C'est-à-dire avec une pression de 46 centimètres
35 centimètres; utilisez pour la deuxième série le tube développé avec un vide de 53 centimètres. Les résultats en seront beaucoup plus sûrs.
2 Le procédé de la gamme descendante de hauteur utilise le tube profond. Si un microbe se développe abondamment dans les tubes de lait ayant 4 cm. 1/2 de diamètre et au minimum 12 centimètres de hauteur, les repiquages seront faits pour la raison exposée précédemment avec un tube de 1 cm. 1/2 de diamètre et 15 centimètres de hauteur. On pourra procéder par nouvelles mensurations : dans ces cas l'ensemencement à la pipette d’une nouvelle série de tubes de lait ayant de 8 à 45 centimètres de hauteur, fixera par exemple un nouveau minimum de 10 centimètres et une hauteur moyenne de 12 centimètres. Avec le tube de 12 centimètres bien développé, nouvelle mensuration qui abaisse encore la valeur de la colonne indispensable et ainsi de suite jusqu'à la culture sur lait de 4 cm. 1/2 et 3 centimètres de hauteur. Il sera plus méthodique et plus sûr de faire les cultures en série dans des tubes dont {a colonne de liquide décroîtra de centimètre en centimètre; les repiquages seront faits de 4 en 4 jours, pour laisser à la culture ke temps de se développer amplement; la pipette prélèvera 7 à 10 gouttes de la partie supérieure de la culture mère, et les ensemencera dans la profondeur du nouveau tube.
La gamme descendante peut s'effectuer également avec le bouillon, l'eau peptonée, l’eau peptonée-gélatine-glucose. D'une façon générale, il est difficultueux d’arriver aux tubes bas avec les séries iniliales de ces milieux; en tout cas, une série descendante en bouillon simple ou en bouillon Martin permet difficilement l'obtention de cultures sur gélose inclinée si elle est initiale, c'està-dire née du repiquage d’un tube anaérobie dans ces bouillons. Ces cultures sur milieux solides s’obtiennent assez souvent avec les tubes bas de lait; sinon, après avoir effectué la série descendante en lait, il faut recommencer soit sur mélange à parties égales de bouillon et de lait, soit sur lait coupé à moitié ou au tiers d’eau, et terminer par une nouvelle série sur bouillon. Ce procédé de
1. Il arrive que les bacilles dans le tube profond ne soient nombreux que dans la partie inférieure du tube, Dans ce cas, il faudra faire sa prise dans la partie riche de la culture.
gammes descendantes répétées donne toujours des repiquages positifs sur gélose inclinée.
3° D'autres techniques peuvent être employées. Le procédé par délanolisation du tube cacheté est fort simple. Soit un tube cacheté, où s'est développé largement un anaérobie; on fond au bec Bunsen la bague de lanoline que l’on aspire avec une pipette un peu large. La culture est ainsi devenue une culture pseudoaérobie; il suffira de la laisser vieillir; des prises faites dans les zones supérieures du tube après quelques semaines si la culture a une vitalité suffisante, donneront par réensemencement des cultures vraiment aérobies.
4° De même la culture en culot de gélatine (tube de Liborius) peut être uülisée pour les anaérobies liquéfiants de ce milieu. Elle le sera de la façon suivante :
a. D'abord par simple vieillissement : soit un tube de Liborius rempli de gélatine, ensemencé avec un germe anaérobie liquéfiant et gardé à la température de la chambre; le développement de la culture amène la liquéfaction des parties profondes; il subsiste une bague supérieure non liquéfiée de gélatine.
Plus tard cette bague sera digérée à son tour; d’ailleurs, il suffirait de porter le tube dans l’étuve à 37° pour en produire la fonte. Ainsi sera obtenue une culture pseudo-aérobie du germe étudié.
La mensuration de l’anaérobiose de cette culture pseudo-aérobie donne au moment où elle vient d’être obtenue des chiffres identiques à ceux que donnerait la mensuration faite avec une culture anaérobie ordinaire. Mais il n’en est plus de même après quelques jours, encore moins si la culture est bien vivace, après quelques semaines. Car une culture pseudo-aérobie après 7 semaines peut donner des cultures abondantes sur tous milieux aérobies.
b. Si le simple vieillissement de la culture est insuffisant, on aura recours à la culture en série sur gélatine en tubes de Liborius. Trois ou quatre générations sont suffisantes pour amener l'aérobisation, à condition que les repiquages soient faits au moment où les cultures encore vivaces ont abondamment pullulé dans les tubes. Des repiquages de 15 en 45 jours faits à la pipette, avec prise dans les parties supérieures et ensemencements dans la profondeur, donnent de bons résultats.
III. — La méthode aérobie de culture des anaérobies de Tarozzi; résumé analytique et critique. — À l'étranger, Tarozzi a montré que certains microbes anaérobies pouvaient cultiver en présence de l'air libre dans des tubes de bouillon, où plongent des morceaux de Lissus frais de lapin, de cobaye ou de souris blanche.
Il a exposé ses recherches dans un mémoire original du Centralblatt für Bacteriologie, 15 avril 1905 (t. XXXVIIT, p. 619-623); une bonne analyse en a été publiée par Besredka dans le Bulletin de l'Institut Pasteur, 1905 (p. 505).
D'après Tarozzi, l'oxygène agit sur les anaérobies non d'une façon directe mais en entravant l’utilisation des substances alimentaires contenues dans les milieux ordinaires. Mais l'oxygène ne saurait empêcher l’anaérobie d'utiliser les substances contenues dans des morceaux frais récemment excisés de viscères d'animaux. Naturellement, avant l’ensemencement, un séjour de 48 heures à l'étuve à 37° vérifie l'asepsie du milieu et fait rejeter les tubes contaminés. Il est permis de faire bouillir les tubes pendant quelques minutes; mais après 8 minutes d’ébullition, les tubes sont inutilisables. Le passage à l’autoclave avec stérilisation à 105° donne des tubes qui ne se prêtent à la culture des anaérobies que pendant une dizaine de jours. Fait bien particulier, il faut absolument ajouter au milieu de culture des morceaux d'organe. Le sang, le sérum ou le lait ne sauraient les remplacer. Quelle est cette substance si curieuse, qui modifie à ce point la biologie des anaérobies, l’auteur ne le dit pas.
Ne devons-nous pas rapprocher ce phénomène de la nécessité des aliments frais pour les animaux supérieurs, de la pathogénie du scorbut et de la maladie de Barlow?
Le Bulletin de l’Institut Pasteur de 1906 publie l'analyse de deux travaux qui confirment l'efficacité de la méthode de Tarozzi.
Adam Wrzosek (Przegled lekarsky n° 45, 1905, pp. 701-703), a cultivé par ce procédé le bacille du tétanos, le bacille de l’œdème malin, le bacille de la gangrène gazeuse et le bacillus botulinus. Les bacilles, dit-il, poussaient abondamment, même lorsque les üssus frais étaient éloignés du bouillon avant l'ensemencement des microbes, et lorsque le bouillon était fortement aéré. Le même