‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 113 sur 214 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

et nunc magnum manet Ardea nomen.

et le grand nom d’ Ardea vit encore aujourd’hui

Et Turno.si prima domus repetatur origo,

Inachus Acrisiusque patres mediœque Mycenœ.

Et Turnus, si l’on remonte à l’origine de sa race, eut pour aïeux Inachus et Acrisius, et pour pairie Mycènes1 2.

Extant hodieque antiquiores urbe picturæ Ardeœ in ædihus. «Il existe encore de nos jours, clans les temples «d’ Ardea, des peintures plus anciennes que la ville3. »

Testor vos, fontes et stagna arcana Numici ;

Cumfelix nimiam dimitteret Ardea pabem , etc.

Je vous prends à témoins , sources et étangs secrets du Numicus, lorsque l’heureuse Ardea faisait sortir cle ses murs une trop nombreuse jeunesse 4 .

Ardea, solstitio, Castranaque rura petantur,

Quique Cleonœo sidéré fervet ager :

Cum Tiburtinas damnet Curiatius auras ,

Inter laudatas ad Styga missus aquas.

Nullofata loco possis excludere : cum mors Venerit, in medio Tibure Sardinia est.

Que, durant le solstice, on choisisse Ardea, les campagnes de la Lucanie, et le climat qui éprouve les violentes chaleurs de la constellation de Cléonée, puisque Curiatius, qui a péri au milieu de ces eaux si vantées, condamne l’air de Tibur. 11 n’y a pas de lieu capable de vous protéger contre le destin : quand la mort viendra, vous trouverez la Sardaigne au milieu de Tibur5.

1 Virgile, Enèid. liv. VII, v. 4 12.

2 Id. ibid. v. 37 1 .

3 Pliue, //ùt. nat. liv. XXXV, cha|). vi.

4 Silius Italicus, liv. I, v. 666.

* Martial, liv. IV, épig. 59.

MONUMENTS CYCLOPEENS.

L’examen des murs de cette ville, située sur la côte des Marais Pontins , a été fait en octobre 1822, par MM. Callet et Lesueur, architectes pensionnaires de l’académie de France à Rome, choisis par le directeur pour aller dessiner sur les lieux ces monuments , afin de répondre aux questions proposées par moi , et recommandées par M. le comte Siméon , alors ministre de l’intérieur. Il est résulté de ces recherches que les murs primitifs d’Ardea, formant des ressauts ou demi-tours carrées, sont bâtis en blocs volcaniques, taillés en parallélipipèdes , avec négligences dans l’alignement des joints; que le contre-fort appliqué sur la face du ressaut représenté par ce modèle est aussi bâti en blocs de la même roche, mais cimentés et bien plus régulièrement appareillés que ceux du mur principal.

On conclut de ces différences que le contre-fort en éperon doit remonter à environ l’an kho avant l’ère vulgaire, époque de la colonie romaine conduite par Agrippa Menenius pour repeupler Ardea, suivant Tite- Live ; mais que le mur d’enceinte bâti à sec ne peut dater que de la fondation première. Or, Virgile ayant conservé la tradition du fait de la fondation de cette ville par Danaé , fille d’Acrisius et mère de Persée , cette descendance, au quatrième degré, de Danaüs (venu d’Égypte pour revendiquer son droit au trône d’ Argos ) , explique bien la conformité qu’ont les murs d’Ardea avec le système rectiligne de la construction de tous les monuments d’Égypte. C’est ce que confirme la Porte aux Lions de Mycènes, bâtie par Persée, fils de Danaé, suivant le même système , mais imparfaitement rectiligne.

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