‹ Recherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief, composant la galerie pélasgique de la Bibliothèque MazarineChapitre 13 sur 214 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

oracle pouvait-il avoir tiré son nom ? Ne serait-ce pas île Dodonium, un des petits-fils de Japhet par Javan; ou bien de Dédanès, un des petits-fils de Chain par Chus; ou de Dédanès, petit-fils d’ Abraham et de Cétliura? C’est l’opinion du savant Michaëlis, que les enfants de Dodenim vinrent du pays de Chanaan s’établir sur les montagnes et au milieu des forêts de l’Epire , et y fondèrent l’hiéron de Dodone. Cette colombe, qui rendait les oracles à Dodone, ne serait-elle pas un souvenir de la colombe de bon augure qui, étant sortie de l’arche, y revint portant un rameau vert en son bec? Les chênes sacrés de Dodone ne seraient-ils pas aussi un souvenir de ce chêne sous lequel les trois anges, selon la version des Septante, IIpos rfj Spv’i t f} Mapêprl h apparurent à Abraham et lui prédirent l’avenir, lorsqu’il était à Mambré , sur la porte de sa demeure? souvenir qui, de Chanaan passant en Grèce, se serait perpétué, quoique sans signification, jusque chez les druides des Gaules. C’est ce que pensait du moins le savant Gurtlerus.

Au reste, notre raisonnement, fondé sur la ressemblance des noms, si frappante d’ elle-même, se trouve confirmé par ce passage de Vairon : Europœ loca multœ incolunt nationes, ea fere nominata au.t translatitio nomine aut al hominibus. « Les contrées de l’Europe sont habitées «par un grand nombre de nations, et ces contrées ont « été appelées d’un nom qui leur est venu d’un autre « lieu, ou du nom des hommes qui les fondaient 2. »

Les anciens géographes disent expressément que les

' Bible, Genèse, chap. xvm, note du v. i.

, Lnny. lut. liv. IV.

8 MONUMENTS GYCLOPÉENS.

Ioniens, les Cariens, les Éoliens, les Thessaliens, les Macédoniens, les Thraces, les Épirotes, ainsi que les habitants du mont Athos , du mont Olympe , du Parnasse , etc. furent des colonies pélasgiques qui , comme tout semble l’attester, venaient des côtes orientales de la Méditerranée.

Tels nous paraissent être l’origine la mieux fondée et les progrès de la civilisation pélasgique dans l’Asie Mineure et dans la Grèce. Or, cette civilisation passa successivement en Italie , d’abord par les colonies d’OEnotrus et de Nyctimus, qui y portèrent les arts pélasgiques et y élevèrent les premiers monuments de construction cyclopéenne vers le xvme siècle avant l’ère vulgaire; ensuite par celle de Nanas, fds de Teutamidès, qui vint s’établir dans l’Italie centrale, où il jeta les fondements d’un grand nombre de villes; et de Dardanus, fils de Gorytus et d’Electra, qui bâtit Cora dont les murs se voient encore non loin de ceux d’Ardea. Enfin une autre colonie, conduite par Zacynthus, alla fonder Zacyntbe dans file de ce nom, et Sagonte en Espagne.

Le fait du passage de la civilisation pélasgique en Asie Mineure est littéralement établi et détaillé dans Denys d’Halicarnasse , Pausanias, Virgile, etc. dont l’autorité lui donne toute la certitude historique désirable; quant aux époques approximatives de l’établissement des colonies dont nous venons de parler, ainsi que des généalogies de leurs conducteurs , nous les avons fixées , dans notre Tableau comparatif des généalogies royales et des synchronismes, d’après des témoignages irrécusables et

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