait à le distinguer, éclairerait, sans doute, utilement, le prognostic du Médecin , dont l’hésitation , en pareil cas , est souvent si manifeste , faute de documcns certains.
Il est de fait , par exemple , que beaucoup de Médecins d’un nom recommandable sont d’accord sur la nature particulière des matières contenues dans le bas-ventre des femmes mortes de péritonite puerpérale , comparativement à celle des péritonites ordinaires. Nous pourrions citer, en leur faveur , les doutes que M. le Doc-
( io5 )
teur Port al ( 1 ) établit lui-même sur un sujet d'aussi grande contestation.
Yigarous et Selle n’ont-ils pas observé que la quantité de fluide sécrété par, le péritoine dans la péritonite puerpérale , n’est jamais en rapport avec le degré d’inflammation qui est souvent nul, malgré la somme de matière épanchée , qui offre un caractère évidemment lactescent ? Cette congestion qui succède , souvent , si promptement, à l’affaissement subit des mamelles , servirait d’autant mieux à fonder ce jugement , que la grossesse et l’accouchement
(1) Mémoire de M. le Docteur Portal , sur la peritojote , Journal universel des sciences médicalts, T. i3, page 2a. (N°3^1 janvier 1819 ) : n Quant aux matières épanchées que l'on trouve dans le bas-ventre , surtout après les couches laborieusesij y eusse probablement compris , il y a quelques années, je ne dis pas le lait pur , d'après l'opinion générale, mais sachant que d habiles médecins et accoucheurs en ont aujourd'hui une différente, je crois qu'avant d'être adoptée , elle doit être appuyee sur de nouvelles preuves. On a peine à croire que les mamelles soient les seuls organes préparatoires , sécrétoires et excrétoires du lait, sans quelque disposition precedente à cette sécrétion opérée dans les jluides dont le lait provient ou est formé de la part des organes utérins, surtout quand on considère la nature et la quantité des matières lactif 'ormes qu'on trouve épanchées dans la cavité hypogastrique, ou infiltrées dans les parois de la matrice, dans le tissu des trompes , dans les ovaires et dans le tissu cellulaire des ligamens utérins qui font partie du péritoine.
disposent plus particulièrement encore le système séreux de l’abdomen à s’affecter. Les mamelles et l’utérus sont si disposés à transmettre leur excitation à cette espèce de système} leurs corrélations sympathiques sont si évidentes !
Si notre propre observation ne nous a pas conduits à vérifier précisément pareil témoignage, du moins pouvons-nous invoquer celui de M. le Docteur Lallemant (i), un des élèves les plus distingués de M. Dupuytrin. M. Lallemant , actuellement Professeur à la faculté de Montpellier, nous a assuré que les nombreuses ouvertures qu’il a faites ou qu’il a vu faire de femmes mortes de péritonites puerpérales, lui ont constamment démontré l’existence cl’un épanchement sensiblement plus considérable que dans la péritonite ordinaire , où l’on trouve des concrétions membrani formes , épaisses, consistantes , tandis que le fluide de la première espèce de péritonite est plus floconneux et moins adhérent à la membrane séreuse. M. le Docteur Lallemant aurait également remarqué que le péritoine, dans ce dernier cas, est le plus ordi-
(a) M. le docteur Lallemant a bien voulu nous remettre une note qui consigne scs propres remarques.
nairement d’un blanc mat, et à peine injecté de quelques stries rouges qui le plus souvent, meme , n’existent pas.
Nous citons d’autant plus volontiers M."Ie Professeur Lallemant, que ce qu’il nous a noté par écrit , est le résultat d’observations faites à l’Hôtel-Dieu, où l’on remarque journellement encore, que les évacuans prévalent, au commencement de la péritonite puerpérale, sur les moyens anti-phlogis tiques.
C’est, sans doute, parce que M. le Professeur Chaussier a reconnu l’utilité de ce genre de dérivation, qu’il continue d’administrer les vomitifs dans le principe de cette maladie.
On a peut-être lieu de penser que Stoll, Selle, Osiander, Doublet et Hufeland, en s astreignant à la méthode évacuante , cherchaient à favoriser ces évacuations naturelles auxquelles sont plus particulièrement sujettes les femmes affectées de péritonite puerpérale, comme si ces déjections devaient servir, en partie, à l’élimination du lait, dont on aurait lieu de redouter la rétention.
En disant un mot sur ce genre de traitement nous 11 a\ ons d autre vue que celle de réveiller
l’attention sur une affection à laquelle on aurait lieu d’attribuer quelque chose de particulier.
Pût-on démêler, enfin, la vérité au milieu des incertitudes qui existent encore, lorsque nous possédons tant de moyens pour nous éclairer définitivement !
Nous avons bien trouvé dans les dissertations de MM. Desserein et Gasc sur la péritonite puerpérale , des considérations remarquables, des vues judicieuses sur l’inflammation du péritoine , mais nous doivent-elles paraître rigoureusement exactes, lorsque l’opinion favorite de ces Médecins les entraîne à décider affirmativement que le lait n’est d’aucune influence dans ces sortes d’irritations ?
Dans notre article , Analyses chimiques^ nous avons démontré combien on pouvait peu compter sur l’analyse que ces Messieurs ont faite de l’humeur péritonéale pour y démêler l’existence du lait.
Mais revenons, précisément à l’opinion que nous avons émise sur la possibilité des effets secondaires du lait, lui -même, sur les séreuses
îlu bas-ventre , en nous appuyant de l’autorité de M. le Docteur Broussais. Il s’agit , bien entendu, de là péritonite puerpérale.
Pour qu'on ne puisse pas nous accuser d’avoir tronqué ou altéré le langage de M. le Professeur Broussais, nous le rapporterons , ici, textuellement de son traité des phlegmasies chroniques.
Ainsi, établit-il, l’influence des fluides épanchés , du lait lui-même ou du moins de ses élémens : « Le stimulus des matières épanchées doit concourir , avec V exaltation de V action sécrétoire à la production de certaines péritonites. On ne saurait Trier qu'une foule de causes ne puisse fermer tout-à-coup les pores exhalans de la matrice et des seins. Quand ce phénomène a lieu , il faut une issue et une prompte issue aux fluides repoussés de leurs vaisseaux excréteurs. Or , si la constriction capillaire qui fait rétrograder le lait et les lochies , est égale dans les tissus de la peau , des reins et de la muqueuse gastrique , n’est-il pas possible que les fluides soient exprimés par les exhalans du péritoine , et qu'une ascite soit ici produite , comme après la suppression de
( no )
la transpiration , avant que l'action augmentée du péritoine soit portée au degré de la phlogose F Dans ce cas , la péritonite qui se manifeste ensuite , serait l'effet et de la souffrance des exhalans , peu faits pour un pareil Jluicle , e? de l'action irritante d'un corps étranger qui , extravasé , .wj-
ceptible d’être entièrement résorbé. » (Ouvrage cité, T. 2, page 489)-
Ce fluide répercuté des mamelles vers le péritoine, parce que celui-ci devient le siège de la fluxion, doit être évidemment la matière laiteuse elle-même, puisque c’est la seule sécrétion qui se soit faite, l’humeur gorgeant manifestement les seins , ayant complètement disparu, ainsi cpie le prouve leur affaissement.
Nous hésitons d’autant moins à en tirer cette conséquence, que M. le docteur Broussais, en parlant de la matière blanche et lymphatique trouvée en abondance dans les cadavres des femmes mortes accouchées , dit de cette matière : « Ce nest pas du lait précisément qu'exhale le péritoine , car aussitôt résorbé , ce fluide n'a plus la meme composition , mais ce sont ses élémens , c'est un Jluide gélatineux , très-aci-
défiahle qui prédomine dans V économie , qui doit sans cesse en sortir , et qui est très-propre à irriter la partie sur laquelle il sera déposé . » (Article cite, page 49° )•
Celte espèce d’hésitation de la part de M. Broussais, sur l’existence précise du lait, n’est, je pense, qu’apparente, puisqu’au fait il admet la présence de ses élémens , en reconnaissant, aussi, pour confirmer ce qu’il avance: « les qualités acides de la sueur des nouvelles accouchées , la prédominance d'une mucosité acide dans les dévoiemens qui leur surviennent , le dépôt de leurs urines ainsi que la nature des suppurations auxquelles elles sont sujettes , et oit l'on remarque beaucoup de pus blanc disposé à se décomposer ou ci s'acidéfœr. »
Le génie de 1 illustre auteur des Phlegmasies chroniques , avait pressenti ce qu’il aurait peutetre bien affirmé, si ses recherches anatomiques se lussent étendues jusqu’aux femmes.
L’analyse scrupuleuse que l’on se hâtera de reprendre de cette humeur , dissipera , nous l’espérons, toute espèce de doute, en justifiant, probablement, notre manière de voir. Bien
entendu qu’on aura egard à la nature de l’épanchement, en distinguant le caractère de la péritonite, pour ne pas se méprendre sur la composition de la matière épanchée.
Il est clair que nous entendons parler de l’humeur laiteuse déplacée, et non pas de la sérosité lymphatique que les séreuses exhalent habituellement lorsqu’elles sont simplement livrées à une excitation ordinaire, ainsi que la péritonite en offre communément l’exemple chez la femme elle-même, où la fréquence de cette maladie est si bien expliquée par le consensus de ce système avec l’utérus et les mamelles.
Le point de doctrine qui nous occupe mérite bien, pour l’intérêt de l’humanité, qu’on l’examine, de nouveau, a\ec plus d’attention qu’on ne l’a fait , abstraction faite de toute prévention et de tout système 5 car c’est avec des argumens solides crue l’on doit convaincre ou réfuter, et non pas avec les arguties spécieuses de la dispute ou les traits piquans de la plaisanterie.
Ce principe posé , nous nous inquiétons peu du malin sarcasme que M. le Docteur Renàudin ( Erreurs médicales du Dictionnaire des
sciences médicales) lance contre les médecins qui, par cela même quils croyeni aux métastases laiteuses , lui paraissent « complices des malades, soit par intérêt , soit par préjugé ou par indifférence. »
lout s expliquait, autrefois, par 1 humorisme. Eh bien! l’exclusion donnée, aujourd’hui, à cette doctrine, parce qu’au nombre de ses erreurs nous ne voulons pas y reconnaître une vérité, nous fait donner dans un autre système que nous portons également à l’extrême sans nous rappcu': qu Horace a dit : In vitium ducit culpæ