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X. La déviation du lait peut s’opérer sur

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tous les systèmes qui , pour être lésés consécutivement par la présence du fluide dévié, ou à son occasion , ne rentrent pas moins , par la nature de leurs affections , dans le cadre commun des maladies. La dénomination puerpérale que l’on devrait ajouter pour désigner la cause ou le principe du mal, aurait le mérite de donner son étiologie.

Cette cause ne peut être méconnue sans que cela soit préjudiciable à la malade.

Nous ne voyons pas alors pourquoi il n’y aurait pas, aussi bien qu’une péritonite puerpérale, une pleurésie, une péripneumonie ou une plitliisie de même espèce. Tous les organes seraient nécessairement dans ce cas , à raison des dispositions particulières du sujet.

Devrait-on être étonné qu’une seule cause pût produire des effets aussi variés? La difficulté serait sans doute de la déterminer, pour ne pas se méprendre sous le rapport du mode thérapeutique.

NI. La déviation du lait est toujours le produit d’une cause qui déplace le point fluxionnaire, en obligeant le lait accumulé dans son

organe naturel à se dévier , par voie de résorption , vers le lieu où la fluxion s’est établie , au préjudice de l’organe où elle devait exister.

XII. La métastase laiteuse, nous Payons déjà dit, suppose l’existence du fluide qui, gorgeant bien évidemment les mamelles , disparaîtrait tout-à-coup pour être porté dans la circulation générale, dans une cavité intérieure, dans l’interstice des tissus, ou bien vers une des voies extérieures. Il faut bien alors qu’il y ait résorption. Il faudrait, toutefois, que l’émission du lait, par un des émonctoires naturels, coïncidât avec l’engorgement évidemment laiteux des seins qui devraient nécessairement s’affaisser pendant l’évacuation.

XIII. S’il n’y avait pas de lait sécrété et accumulé, et que cependant la fluxion, manifestement établie sur les seins, disparût de suite, les accidens subséquens ne pourraient être attribués qu’à la métastase d’irritation, rapportée à tout l’organisme ou à un système en particulier.

XIV. Si la métastase d’irritation s’opérait sur le péritoine, système très-susceptible d’influence, il y aurait péritonite ordinaire.

Si les facultés sécrétoires se trouvaient parti-

culièrement affectées, et que l’exhala don l’emportât sensiblement sur l’inhalation, il y aurait accumula don de simple sérosité.

Une phlcgmasie chronique, ou toute autre espèce de dégénération, pourrait être sans qu’on pût l’attribuer en rien à l’humeur laiteuse qui n’aurait point existé.

XV. L’affection fréquente du péritoine n’exclut pas celle des viscères abdominaux qui peuvent y participer, ou bien être seuls affectés, à raison de leurs rapports naturels ou accidentels avec les mamelles ou l’utérus.

L’état morbifique d’un organe ne peut-il pas développer toutes sortes de sympathies P

L’attention ayant été plus particulièrement dirigée sur la péritonite, aurait-on cru la remarquer plus souvent qu’elle n’existe en effet, ainsi qu’on accorde peut-être trop aujourd’hui à l’existence des gastrites P

Comment des médecins, y compris Lietaud, auraient-ils méconnu l’existence fréquente de la péritonite, en la confondant avec les diverses phlegmasies du bas-ventre, qu’ils ont souvent

signalées , si elle avait toujours existé aussi exclusivement aux autres phlegmasies é

Certes, on ne peut en contester l’existence 5 mais elle est moins fréquente qu’on ne le pense encore généralement, malgré la tendance des membranes séreuses à s’affecter dans les circonstances données.

C’est de sa propre expérience que M. le Docteur Gastellïer s’étaye pour en déduire la fréquence moindre de la péritonite, qu’il ne considère, d’ailleurs, que comme consécutive (1).

XVI. La péritonite peut tirer sa source de deux causes différentes. Elle peut dépendre d’une simple cause d’irritation bornée au système sanguin ou lymphatique, ou bien résulter de l’humeur laiteuse qui, attirée dans les lymphatiques du péritoine, deviendrait elle-même, secondairement, une cause d’irritation par l’effet

(1) M. Portai, conclut d’un mémoire qu’il a donne sur la péritonite , que l’inflammation de cette membrane, ou la péritonite, comme on la nomme aujourd’hui, n’est pas plus une maladie distincte de celle des autres viscères abdominaux, que la frénésie ne l’est de l’inflammation du cerveau , et que la pleurésie ne l’est de celle des poumons. Journal des sciencts médicales , n.° 37, janvier 1819, mémoire déjà cité.

de sa décomposition et de sa présence dans un lieu qui ne lui est pas naturellement destiné.

M. le Docteur Broussais admet, lui-même, l’existence de la seconde cause, dont les accidens doivent nécessairement différer de la première.

XVII. L1 acuité de la première espèce de péritonite devrait faire préjuger la nature séroalbumineuse de Fépanchement.

Il nj aurait plus qu’à distinguer le liquide résultant de la péritonite chronique par simple épanchement lymphatique, de celui qui résulterait de la métastase laiteuse, espèce de métastase qui constituerait une véritable péritonite puerpérale, ayant des signes particuliers et son mode spécial de traitement.

On saurait alors à quoi s’en tenir, et l’on ne contesterait peut-être pas plus à Doulcet l’efficacité de sa méthode dérivative, que l’on ne rejeterait, d’autre part, l’utilité de la méthode émolliente et déplétive, à moins d’indications imprévues.

C’est peut-être bien à la difficulté d’établir

cette différence, qu’est due cette grande divergence d’opinions parmi les Médecins les plus célèbres, indépendamment des préventions de chacun} car nous ne sommes guères disposés à voir que ce qui nous intéresse plus particulièrement.

Nous avons chacun nos idées favorites-, et ce n’est pas sans raison que Fontenelle a dit, si ingénieusement, qu’un curé croit voir dans la lune le clocher de son village, tandis qu’un amoureux s’imagine y trouver deux amans qui s’inclinent l’un vers l’autre.

XVIII. Certes, que l’autorité de MM. Swilgué, Walter, Desserein et Dupuytrin , qui ont analysé le fluide épanché dans les péritonites à la suite des couches, est fort respectable} mais nous n’en émettrons pas moins le vœu, pour dissiper toute incertitude, que l’analyse de ce fluide soit faite de nouveau avec la plus scrupuleuse attention, et dans le cas, sur-tout, où l’on pourrait présumer la métastase laiteuse dans le bas-ventre.

Nous ne doutons pas cependant que la péritonite , proprement dite laiteuse , ne soit aussi rare, pour le moins, que les déjections de lait

dont nous rapportons un bel exemple , exception faite des lochies blanches, déviation cjui s’opère habituellement.

XIX. Si l’existence des me'tastases laiteuses est reconnue} s’il reste évident que le lait puisse être résorbé , charrié au-dehors par les émonctoires naturels , nous ne voyons pas ce qui s’opposerait à ce que ce même fluide fût déposé à l’intérieur, dans l’interstice des tissus, dans le foyer des membranes séreuses , dernier système d’organes où l’action sécrétoire est si développée aux dépens même des autres facultés vitales.

XX. Ce qui arrive au péritoine peut trèsbien survenir à tous les systèmes et appareils de l’organisme.

Qu’on soit donc moins étonné du caractère particulier des maladies qui surviennent aux femmes à la suite des couches, affections quelquefois d’autant plus graves , que la susceptibilité nerveuse de ce sexe est encore plus activée par l’impressionnabilité, plus ou moins exquise des mamelles et de l’utérus.

XXL L’état fibrile de la femme en couche «l’est , sans doute , que l’effet de l’action com-

munique'e , par l’organe souffrant , au centre de la circulation. Dans la marche la plus ordinaire des choses, il doit re'sulter du travail ces mamelles pour la sécrétion du lait.

Cet état fibrile est déterminé aussi en partie, par le consensus de la matrice , dont l’orgasme va décroissant à mesure que le sujet s’éloigne du premier moment de l’accouchement.

Celte fièvre est, proprement dite, une fièvre de sécrétion, une fièvre de lait, véritable fièvre puerpérale , qui se complique diversement , a laquelle succède , suivant les cas , des affections de toute espèce, à raison de l’organe affecté, ou de l’altération générale des propriétés vitales.

XXII. Il est clair cjue la fièvre après les couches , peut être étrangère, aussi, à l’état des mamelles, quoiqu’elle soit le plus ordinairement le produit de leur irritation. Ainsi , le travail sécrétoire pouvant être arrêté par une cause particulière, il peut en résulter des maux accompagnés d’une autre série de symptômes, provenant des diverses influences sympathiques ou des fluxions qui auraient été mises en jeu dans tel ou tel système ou appareil de la vie.

Au résultat, Létal puerpéral de la femme n’est pas plus à méconnaître, pour le succès du traitement, que l’existence de la syphilis, du scrofule, etc., dans l’intérêt de ceux qui sont atteints de ces maladies.

La situation de la malade dont nous avons rapporté l’observation, en est une preuve sans réplique , puisqu’un traitement contraire à la maladie avait tellement aggravé ses maux, qu’elle succombait indubitablement si nous n’eussions suivi la bonne route.

Son accouchement à terme , l’allaitement de son enfant, en faisant rentrer toutes les choses dans l’ordre, sont la preuve la plus complète, la plus évidente du triomphe de l’art, lorsqu’on suit les véritables indications de la nature.

Nous désirons que ces espèces de corollaires que nous établissons comme le résumé de la situation dans laquelle s’est trouvée la malade, et, par suite , de l’opinion que nous avons acquise sur ces sortes d’affections, soient appréciés convenablement.

Nous réclamons, toutefois , l’indulgence que nos efforts ont méritée, en assurant, d’ailleurs, aux honorables auteurs des articles que nous avons critiqués , que nous n’avons eu d’autre but que l’intérêt de la science , mus par notre propre conviction , l’esprit libre de toute espèce de contradictions injurieuses , aussi déplacées pour l’écrivain qui s’en sert, que condamnables relativement à celui qui en est l’objet.

Nous aimons à le dire, il ne nous serait jamais arrivé d’émettre, avec quelque liberté, nos réflexions sur la manière de voir du célèbre professeur, M. Pinel, au sujet de ce qui nous occupe, si la noblesse que l’on doit naturellement attribuer à son caractère , ne supposait l’indulgence que nous réclamons de sa part. Son titre de Médecin philosophe donne la mesure de tout ce que l’on doit attendre de son amour pour la vérité, aux dépens même de son amourpropre. Comme le philosophe de Genève , n’at-il pas pris pour devise : Vitam impendere < vero ?

Nous nous sommes seulement permis d'apporter notre témoignage, ainsi que les réflexions qui nous ont été suggérées par le fait que nous

avons scrupuleusement observe', pour jéelairer un objet cligne du plus grand intérêt : lestamur quod < videmus .

Nous avons eu le double but d’établir détermme'ment l’existence des métastases d’humeurs qui n’est nullement en contradiction avec les lois qui régissent l’organisme, et d’expliquer, en partie , la nature de la lésion du péritoine en sa qualité de membrane séreuse, dans ses rapports pathologiques avec les viscères de l’abdomen, considération faite de l’influence des mamelles et de l’utérus.

Nous chercherons, sans cesse, à nous défendre de ces abstractions rigoureuses qui sont plus dans notre esprit, que dans la nature des choses.

Au résultat, nous désirerions que les deux exemples de métastases d’humeurs qui nous sont propres, fussent justement appréciés de la part des Médecins qui préfèrent la sévère observation aux pures conceptions de l’esprit. Nous rendit-on assez de justice pour croire à cette profession de foi, que nous partageons avec 1 illustre Klein : Scribo fuie medicâ , proba-

tdquc pietate , qui meliora habet , eodem det animo !

Si nous n’avions pas apporté , dans notre observation , la sévérité de la règle que nous aimons à attribuer à l’école moderne , pourrionsnous espérer de lui voir accorder ce caractère de vérité qui porte la conviction en lui-même, puisqu’il ne veut en imposer à personne.

Nous ne doutons pas qu’on ne puisse reprocher à l’observation d’être également la source de l’erreur et de la vérité , selon qu’elle est interprétée ou conçue } mais en l’affranchissant des préjugés qui l’altèrent , en ne procédant qu’avec l’évidence des faits, pourrait-on nous accuser de payer le tribut aux simples conjectures?

Nous ne pouvons point encourir le blâme que Véloquent auteur de la préface des Mémoires de l’Académie de chirurgie deverse sur « ces sortes d'observations qui ne sont pas plus décisives que ces oracles ambigus ou ces lois équivoques que Vintérêt et le préjugé ont interprétés à leur gre. s>

L’art qui décide de la vie des hommes ne doit pas être l’art dangereux des conjectures. Ce n’est heureusement plus déliés qu on peut déduiie l’art de guérir : un enchaînement de raisonnemens et de conséquences fondés sur cette base

chancelante, ne peut plus nous en imposer. Ce n’est plus à l'imagination seule à résoudre arbitrairement les difficultés , c’est à la nature même à nous les expliquer : ses oracles sont, du moins, entendus de nos jours.

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