RÉSULTAT
DE NOTRE OBSERVATION ET DE NOS EXPÉRIENCES» Ce QU’ON PEUT EN DÉDUIRE EN FAVEUR OU AU DÉSAVANTAGE DES THÉORIES ÉTABLIES AUJOUR- D’HUI SUR LA RÉGÉNÉRATION DES OS.
Comment se fait-il qu’on soit encore aussi partagé sur la régénération des os, lorsque des faits aussi multipliés qu’évidens attestent cette réparation pour le vide même le plus complet, le plus 'absolu^ quand, d’une autre part, toutes les parties qui environnent la nécrose, par exemple, paraissent être destinées à réparer la perte qui a été faite.
Les explications différentes qui ont été données , tiendraient-elles à ce que peu d’esprits sont assez peu dégagés de prévention pour ne pas sortir des idées qu’ils ont conçues d’abord, ou qu’on leur a fait entendre, lorsqu’au contraire il serait si profitable, pour la science, de ne parler de ses propres observations qu’après avoir consulté l’analogie et étudié les rap-
ports des objets sous tous les points de vue possibles , sans autre but que celui de la recherche de la vérité ?
Et telle est positivement cette espèce de fatalité, qui nous entraîne souvent indépendamment de nous-mêmes , vers des erreurs qui s’accréditent toujours beaucoup trop de temps pour l’intérêt de l’humanité ! Si ces erreurs , seulement, échappaient aux hommes ordinaires} mais ceux dont l’autorité impose le plus, tendent si souvent à les produire ou à les accréditer euxmêmes !
On ne pourra, je pense, contester la vérité de ces réflexions , quand on aura examiné les preuves de nos propres travaux comparativement aux expériences et aux opinions de Duhamel , Troja, Haller, Bordenave, Camper, Hunter, Callisen, Bichat, Scarpa , Weidmann , Russel , Howship, Boyer , Richerand , Dupuytrin, Cru- VEILHIER , RlBES, LaRREY, BeCLAR, WlLLERMÉ , Lebel, Freteau et Ducasse, pour ne parler encore que des principaux.
Pour ne pas être long en exposant chacune de ces opinions, pour lesquelles il est mieux
de recourir aux mémoires qu’ils ont écrits, nous pensons qu’il doit suffire à l’intelligence de notre affaire , de ne parler des auteurs que nous citons , que lorsque nous y serons nécessairement conduits par l’enchaînement de nos idées, sans nous astreindre précisément à nous occuper de chacun d’eux.
L’assurance que nous prenons ici, ne mériterait sans doute aucune grâce , si elle ne trouvait pas son excuse dans les faits observés avec autant de réflexion que de bonne foi, dégagé, comme nous le sommes, de toute tendance à suivre une idée favorite.
Nous sommes loin, toutefois, de prétendre déterminer, sous tous les rapports, l’importante question qui nous occupe ] notre dessein est seuleriient de contribuer à en fixer les points les plus contestés, et à obliger les observateurs à répéter toutes les expériences susceptibles de déterminer irrévocablement les faits que nous cherchons à prouver.
Nous serions alors trop heureux, si, en évitant des erreurs d’une autre espèce, nous nous étions dirigés sur la bonne voie.
En conséquence, nous prouverons, d’abord, la régénération de l’os, puis, nous donnerons le résumé de notre observation et de nos expériences , en nous étayant de tout ce qui peut en confirmer les résultats contre les opinions mêmes de ceux qui ne partagent pas notre manière de voir.