‹ Recherches sur les métastasesChapitre 25 sur 50 · CADAVÉRIQUE · texte numérisé non relu

CADAVÉRIQUE

Elle a été pratiquée le 18 juin 1820, à huit heures du malin. Elle a fait reconnaître les altérations suivantes, dont l’existence avait été pressentie pendant la vie.

Nous en devons les détails et la rédaction à M. Soudan, Chirurgien aide-major de l’hôpital militaire d’instruction de cette ville, qui, assisté de deux sous-aides de la même école, a bien voulu se charger de l’ouverture du cadavre sous nos propres yeux.

» Habitude du corps.

Les membres abdominaux œdématiés avaient un volume énorme. La partie postérieure du tronc et des cuisses présentait des escarres gangréneuses très - étendues , remarquables également aux parties les plus éloignées du centre de la circulation, au nez et aux orteils. Dans plusieurs points , l’épiderme était totalement séparé

du resle du tissu cutané , et laissait voir des plaques de peau mortifiée , d’une couleur grise jaunâtre.

Une infiltration séreuse très-considérable occupait le tissu cellulaire des parties latérales du tronc, et était surtout très - abondante au côté droit du thorax où la peau était séparée du muscle sterno -Immoral, par une couche de près de 54 millimètres d’épaisseur. Les traits de la face étaient décomposés. Le cadavre exhalait déjà une odeur fétide, quoique le laps de temps écoulé depuis la mort fut moins long que celui qu’on a coutume d’attendre pour se livrer aux nécroscopies.

Cavité thorachique . — Organes de la circulation.

Après avoir enlevé le sternum et ouvert le médiaslin antérieur, on découvrit le péricarde, dont les dimensions étaient fort au-dessus de ce qu’elles sont dans l’état naturel. Le scalpel fut plongé dans cette membrane fibro-séreuse , et l’ouverture permit de voir, au fond, le cœur baigné par un amas de sérosité d’une couleur jaune citrine, dont la quantité pouvait être évaluée a

plus d’un litre. Les parois de la membrane étaient très - amincies , mais ne présentaient , du restéf, aucune trace de phlegmasie. On fit la ligature des vaisseaux qui se rendent au cœur et qui en partent, pour l’extraire et l’examiner avec [dus de soin : les proportions de cet organe étaient excessives et bien supérieures à ce que comportaient la stature et la corpulence du sujet } les cavités droites contenaient du sang noir} les parois du ventricule de l’oreillette offraient une épaisseur insolite} les cavités gauches étaient distendues , comme les droites , par un sang d’une couleur très-foqcée et encore fluide , à l’exception de quelques concrétions fibrineuses qui occupaient les intervalles des colonnes charnues. Les parois du ventricule aortique avaient sur-tout acquis un développement extrêmement remarquable} elles présentaient plus de 27 millim. d’épaisseur. Nul affaiblissement, cependant, n’existait dans aucun point du lacis inextricable des libres musculaires organiques qui les forme. La tunique séreuse qui revêt le cœur à l’extérieur était séparée du tissu contractile par une couche de graisse fort épaisse dans les sillons que parcourent les vaisseaux cardiaques, accumulée vers la base des ventricules et à la partie postérieure de l’oreillette gauche, où sa densité

était telle , qu’elle simulait une dégénérescence lardacée.

Les vaisseaux artériels et veineux partageaient, à leur origine, le surcroît de nutrition, cette véritable hypertrophie de l’organe principal de la circulation. Ceux qui arrosent le cœur étaient très-dilatés. Quant à l’aorte, à l’artère pulmonaire et aux veines du même nom, sans présenter la même dilatation que les vaisseaux cardiaques, elles avaient des tuniques très -épaisses, proportionnées , sans doute , à la résistance nécessaire pour soutenir l’impulsion transmise à la colonne du sang, par un mobile aussi puissant.

Organes de la respiration.

La cavité droite de la poitrine contenait une, collection de deux litres à-peu-près de sérosité semblable à celle du péricarde. Les portions costale et pulmonaire de la plèvre paraissaient saines ; aucune adhérence n’existait entre les deux parties de la membrane séreuse.

La cavité gauche présentait les mêmes phénomènes } l’amas de sérosité y était seulement moins considérable.

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Les poumons, d’une couleur très-foncée, d’un gris -noir, étaient çrépitans, perméables, à l’air et sans traces d’altérations organiques ; mais leur système vésiculaire était gorgé de sang. Des incisions pratiquées dans tous les sens, démontraient que ce fluide se trouvait dans toute leur étendue, ce qui prouve que ce n’était point le résultat de la stase des liquides abandonnés , dans les corps privés de vie , aux loix de la gravitation, mais un effet produit avant la mort, une véritable apoplexie pulmonaire , bien différente de l’hépatisation qui s’observe dans les pneumonies aiguës.

Cavité abdominale. — 1 Organes de la digestion.

La membrane qui tapisse cette cavité splanchnique n’était point altérée. Le péritoine avait partout l’aspect lisse et poli qui lui est propre , et ne contenait pas de sérosité en proportion notable.

L’estomac était sain à l’extéVieur \ les ramifications vasculaires étaient seulement très-apparentes sous sa tunique séreuse } sa membrane muqueuse offrait, généralement, une couleur

noire-violette avec quelques taches rouges. Quelques petites érosions très-superficielles, bornées simplement à la muqueuse, existaient sur le pjr- Icre, sans qu’il y eut, d’ailleurs, le moindre épaississement dans le tissu de l’estomac.

Les ablutions auxquelles fut soumise toute la surface muqueuse de ce viscère , n’enlevèrent rien de la teinte que nous lui avions observée. Vuide d’alimens, il paraissait enduit de mucosités blanchâtres sans odeur.

Les mêmes altérations se prolongeaient dans le commencement du duodénum. Le reste des intestins grêles ainsi que les gros intestins , étaient sains. Leur tunique interne était blanche et pâle. Il n’y avait pas de tuméfaction des ganglions mésentériques.

Organes de la sécrétion de la bile.

Le foie avait son volume ordinaire, sa couleur était jaunâtre, son parenchyme se déchirait sans efforts } vers le bord antérieur, il paraissait avoir quelque tendance à passer à l’état gras 5 la vésicule du fiel, fortement distendue, cylindroide, d’une longueur triple de ce qu’elle a

habituellement, contenait une bile très-noire et très-épaisse } il n’y avait aucune concrétion biliaire.

La rate était fort petite, remplie de sang, et se réduisait en bouillie à la moindre pression.

Les organes de la sécrétion des urines étaient en bon état.

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