ISABELLE ET GAUCHER DE CHATILLON
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Dans l’année même de la mort du duc Thibaut, au mois de mars 1312 (1313, n. st.), Isabelle de Rumigny se remaria avec un des plus illustres, des plus puissants seigneurs de l’époque, le vieux Gaucher de Châtillon, comte de Porcien, connétable de France, ete., etc., déjà deux fois veuf et père de nombreux enfants. Les fils de Thibaut héritérent des États de leur père, mais Isabelle conserva ses biens propres, Florennes, Yves, Rumigny; et, de plus, la jouissance du douaire qui lui avait été assigné et dans lequel était comprise la seigneurie de Neufchâteau, à laquelle était attaché le droit de frapper monnaie.
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. 1] serait inutile de refaire ici l’histoire du célèbre guerrier, histoire qui se lie si intimement à celle des rêgnes de Louis le Huün, de Philippe le Long et de Charles le Bel. Nous ne parlons de Gaucher qu’à l’occasion de la seigneurie de Florennes et du droit qu'il y exerca de battre monnaie.
On voit dans les reliefs de Liége que Gaucher fit hommage pour Florennes «le lundi devant la Purification Notre-Dame, 1317. » |
« Le mercredi après PExaltation de la S'-Croix, 1319, dame Isabiau, » duchesse de Loheraine, femme du conestable de Franche, fait relief, » avec le consentement de son mari, du castiau et de toute la terre de » Florines avec ses appartenanches. »
Nous ignorons la cause de ce double relief, fait à des dates différentes, et comment Isabelle de Rumigny, qui était dame de Florennes depuis près d'un demi-siècle, dut, en 1319, faire de nouveau hommage à l'évêque de Liége. |
Isabelle mourut en 1322. Gaucher lui survécut jusqu'en 1829 : il avait alors quatre-vingts ans.
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Gaucher à frappé monnaie dans son comté de Porcien. Il a également monnayé à Neufchâteau, terre engagée, comme douaire, à sa femme, par | les ducs de Lorraine. Ce dernier monnayage fut, à deux reprises, contesté par le duc Ferry IV, et il intervint, en 1318 et en 1321, deux transactions î qui imposaient à Gaucher l'obligation de fabriquer ses monnaies de Neufchâteau de mêmes poids et aloi que celles du duc et aux mêmes types que | celles de Nancy. L'autorisation de monnayer devait cesser avec l’engagement de la seigneurie, c’est-à-dire à la mort d'Isabelle. Les monnaies de Neufchàteau, aux types belges du cavalier et aux types anglais des esterlins, ont done été frappées avant l'accord de 1318, pendant les cinq premières années du mariage de Gaucher avec Isabelle de Rumigny.
Les pièces les moins rares de Gaucher sont ses esterlins avec MONETA YvE. Quelques numismates français avaient voulu, d'autorité plutôt que par le
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raisonnement, contester l'attribution, que nous avions, le premier, proposée, de ces monnaies à Yves, près de Florennes. M. de Longpérier les donnait à Ivoy, aujourd’hui Carignan, localité qui appartenait alors aux comtes de Chini, et sur laquelle le comte de Porcien n’eut jamais ni droits, ni prétentions. Nous croyons qu'il serait parfaitement inutile de renouveler cette discussion. Elle peut se résumer en quelques mots : Gaucher possédait Yves et avait le droit d'y frapper monnaie; pourquoi chercher ailleurs ?
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Au surplus, on à, depuis lors, retrouvé l’esterlin du même Gaucher pour Florennes , pièce dont nous avions pressenti lexistence ; cette découverte est une preuve de plus et tout à fait surabondante que Gaucher a usé du droit de monnayage dans les localités de la seigneurie de sa femme auxquelles ce droit avait élé concédé.
Gaucher de Châtillon est celui des seigneurs de Florennes dont on a retrouvé le plus grand nombre de monnaies. En voici la nomenclature et la description :
N° 1. Tète de face, couronnée; type anglais des esterlins. Entre un double grènetis : *k GAL'ÆRS COMES POR.
— Grande croix coupant la légende et anglée de douze besants groupés par trois. Entre un double grènetis : MON |©T °F} LOR |IRNS. (PE LE, n° 5.)
(Chez un amateur, à Revel, d’après la Revue française, 1862, pl. XIE, n° 11. Un second exempl. au musée d'Épinal.)