‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 122 sur 214 · MONUMENT SOUTERRAIN DE SUNA · texte numérisé non relu

MONUMENT SOUTERRAIN DE SUNA

Exécuté, comme le précédent modèle, d’après les dessins de M. Dodwell; dessiné aussi par M. Simelli, etc.

C’est l’unique Patéal qui soit connu dans toute l’Europe pélasgique, sous les divers points de vue de son architecture circulaire, de sa construction cyclopéenne en blocs perpendiculairement disposés, de sa couverture composée de deux pierres plates et mobiles, percées, au point central de leur réunion, d’une ouverture que recouvre une autre pierre mobile. Le monument (dont cette partie est séparée et détachée du modèle précédent) est situé dans l’espace intermédiaire aux deux premiers des trois murs de l’acropole pélasgique de Suna.

Serait-ce là cette cella dei, «la demeure secrète du «dieu,» dont parie Varron; unde fata petuntur 2 , « où « l’on attendait les réponses de l’oracle , » comme le dit le

1 Denys d’Halic. Antuj. rom. liv. I, pag. 10.

5 Lang. lat. liv. V.

204 MONUMENTS CYCLOPEENS.

Pseudo-Asconius1? Serait-ce tout ensemble le Wdw dp - X.aî’os, «le temple extrêmement ancien du dieu Mars, » cité par Denys d’Halicarnasse 2?

Telles sont les questions que fait naître la pierre de laquelle seraient sorties les réponses du devin qui proférait les oracles de Mars à Suna, Ces questions nous semblent devoir être résolues d’autant plus affirmativement, que, d’après le témoignage de Varron, la Sabine est le pays de l’Italie le plus fécond en antiques souvenirs religieux; sur son sol parurent les plus anciens temples et les premiers oracles. C’est aussi dans le langage des Sabins primitifs que ce savant antiquaire trouva les origines de la langue latine, et particulièrement ce qui concerne le culte des dieux. Pline et Tacite appuient, en cela, les assertions de Varron. Le premier dit -.Sabini a religione et deorum cultu Sevini appellati. « A cause de « leur caractère religieux et du culte qu’ils rendaient aux « dieux, les Sabins ont été appelés Sevini3. » Quelles que soient l’étymologie et la signification du mot Sevini, le reste de la pensée n’en est pas moins clair et moins favorable à notre opinion. Tacite, parlant de Tibère, dit qu’il institua de nouvelles associations et de nouvelles cérémonies religieuses, à l’instar de Titus Tatius, qui avait fondé l’ordre des confrères Tatiens pour perpétuer les sacrifices des Sabins : Ut c/uondam T. Tatius, retinendis Sabinormn sacris, sodales Tatios instituerai 4 .

1 Comment, sur les Verrines , action II, liv. I, chap. xx.

2 Antiq. rom. liv. I, pag. n.

3 Pline, Hisl. nat.Yw. III, chap. xvn.

4 Tacite, Annales, liv. I , chap. liv.

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