‹ Recherches sur les métastasesChapitre 19 sur 50 · FUGA, SI CARET ARTE · texte numérisé non relu

FUGA, SI CARET ARTE

» Tel enthousiaste du solidisme , dit M. le Docteur Chaumeton , déclame sans raison comme sans mesure contre les humoristes auxquels il prodigue les épithètes d'ignorafis , de radoteurs. Cependant Bichat, qui appartient à l'école moderne et qui ne radote pas , dit positivement qu'il faut chercher dans le lICC ^es humeurs la cause de diverses maladies. Carclez~vous bien de prononcer , devant ces réformateurs sans mission , le nom de métastase laiteuse , vous seriez honnis comme

entachés de 'vieux et de ridicules préjugés. » (Journal universel des sciences médicales, T. i3, p. 53, janvier 1819. Notice sur l’état de la médecine en Italie, 2.c voyage, art. 3 ).

Toujours extrêmes dans notre manière de voir, nous devenons semblables à ces vieillards méfians qui , pour avoir été trompés , ne veulent plus croire à rien, ou, par opiniâtreté, embrassent une autre idée dont ils ne veulent plus se départir.

Convaincus , d’ailleurs , de l’initiative que les solides ont presque toujours dans les opérations de la vie, méconnaîtrions -nous la part active qu’y prennent consécutivement les fluides animés à leur manière, ainsi que le répète 1 immortel Bichat !

Les fluides n’auraient-ils donc pas une action réciproque sur les solides ?

Tout ne conspire-t-il pas dans l’organisme aux phénomènes qui se renouvellent sous mille formes ? Pourrait-on nier que ces mêmes phénomènes n’empruntassent rien aux lois de la mécanique, toujours indépendante, il est vrai, de celles de la vitalité ?

Eli qui s’opposerait donc à ce qu’une humeur fut déviée, dans tous les sens, au moyen des vaisseaux lymphatiques, lorsqu’une fluxion ou un mode particulier d’altération vitale l’attirerait quelque parti’ Qui s’opposerait, encore, à ce qu’un fluide tel qu’il frit, par sa seule présence dans un lieu qui ne lui serait pas naturellement affecté, s altérât ou pût agir de manière à devenir, lui-même, une cause de maladie, indépendamment de toute altération primitive des solides qui pourrait vicier les fluides, ou bien intervertir leur marche ?

En rejetant, contre toute vérité, les métastases humorales comme contraires aux lois de la médecine , ainsi qu’on voudrait le faire , il ne resterait plus qu’à contester l’existence des fluxions dont la doctrine est si judicieusement développée pai le célèbre Barthès, d’après Hippocrate luimême.

M. le Docteur Renaudin ( article Fluxions du Dictionnaire des sciences médicales), au lieu d’appuyer cette belle doctrine de toute son autorité, devait-il chercher à en saper les fondemens, parce qu’elle expliquerait, trop simplement , la plupart des phénomènes pathologiques ?

Eh! c’est précisément parce que ce système est simple et facile, qu’il se rapproche le plus de la nature.

Faut-il tant de principes généraux pour expliquer la multitude des symptômes? Un principe bien généralisé pourrait être comparé, en quelque sorte, à une source forte et vigoureuse d’où découlerait une inimité de canaux dont il suffirait de régler l’origine pour en déterminer le cours.

Puisse la médecine se simplifier tellement dans sa doctrine, que ses règles en deviennent populaires pour le plus grand soulagement de l’humanité !

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