PREMIÈRE PARTIE
les divers faits dont se compose l’histoire des temps héroïques de la Grèce.
La mythologie grecque, qui, suivant l’expression ingénieuse de Bailly, n’est cpie l’écorce d’un fruit dont l’histoire est le noyau, ne suffirait-elle pas seule pour constater que la culture du blé et la fondation des villes murées furent les bases simultanées de la civilisation européenne ? N’est-ce pas à raison de ces antiques souvenirs que les premiers Grecs caractérisaient Gérés par l’épithète de @e&fj.o(p6pos , Thesmophore , c’est-à-dire Législatrice. De son côté, ce surnom ne nous fournit-il pas la preuve la plus claire, la plus facile à saisir, que l’établissement des lois remonte au temps meme de la culture du blé, et de la formation des peuplades jadis errantes en sociétés particulières, lesquelles eurent des demeures fixes, permanentes, et ne tardèrent pas à se protéger par des murs.
En effet, la vie nomade et les habitudes qui l’accompagnaient ont toujours dû s’opposer non-seulement au développement des lois, mais encore à la culture des terres. Une fois que les peuplades eurent découvert et apprécié les nombreux avantages que pouvaient leur procurer les céréales, elles durent se fixer, défricher le sol, le labourer, l’ensemencer et attendre le temps des récoltes. Or, tous ces travaux n’ont pu s’exécuter sans quelques années de séjour, qui tendaient à faire prendre aux habitants les habitudes de la vie sédentaire. Comme, après une première récolte, on ne peut pas supposer que les peuplades aient abandonné les terres défrichées et se soient exposées à perdre ainsi le fruit de
leurs premiers travaux, il est évident que le champ qui les avait nourries une première fois dut les retenir par l’espérance d’y recueillir à l’avenir de nouveaux fruits, et les décider à y élever leurs habitations.
De là naquirent donc, au milieu de ces peuplades jadis nomades, les principes du droit privé et du droit commun -, ceux de la propriété individuelle et de la propriété publique; le partage des terres qui ne pouvaient plus appartenir à des possesseurs passagers; l’établissement de demeures stables; de là, enfin, la construction des enceintes murées qui garantissaient les sociétés établies.
Ces pensées, fruit de nombreuses recherches que nous venons de développer sur la fixation des premières peuplades pélasgiques , se trouvent résumées par le burin de feu Thomas Piroli, artiste romain, dans la gravure qui fait le frontispice de cet ouvrage. Il y avait plus de trente ans que le célèbre statuaire Chaudet nous en avait composé le dessin , lorsque nous nous sommes décidé à en faire usage.
Cette gravure représente les deux nuances principales et très-distinctes des constructions que nous avons observées pendant notre séjour en Italie; constructions que nous avons signalées comme historiquement pélasgiques , dans les restes des villes (aujourd’hui bien reconnues) fondées par le grand peuple dont nous croyons avoir les premiers ressuscité , après un oubli de tant de siècles , les œuvres monumentales.
La plus ancienne construction, celle qu’on voit au bas du frontispice, est celle que les poètes grecs ont