‹ Recherches sur les monnaies des Comtes de NamurChapitre 23 sur 110 · D6 RECHERCHES SUR LES MONNAIES · texte numérisé non relu

D6 RECHERCHES SUR LES MONNAIES

de payer cinq sous. Les contestations et les débats auxquels l'interprétation des statuts pouvait donner lieu étaient jugés par le prévôt assisté de quatre « des plus suffisans compaignons sermenteis et eslius de par tous les aut’s. »

Enfin, le règlement pouvait être modifié, toutes les fois qu’on le jugerait convenable, par « le commun consial et volenteit » des cent ouvriers et monnayeurs de Namur.

Jean de Namur, pendant la captivité de son père, le comte Gui, fit frapper, en Flandre, diverses monnaies en son nom 1. On a retrouvé de lui trois gros au portail, lun frappé à Termonde :

l'autre à Ninove :

! Voir sur ces monnaies un article que nous avons inséré dans la Revue de la numismatique belge, 2"° série, tome III, p. 460. Les gros d’Alost ont été publiés par M. Gaillard, dans ses Recherches sur les monnaies de Flandre; le gros de Ninove est inédit et appartient à M. le professeur Serrure, de Gand.

Ces pièces ont dû être émises dans les derniers mois de 1302, ou pendant les premiers mois de l’année suivante, [l paraît, toutefois, que le comte Jean, après avoir abandonné le gouvernement de la Flandre, conserva des droits sur les profits de la monnaie d’Alost, droits qui, sans doute, lui avaient été concédés, ainsi que différents autres fiefs en Flandre, pour le récompenser des secours qu'il avait prêtés aux Flamands, dans leur lutte héroïque contre le roi de France.

Un compte que rend au comte de Namur, son receveur, Willaumes Selvain, du jour Saint-Michel 18313 jusqu’au vingtième jour après la Noël suivant !, mentionne , comme recette, les waignages de la monnaie d’Alost, qui montaient, pour le tiers appartenant au comte, à soixante - quatorze livres, treize sols, dix deniers de gros payement, à raison de deux péllewilles pour un gros.

Qu'était-ce que des pillewilles? Du Cange, à qui il convient de recourir d'abord lorsqu'il s'agit du moyen âge, nous répond : Les Pillevilles sont des monnaies mentionnées dans une ordonnance du roi de France de 1813, Les porlevillains sont des monnaies d'argent dont il est question dans des chartes de 1353, 13855, etc.

Disons d’abord que les poilevilains , monnaies du roi Jean , émises en 1353 et dans les années suivantes ?, tirent leur nom du maitre général, Jean Poilevilain , qui les fit fabriquer. On ne doit donc pas les confondre, ainsi que semble le faire Du Cange, avec une monnaie plus ancienne de cinquante ans et qui ne peut avoir rien de commun avec le maitre général du roi Jean.

Si nous ouvrons Roquefort, nous trouvons : pélleville, plaque, pillevuille , monnaie des évêques de Toul (sic), poilevilain, sorte de monnaie d'argent.

Le recueil des ordonnances des rois de France, tome [, page 535 , donne une lettre de Philippe le Bel, adressée au bailli d'Auvergne, et datée de Poissy, le samedi après la Thiphanie (la Noël) 1313. Cette lettre avait pour but de renouveler le décri ou la proscription des monnaies suivantes, à cause de leur « mauvaiseté et fausseté » savoir : les PILLES-VUILLES , les vÉ- NITIENS et les ruouLas. Les vénitiens sont sans doute des pièces de Venise,

! Archives de l'Etat à Bruxelles.

2? Le gros denier blanc à la couronne, ou gros à la queue.

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