DE SES RECHERCHES DE PHYSIOLOGIE ET DE CHIMIE
pathologique).
Nous nous rappelons très-bien nous-mêmes d’avoir entendu citer , en plein amphithéâtre , à feu M. le Professeur Burdet, le cas d’une femme hystérique qui , en sa présence , vomit de l'urine à différentes reprises.
Zeviani fournit l’observation de pareil vomissement par suite d’affection des voies urinaires : ( Memorie di matematica e fisica , T. 6, p. 93, T^erona 1792). La traduction de cette observation a été publiée par le Docteur Bellot7 {nouveau journal de médecine , T. 5, p. 197).
A l’appui de ces faits , nous citerons le témoignage de Bqerhaave, qui trouva de l’urine dans les ventricules du cerveau. ( Prœlect. T. 3 , page 3 1 5 ) } celui du célèbre Chirurgien Lanfranc qui, lui-même, eut des vomissemens d’u-
fine, par l’effet d’un calcul. ( Kami g lithogen hum. sp. page 26).
Mais revenons à notre illustre Paré , pour achever^ de convaincre les Médecins qui douteraient encore des faits que nous venons d’exposer. Nous citerons textuellement les expressions de cet habile homme, dont la véracité n’a jamais été contestée. « L'urine peust estre jette’e par vomissemens , ce que fai vu plusieurs fois quand les pores vretères sont bouschez-j ou la vessie et verge gangrenez. Véritablement , fai veu à un corps mort , veu des pores vretères de grosseur d'un doigt pleins dune matière gypseuse , et en Vautre y auoir une pierre qui estait à descendre dans les reins , en sorte que V urine ne pouuait couler en la uessie , et regorgeait en haut. Le patient , deux jours deuant que mourir , vomissait et jet tait son urine par la bouche. * ( Article cite', pag. 63cj).
Nous joindrons, finalement, à toutes les preuves que nous venons de donner, le résultat de la propre expérience de l’illustre Stoll. La citation textuelle que nous allons faire d’un passage de son ratio medendi , est la confirmation rigoureuse de
l’existence des méastases II s’agit des métastasés de bile, non pas à l’état de diffusion comme dans la jaunisse, mais en masse ou en foyer dans une des parties du corps. (Pars tertia rations medendi , sect. Y. De morbis quibüsdam systematis HEPATici ). « Conligit aliquoties , métastasés biliosas videre , sea bilis dilutissimœ colleclionem conf cstam. Latex biliosas c tumentis brachii tela cellulosa projlucns , a depositione fuerat ipsius bilis resorptœ , et ad brachium delata.
Ejusdem biliosi humoris 'varias posse mi grationes esse , et ad diversas dejerri parles , ratione probatur et experientia. »
M. le Docteur Fisselbrànd, Chirurgien-major de hussards, nous a dit avoir bien observé de la véritable bile dans un petit aposteme cjui s’était formé sur l’épaule d’un homme , à la suite d’un ictère. La formation de ce dépôt avait heureusement terminé cette maladie.
Les exemples que nous venons de donner, de la présence en masse des humeurs résorbées dans l’interstice de nos tissus , convaincront peutêtre bien les Médecins qui, tout en admettant la diffusion dans l’organisme des différentes hu-
meurs, se refusent à croire que ces mêmes fluides puissent également se rassembler en foyer.
Sans doute, que le plus souvent l’organisation trouve le moyen de s’en débarrasser ou de les éliminer par une voie plus facile, celle des excrétions • mais où serait la difficulté de croire que ces humeurs épanchées en masse dans l’intervalle des tissus, pussent y produire des irritations par l’effet même de leur simple déplacement dans des lieux qui ne sont point accoutumés à les recevoir, fussent-elles les plus douces des humeurs ?
Nous le répétons, ces sortes d’e'panchemens doivent être rares d’après l’ordre régulier des choses; mais ils n’en sont pas moins vrais, et, d ailleurs , de toute vraisemblance.