‹ Recherches sur les microbes anaérobiesChapitre 15 sur 23 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous désirons résumer les points essentiels de nos recherches sous forme de conclusions.

1° La culture des microbes anaérobies doit se faire en tubes Liborius-Veillon, tube de séparation (cette séparation devenant facile à effectuer avec la manœuvre de la boîte de Petri); en tubes d'Achalme, tube de conservation; et dans notre tube cacheté, tube d'étude et de recherche, qui supprime les difficultés inhérentes aux techniques antérieures. Les tubes cachetés étranglés, le ballon cacheté seront employés dans la culture des anaérobies gazogènes.

2° Tous les microbes anaérobies cultivent en {ubes profonds, c'està-dire dans des tubes de diamètre ordinaire, mais dont les grandes dimensions permettent au milieu liquide d'atteindre une hauteur de 12 à 18 centimètres. La hauteur de liquide nécessaire à la culture est en rapport inverse avec la largeur des tubes (principe du tube étroit). L'anaérobiose est une fonction variable susceptible de mensuration. Cette mensuration se fait par des ensemencements dans des tubes remplis de colonnes de liquide de hauteur variable, et dans des tubes d’Achalme fermés à différentes pressions.

3° L'aérobisation, c'est-à-dire l'adaptation à la vie aérobie,s’obtient par la délanolisation des tubes cachetés, par le vieillissement des cultures en gélatine Liborius des anaérobies liquéfiants, surtout par la culture en gamme ascendante de pression sur tubes d'Achalme et en gamme descendante de hauteur en tubes profonds.

4 Les microbes anaérobies évoluent vers l’aérobisation en trois étapes; la première d’intégrité des fonctions biologiques, chimiques et pathogènes ; la deuxième de perte progressive de ces propriétés en milieux aérobies avec possibilité de retour en milieux

anaérobies; la troisième de perte définitive de ces propriétés. La fonction gangrénigène n'est pas liée à l’anaérobiose.

5° La perte progressive de virulence permet d'obtenir l'immunisation et la vaccination des animaux. On utilisera soit la culture en tube profond, soit la culture du 3° stade.

6° Le bacille d'Achalme, le vibrion septique, le bacille gracile éthylogène, le bacille du tétanos présentent dans leur aérobisation un grand nombre de faits communs ou spéciaux, précisés dans leur étude.

Le bacille du charbon symptomatique, le bacillus putrificus de Bienstock, le staphylococcus parvulus, le bacillus ramosus de Veillon obéissent aux lois générales de l’aérobisation.

7° La sporulation des cultures aérobisées donne naissance à des races nouvelles, les aéro-vibrions septiques, aéro-bacilles du tétanos, etc.; les anaérobies de reconstitution font retour au type primitif. |

8° Le bacille dépouillé de ses propriétés différentielles devient un bacillogène. Les bacillogènes sont probablement la source originelle des bacilles ; le microbe parasite n'étant que l'adaptation différenciée d’un micro-organisme neutre primitivement indépendant.

9% La théorie du transformisme microbien trouverait un argument dans l'impossibilité de faire faire au bacillogène retour au type bacille, mais on peut toujours passer du bacille au bacillogène, Quelques faits partiels observés mais non reproduits systématiquement nous font simplement considérer comme probable le transformisme microbien; ils appellent d'autres recherches voir la note p. 91).

Sur un mémoire de M. le D' Georges Rosenthal, sur l'adaptation à la vie aérienne (aérobisation) des microbes anaérobies stricts,

Par M. FERNAND WIDAL, rapporteur 1.

M. le D' Georges Rosenthal, chef de clinique à la Faculté de médecine, a présenté à l’Académie un mémoire basé sur des recherches qui remontent à 1902 et qui l’ont amené à formuler une méthode générale d'adaptation à la vie aérienne (aérobisation) des anaérobies stricts et à décrire des lois générales d'évolution de ces germes aérobies.

I. — Pour étudier la biologie des microbes anaérobies, il fallait tout d’abord trouver un procédé de culture en milieux liquides qui fût d’un maniement simple tout en étant d'une technique absolument rigoureuse. M. Rosenthal a réalisé ce procédé en employant le tube cacheté, c’est-à-dire un tube ordinaire de culture dont le milieu liquide est surmonté d’un anneau de lanoline haut d’un demi-centimètre. Ce tube se stérilise à l’autoclave à 120 degrés comme les milieux ordinaires. Comme la lanoline fond à 4? degrés, il est facile, avant de s’en servir, de fondre avec le brûleur du bec Bunsen la bague protectrice sans abîmer la culture. Les manipulations se font avec le tube cacheté aussi aisément qu'avec un tube de bouillon ordinaire ; il faut simplement subslituer à l’ôse de platine des pipettes ordinaires. Remis à ’étuve, le tube se recachète au-dessous de 41 degrés.

Pour les anaérobies dont la culture dégage une grande quantité de gaz, M. Rosenthal a employé le tube cacheté étranglé, tube cacheté dont la lanoline occupe une partie rétrécie. Le dégagement des gaz repousse alors la lanoline dans la partie de calibre normal du tubeet un chauffage du bec Bunsen reconstitue le lendemain le tube cacheté.

L'auteur a vérifié l’imperméabilité de l'anneau de lanoline aux substances chimiques et aux gaz. Les diverses manipulations faites avec

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